‹ De l'espèce et de la classification en zoologieChapitre 43 sur 93 · GROUPÉS INTERMÉDIAIRES · texte numérisé non relu

GROUPÉS INTERMÉDIAIRES

découvrir un principe de délimitation pour les groupes mineurs (1). Tout ce que je puis dire, c’est que les catégories précédemment envisagées et qui servent de base aux embranchements, classes, ordres, familles, genres, espèces, ont leurs degrés; de ces degrés résultent les sous-classes, les sous-ordres, les sous-familles et les sous-genres. Pour le présent, il faut abandonner à l’arbitraire la fixation de ces subdivisions, et jl faut s’en arranger aussi bien que possible tant que leur principe régulateur n’aura pas été déterminé. J’espère néanmoins que ces estimations arbitraires disparaîtront à tout jamais de la science, pour ce qui concerne les catégories elles-naêrpes.

Jusqu’ici, l’inégalité dans la valeur intrinsèque de chaque sorte de groupe semble la règle ; et celle inégalité s’étend â tous les groupes, car, même dans les embranchements, il y a des classes entre lesquelles le rapprochement est plus étroit qu’entre certaines autres. Les Polypes et les Acaléphes, par exemple, sont bien plus voisins les uns des autres qu’ils ne le sont des Echinodermes; il y a moins de distance entre les Crustacés et les Insectes qu’entre eux et les Vers, etc. Sur ce degré d’alliance entre des classes, dans leur embranchement respectif, on a fondé des sous-embranchements et parfois on a exagéré ces différences au point de créer des embranchements distincts. Des rapprochements de même sorte entre les embranchements ont fait distinguer encore des sous-règnes. Je ne puis croire que des combinaisons aussi subtiles puissent être considérées comme naturelles. Elles me paraissent exprimer un rapport dû à l’importance de l’organisation dans son ensemble, comparée dans des groupes différents, plutôt qu’une affinité définie.

(I) Le professeur ). D. Dana a «'mis à ecl égard quelques idéps utiles dans son examen de mes Contributions , etc. Voy. Amer. Je, uni. sc. and arts, 1858, vol. XXV, p. 383. — Voy. aussi 1>. Veinland, On Sériés in llie Animal Kingdom {Proc. Bril. Nat. Hist. Soc., t. VI, p. U'4).

RE LA CLASSIFICATION

Développement successif des caractères.

On a maintes fois répété que les caractères qui distinguent les différents types du règne animal se développent successivement, chez l’embryon, dans l’ordre de leur importance : d’abord les grands traits delà structure de l'embranchement, puis les caractères de la classe, puis ceux de l’ordre, ensuite ceux de la famille, ceux du genre, et finalement ceux de l’espèce. Cette assertion n’a point soulevé d’opposition directe. Au contraire, il semble qu’on l’ait approuvée presque sans discussion et qu’elle soit généralement tenue pour incontestable. L’importance du sujet exige cependant qu’on y regarde de plus près. Si, en effet, l’Embryologie est pour la Zoologie la source de grands perfectionnements, il est, d’un autre côté, nécessaire de bien déterminer de quelle nature sont les éclaircissements que celle-ci doit en attendre. Je demanderai donc si les Zoologistes modernes savent, avec une précision suffisante, quels sont positivement les caractères de l’embranchement, de la classe, de l’ordre, etc., et s’ils sont autorisés à soutenir que, dans les progrès du développement de l’embryon, les traits qui s’accusent peu à peu correspondent à ces caractères et se prononcent dans l’ordre de leur subordination? J’en doute. Je dirai plus : Je suis certain que cette notion précise leur manque ; car s’ils la possédaient, ils se seraient aperçus déjà que cette prétendue coïncidence, entre la subordination des groupes zoologiques naturels et la succession des phases de l'évolution embryonnaire, n’existe pas dans la nature. 11 y a, cela est vrai, dans le développement de l’embryon, certains traits qui peuvent faire naître l’idée d’un progrès marchant de l’organisation typique la plus générale à la spécialisation la plus extrême; mais il ne procède pas suivant cet ordre de succession stéréotypé, ni même, en général, de la façon qu’on suppose.

Page 1