GRANDES DIVISIONS NATURELLES
méduses el des polypes (1). Peut-être a-t-il été influencé aussi par ce fait que certains acalèphes vrais comme les hydroïdes, y compris les tubulaires, les sertulaires, les campanulaires, etc., sont encore maintenus par beaucoup de zoologistes dans la classe des polypes.
Mais, depuis que les admirables recherches de J. Muller et celles d’Alex. Agassiz nous ont rendu familières les métamorphoses exlraordinaires des échinodermes ; depuis que les cténophores et les siphonophores ont été étudiés avec plus de soin par Grube, Leuckart, Kôlliker, Vogt, Gegenbaur et moi-même, la distance qui semblait séparer les échinodermes des acalèphes disparaît complètement. Car il n’y a pas d'exagération à dire que, si l’apparence pluléiforme des échinodermes n’était pas connue pour être un premier degré de transformation, les animaux qui la présentent trouveraient naturellement leur place parmi les cténophores; comme les larves des Insectes trouveraient la leur parmi les vers. Je maintiens donc que les polypes, les acalèphes et les échinodermes constituent dans le Règne animal un groupe primaire indivisible. Le caractère polypoïde des jeunes méduses et le caractère médusoïde des jeunes échinodermes en sont la preuve évidente.
Enlin, rien n’est plus contre nature que de transporter les cténophores dans le type des Mollusques, comme le voudrait Vogt; car ils offrent l’homologie la plus étroite avec les autres méduses, ainsi que je l’ai fait voir dans mon Mémoire sur les Méduses Béroïdes du Massachussets. Le caractère cténophoroïde des jeunes échinodermes établit, entre les cténophores et les autres Rayonnés, une seconde connexion d’aussi grande importance que la première. Nous avons donc un lien anatomique pour les rattacher aux vraies méduses et un lien embryologique pour les rattacher aux échinodermes.
(1) On voit ici clairement comment la considération des différences anatomiques qui donnent le caractère de la classe a fait passer par-dessus le trait primordial do l’embranchement, le plan, afin d’élever la clatse au rang d’embranchement.
DK LA CLASSIFICATION.
Par conséquent, la classification des Rayonnés peut s’établir ainsi :
1" classe : Polypes. Elle comprend deux ordres : les Actinoïdes et les Halcyonoïdes, comme Dana les a limités (1).
2'' classe : Acalèphes avec les ordres suivants : Ilydroïdes (les Siphonophores inclus), Discopliores et Cténophores.
3 e classe : Echinodermes, et, comme ordres : les Crinoïdes, les Ophiuroïdes, les Astérioïdes, les Écbinoïdes et les Holothurioïdcs.
Les limites naturelles de l’embranchement des Mollusques se déterminent aisément. Depuis que les Cirripèdes ont été réunis aux Articulés, les naturalistes se sont généralement accordés à regarder, avec Cuvier, les Céphalopodes, les Pléropodcs, les Gastéropodes et les Acéphales, comme formant l’ensemble de cet embranchement. Les dissentiments qui se sont produits entre les observateurs modernes résultent des idées qu’ils se sont faites à l’cgard des Bryozoaires. Quelques-uns les considèrent encore comme des Polypes, tandis que d’autres voudraient les réunir aux Vers. Cependant leur affinité avec les Mollusques me semble bien clairement démontrée par les recherches de Milnc Edwards. Vogt est le seul qui regarde les Céphalopodes comme « construits sur un plan particulier (2) » ; mais il ne fait pas connaître ces soi-disant particularités; il se borne à mentionner les différences anatomiques bien connues qui distinguent ce groupe des autres classes de l’embranchement des Mollusques. Or, ces différences constituent seulement des caractères de classe et ne manifestent en aucune façon un plan distinct. 11 n’esi pas difficile de montrer l’homologie de tous les systèmes d’organes des Céphalopodes avec ceux des autres Mollusques (3), et de ce témoignage résulte la preuve que
(1) Dans un charmant petit livre consacré à l’étude des animaux de la baie
de Massachussets ( Scasides Sludies in Xa titrai llistory. Boston, 1865, in-8), par Madame L. Agassiz et M. Alex. Agassiz.la classe des Polypes est divisée en trois ordres : Actinoïdes, Madréporiens, Halcyonoïdes. (iV. du T.)
(2) C. Vogt, Zoologisdie llricfe (ci'ées plus haut), vol. 1, p. 361.
(3) Leuckart, Ucber die Mor/hologie, etc., cité p. 2â, n, 2. — Huxley, On