GRANDES DIVISIONS NATURELLES
tacés et les Insectes, et, à l’égard de leurs limites, j’ai eu déjà l’occasion de m’en expliquer précédemment (1) autant qu’il est nécessaire.
La classification de l’embranchement des Articulés est donc celle-ci :
l ,e Classe : Vers; trois ordres : Trématodes (y compris les Cestoïdes, les Planaires et les Sangsues), Nématoïdes (les Acanthocéphales et les Gordiacés inclus) et Annélides.
2° Classe : Crustacés; quatre ordres: Rutifères, Entomostracés (Cirripèdes compris), Tétradécapodes et Décapodes.
3 e Classe : Insectes; trois ordres: Myriapodes, Arachnides et Insectes propres.
Les naturalistes sont d’accord sur les limites naturelles des Vertébrés comme embranchement du Règne animal. Toutefois le caractère de ces animaux consiste moins dans la structure de leur épine ou dans la présence d’une corde dorsale, que dans le plan général de leur structure qui présente une cavité au-dessus d’un axe solide et une au-dessous. Ces deux cavités sont circonscrites par des arcs complexes appuyés sur l’axe, et dans la composition desquels entrent différents systèmes d’organes : le squelette, les muscles, les vaisseaux, les nerfs. Elles renferment : la supérieure les centres nerveux, et l’inférieure les divers appareils d'organes par lesquels s’effectuent l’assimilation et la reproduction.
Le nombre et les limites des classes de cet embranchement n’ont pas été encore déterminés d’une manière satisfaisante. Tout au moins, les naturalistes ne sont pas d’accord là-dessus. Pour ma part, je crois que les Marsupiaux ne peuvent pas être séparés des Mammifères placentaires, à titre de classe distincte ; car sans franchir les limites d’un autre type de Vertébrés, les Sélaciens, qu’on ne peut pas scinder en deux classes, on observe, dans le mode de développement, des différences analogues à celles qui existent entre eux et les autres Mammifères. Mais je crois en même temps, avec d’autres zoologistes, que les Batraciens doivent être séparés,
(t) Cf. chap. I, sect. xix.
UE LA CLASSIFICATION
des vrais Reptiles, car les caractères qui les distinguent les uns des autres sont de la nature de ceux sur lesquels sont fondées les classes. Je suis non moins convaincu que les différences existant entre les Sélaciens (Raies, Requins et Chimères) et les Poissons sont de la même nature que celles qui distinguent les Amphibiens des Reptiles proprement dits. Elles autorisent par conséquent à les isoler des Poissons véritables. J’envisage aussi les Cyclostomes comme une classe à part, pour des raisons analogues; je suis moins certain que les Ganoïdes doivent être séparés des Poissons ordinaires. Cela ne pourra être décidé qu’après une étude approfondie de leur embryogénie ; cependant j’ai déjà réuni des données favorables à cette manière de voir. Si donc mes prévisions à cet égard se réalisent, l’embranchement des Vertébrés comptera les classes suivantes :
1” Classe : Myzontes; deux ordres : les Myxinoïdes elles Cyclostomes.
2° Classe : Poissons proprement dits ; deux ordres : C'.énoïdes et Cycloïdes (1 ).
3 e Classe : Ganoïdes ; trois ordres : Cœlacanthes, Accipenseroïdes et Sauroïdes ; douteux : Siluroïdes, Plectognates et Lophobranches (2).
k° Classe : Sélaciens ; trois ordres : Chimères, Galéodes Batides.
5 e Classe: Amphibiens ; trois ordres : Cécilies, Ichthyodes et Anoures.
6 e Classe : Reptiles ; quatre ordres : Serpents, Sauriens, Rhizodontes et Testudinés.
(!) Je suis convaincu que celle subdivision des poissons proprement dits doit être modifiée, mais une discussion des motifs qu'il y a d’y introduire les changements que je propose m'entraînerait trop loin.
(2) J’ai observé un mode particulier et très-curieux de locomotion chez tous les Lophobranches, les Sclérodermes et les Gymmodontes que j’ai vus vivants. Ils ne progressent pas par des mouvements latéraux de la colonne vertébrale, comme les autres poissons ; ils avancent principalement grâce à un mouvement ondulatoire de leurs nageoires verticales, qui ressemble beaucoup au mode d’action des membranes vibratiles. Ils rappellent en cela le petit Lepidosteus, et c’est là, à mes yeux, un argument de plus pour les associer aux Ganoïdes. Cl. aussi les remarques sur les limites des Ganoïdes, p. 254.