GROUPES INTERMÉDIAIRES
Autres divisions naturelles du Règne animal.
Je ne me suis occupé jusqu’ici que des divisions introduites dans les systèmes modernes par presque tous les Naturalistes. J’ai essayé de faire voir que ces groupes sont fondés dans la nature et ne doivent pas être considérés comme des procédés artificiels, inventés pour faciliter l’étude. Après un examen consciencieux et approfondi de la question, je trouve que ces divisions comprennent toutes les catégories d’alliance qui existent entre les animaux, au point de vue de la structure.
Les embranchements sont caractérisés par le plan de la structure.
Les classes, par le mode d’exécution du plan, en ce qui concerne les voies et moyens.
Les ordres, par le degré de complication de la structure.
Les familles , par la forme telle qu’elle est déterminée par la structure.
Les genres , par les détails de l’exécution des parties.
Les espèces, par les rapports des individus soit entre eux, soit avec le monde ambiant, aussi bien que par les proportions des parties, l’ornementalion, etc.
Cependant il y a lieu, dans le système naturel de la Zoologie, de reconnaître d’autres divisions. Seulement ces dernières ne se retrouvent pas toujours aussi uniformément que les autres dans toutes les classes. Elles ne font, en réalité, que limiter les divers autres groupes.
Une classe dans laquelle un système d’organes présente un développement particulier chez un certain nombre d’êtres, tandis que tous les autres systèmes organiques sont identiques, peut être divisée en sous-classes. C’est le cas des Marsupiaux quand on les compare aux Mammifères placentaires. Les caractères sur lesquels cette subdivision est basée sont de même nature que ceux sur lesquels est fondée la classe
AtiASSIZ, IR
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elle-même, mais ils ne s’étendent pas à son ensemble tout entier. Un ordre peut embrasser des groupes naturels de valeur plus haute que les familles, fondés sur des caractères qui sont bien ceux de l’ordre, mais qui ne déterminent ni une supériorité ni une infériorité absolues. Parlant ces groupes ne peuvent pas, par eux-mêmes, constituer des ordres distincts. Leurs caractères sont bien de nature ordinale, mais ils sont, pour ainsi dire, mélangés et indiquent la supériorité à certain égard et l’infériorité par rapport à quelques autres traits. Ce sont des sous-ordres. L’ordre des Tesludinés en fournit un exemple et contient deux sous-ordres naturels (I). Une famille naturelle peut présenter dans sa forme caractéristique des modifications telles qu’on puisse établir d’après elles des subdivisions tranchées ; c’est ce que certains auteurs appelleront sous-familles, et d’autres, tribus ou légions. Dans un genre naturel, un certain nombre d’espèces auront entre elles, sous le rapport des particularités qui constituent le genre, une conformité plus grande que d’autres espèces, et l’on distinguera un sous-genre. Les individus d’une espèce, qui occupent un champ spécial sur l’aire propre à celte espèce, pourront différer quelque peu les uns des autres et constituer des variétés, etc.
Ces distinctions ont depuis longtemps été introduites dans les systèmes ; tout naturaliste praticien ayant fait l’élude spéciale d’une classe quelconque du Règne animal, a nécessairement été frappé de leur convenance. Ce grand nombre de subdivisions sert à bien exprimer tous les degrés divers d’affinité existant entre les différents membres d’un groupe naturel supérieur. Mais je puis bien maintenir que les embranchements, les classes, les ordres, les familles, les genres, les espèces sont des groupes établis dans la nature, chacun d’après des catégories différentes; je puis bien me déclarer px'èt à tracer les limites naturelles do ces groupes d’après les traits caractéristiques sur lesquels ils sont fondés; il ne m’en faut pas moins avouer que je n’ai pas été capable de
(i) Yoy. Contributions , etc., vol. I, p. SftS.