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EXAMEN GÉNÉRAL DF.S PRINCIPAUX SYS1È.MES

men bien approfondi), Cœlentérés, Echinodermes, Vers, Arthropodes, Mollusques, Vertébrés. La classification admise, quelques années auparavant, par Sieboklt, dans son Traité d’anatomie comparée, est presque la même, à cela près que les Mollusques suivent les Vers, que les Cœlentérés et les Echinodermes sont réunis en un seul groupe et que les Bryozoaires restent avec les Polypes.

11 y a là un progrès réel sur la classification de Cuvier, en ce sens que les Vers sont séparés des Hayonnés et rapprochés des Arthropodes. Mais ce qu’il y a d’utile dans ce perfectionnement avait déjà été réalisé par quelques naturalistes. De Blainville, en effet, et d’autres zoologistes avaient depuis longtemps senti l’inconvénient de laisser les Vers dans le groupe des Rayonnés, et avaient été amenés à les associer plus ou moins étroitement aux Articulés. Quant à la réunion des Bryozoaires et des Roliféres avec les Vers, proposée par Leuckart, c’est, à mon avis, une grande erreur ; de même que la séparation des Cœlentérés et des Echinodermes serait, à mes yeux, une exagération de la différence qui existe entre les Acalèphes et les Polypes, d’un côté, et les Echinodermes de l’autre (1).

(1) L’empressement avec lequel les naturalistes allemands ont acquiescé à la classification de Leuckart, qui réunit en une seule classe les Polypes et les Acalèphes, provient sans doute de ce que ces naturalistes n'ont guère pu étudier les Polypes que sur les Actinies. S’ils avaient pu étendre leurs observations aux Aslréens, aux Madrépores et aux nombreux types d’tlalcyonoïdcs qui caractérisent les formes tropicales, ils n'auraient pas manqué de reconnaître que les Polypes constituent à eux soûls une classe distincte, un modo spécial d’exécution du plan sur lequel les Rayonnés seuls ont été construits. Les recherches des Allemands ont fourni la preuve positive de ce que plusieurs naturalistes français soutenaient depuis longtemps, à savoir que certaines familles des Rayonnés longtemps rangées parmi les Polypes, les llydroïdes entre autres, ne pouvaient pas être séparées des Acalèphes. Mais cette démonstration les a ensuite entraînés à l’erreur en leur faisant exagérer les affinités des Polypes et des Acalèphes. 11 y a entre ces deux sortes d’animaux une différence de la catégorie de la Classe. Les Polypes ont des cloisons rayonnées qui, de la face interne de la paroi extérieure du corps sont projetées dans la cavité principale; ils possèdent une cavité digestive produite par l’invagination de la partie supérieure de cette paroi dans la partie supérieure de la cavité principale. Chez les Acalèphes, il n’y a pas de cloisons rayonnées, la cavité digestive est creusée dans la masse du corps ; le prolongement central du corps s’élève au-dessus de cette cavité en forme d’appendices buccaux qui ne sont jamais creux comme le sont les

Les groupes fondamentaux institués par Vogt (1) sont les suivants : Protozoaires, Rayonnés, Vers, Mollusques, Céphalopodes, Articulés et Vertébrés. Cet arrangement est basé exclusivement sur les rapports de l’embryon avec le jaune ou sur l’absence d’œufs. Mais comme je l’ai déjà déclaré, c’est là un principe antiphysiologique ; car il suppose entre le jaune et l’embryon une opposition qui n’existe pas réellement dans les limites où elle est admise. Les Mammifères, par exemple, qui sont placés comme tous les Vertébrés dans la catégorie des animaux chez lesquels il existe une opposition entre le jaune et l’embryon, sont aussi bien formés de tout le jaune que les Échinodermes ou les Mollusques. Le jaune subit une segmentation complète chez les Mammifères, aussi bien que chez les Rayonnés, les Vers et beaucoup de Mollusques ; leur embryon, quand il paraît, ne se détache pas plus du jaune que la petite étoile de mer ne se détache du vitellus. Ce simple fait, connu depuis que Sars et Bischoff ont publié leurs premières observations, il y a trente ans, suffit à lui seul pour montrer que tout le principe de la classification de Vogt est radicalement faux.

A l’égard de l’assertion que ni les Infusoires ni les Rhizopodes ne donnent des œufs, j’y reviendrai tout à l’heure. Quant à l’ordre des groupes principaux : Vertébrés, Articulés Céphalopodes, Mollusques, Vers, Rayonnés et Protozoaires, tout zoologiste qui connaît bien les affinités naturelles des Animaux voit de suite l’incorrection d’un système qui interpose toute la série des Mollusques entre le type des Articulés

tentacules des Polypes. Les tentacules buccaux du Cerianthus qui sont creux ne sont pas homologues aux appendices buccaux des Acalèphes -, ils constituent simplement une rangée intérieure de tentacules de la même espèce que ceux projetés sur le bord supérieur de la cavité principale.' Ainsi les tentacules marginaux des Acalèphes sont homologues à ceux des Polypes, tandis que leurs tentacules buccaux sont caractéristiques de leur classe. le puis ajouter que les cloisons rayonnées des Rugosa, rapportés par moi aux Acalèphes ainsi que les Tabulés, ne sont pas homologues aux cloisons rayonnées des Actinoïdes et des Italcyonoïdes. mais correspondent aux bourrelets île la tige de certains Ilalcyonoïdes et sont, comme eux, une sécrétion du pied.

(1) Cari Vogt, Zoologische Briefe. Nalurgeschichle der lebendcn und untergegangenen Thiere. Francfort-sur-Mein, 1851, vol. I, p. 70.

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