‹ De l'espèce et de la classification en zoologieChapitre 58 sur 93 · PREMIÈRES TENTATIVES. — ARISTOTE · texte numérisé non relu

PREMIÈRES TENTATIVES. — ARISTOTE

T Classe : Oiseaux, quatre ordres: Nageurs, Gallinacés, Echassiers, Percheurs (y compris les Grimpeurs et les Rapaces).

8' Classe : Mammifères ; trois ordres : Marsupiaux, Herbivores et Carnivores (1).

Je profiterai de la première occasion pour rechercher plus complètement jusqu’à quel point ces groupes de Vertébrés présentent des caractères qui permettent de les distinguer comme classes. C’est plutôt comme de pures suggestions destinées à faire naître de nouvelles recherches que comme des résultats parfaitement élaborés, que j’expose ici mes impressions actuelles.

Premiers essais de classification des animaux.

Un si petit nombre de naturalistes ont consacré une attention spéciale à la classification du Règne animal en général, que je crois nécessaire d’indiquer ici les différents principes dont se sont inspirés, à différentes époques, les zoologistes qui ont essayé de grouper les animaux d’après les affinités naturelles. La chose paraîtra d’autant moins oiseuse, je l’espère, que peu de bibliothèques (2) contiennent les ouvrages principaux de notre science et que les étudiants zélés se trouvent ainsi empêchés de porter leurs études sur ce qui a été fait jusqu’ici.

La science a commencé par introduire certains termes dans le langage pour désigner des groupes naturels de différente valeur, avec ce même vague qui prévaut encore dans le langage ordinaire, lorsqu’on y emploie les mots de

(1) Le remarquable mémoire d'Owen sur la classification des Mammifères fournit des données nouvelles et d'une extrême importance pour la discussion des véritables affinités des Mammifères entre eux. Voy. R. Owen, On the Characters, Principlesof Division, and Primary Groups of theclass Mammalia; Proc. Lin n. Soc., 1857.

(2) L’auteur parle des États-Unis. (IV. du T.)

PE la classification.

classe, ordre, genre, famille ou espèce. Tantôt on les prend pour synonymes, et tantôt on les substitue les uns aux autres, au hasard. Linné fut le premier à réclamer de la précision dans l’emploi, en histoire naturelle, des quatre sortes de groupes qu’il a appelés classes, ordres, genres et espèces.

Aristote et les philosophes anciens ne distinguaient généralement parmi les animaux que deux sortes de groupes, ytvot et tî3oc, le genre et l’espèce. Mais le terme yt’ V9Ç , genus , genre, a la signification la moins constante. Il sert à désigner indistinctement toutgroupe d’espèces, quelle qu’en soit l’étendue, et même ce que nous appelons aujourd’hui du nom de classe, aussi bien que d’autres groupes inférieurs. Il est pris dans le sens de classe , dans la phrase suivante : Xi'yw Si yt'voï, oîov SpviSa, xat (Arist. Hist. Anim. Lib. I, Cap. I). *T<îoç est au contraire généralement usité dans le sens d’espèce, ainsi qu’on le voit dans cette proposition : *«1 ?<rnv tïtiro ttXh'ù» !^3ûm» xoi opv!3uv, mais le même mot ne laisse pas de recevoir à l’occasion un sens plus étendu. Le sixième chapitre de ce livre I" est le plus important de tout le traité d’Aristote à cet égard, car il montre comment le terme y«voç était appliqué à plusieurs sortes de groupes. Ici, le philosophe distingue entre yivn ftryiçxa, ycvy pcyiXx et ycvo; tout COUrt. Tevy; Si fttyiçTO xôiv Çwoov, tiç aStatptÏTOu xocXXa Çùa, r éS’ euTiv ' îv fxiv SpviOtdy, evS’ cjrQuwv, aXXo Si xrirouç. Â XXo Si ytvoç ïc:\ T b r«5» èçrpaxoSipftuv,... Ttov Si Xoittwv Çwwy oùx c-rct xà yivr, pcyxkx' où yàp mptéytt itoXkà aSrj în tiSot rx Slyli pi-J , àXX ’ àvtûvujxa.

Plus loin, il insiste de nouveau * toü Si yivovç tuv rtrpxiroSav Çwwv xal Çwwrbxuv üSr, jxh c iat woXXà, àvwvupia Si. Ici cSSoç a évidemment un sens plus large que notre terme espèce, et le soigneux Scaliger le traduit par gênas medium pour le distinguer de ytvoî qu’il rend par genus summum. Toutefois, tWoç signifie généralement espèce dans l’acception que nous lui donnerions, et déjà Aristote considère la fécondité comme un caractère spécifique. Il dit en effet quel’Hémione est ainsi appelé à cause de sa ressemblance avec l’Ane, et non pas parce qu’il est de la même espèce que ce dernier animal ; cependant, ajoute-t-il, ils s’unissent et propagent ensemble :

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