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LES GRANDS TYPES SONT CONTEMPORAINS

l’origine, la gradation et les affinités des animaux, mais ils savent tous aujourd’hui que ni les Rayonnés, ni lesMollusques, ni les Articulés, n’ont eu, quant à la date de leur première apparition, de priorité les uns sur les autres. Quelques auteurs soutiennent bien encore que l’origine des Vertébrés est de beaucoup postérieure, mais il est universellement admis que des animaux de ce type existaient déjà vers la fin de la première grande époque de l’histoire de notre globe. Je crois qu’il ne serait pas difficile de démontrer, par des considérations physiologiques, que la présence des Vertébrés sur la terre date d’une époque aussi reculée que celle de n’importe quel des trois autres grands types du règne. Les Poissons, en effet, existent partout où les Rayonnés, les Mollusques et les Articulés ont été trouvés réunis, et les plans de structure de ces quatre grands types constituent un système intimement lié dans ce qu’il a d’essentiel. De plus, dans ces vingt dernières années, il n’est pas une étude approfondie des roches fossilifères les plus anciennes qui n’ait fait reporter plus en arrière l'origine des Vertébrés. Quelle que doive être, par conséquent, la solution définitive de cette question, il est tout au moins établi par des faits innombrables que l’idée d’une succession graduelle des Rayonnés, des Mollusques, des Articulés et des Vertébrés, est pour toujours hors de cause. On a la preuve indubitable que les Rayonnés, les Mollusques et les Articulés se rencontrent partout ensemble dans les terrains les plus anciens, que les plus précoces d’entre les Vertébrés leur sont associés, et que tous ensemble se continuent à travers les âges géologiques, jusqu’au temps actuel. Cela démontre que, dès les premiers jours de l’existence de notre globe, alors que sa surface ne présentait pas encore cette variété de traits généraux qu’elle a revêtue à des périodes ultérieures et qu’elle a de nos jours à un plus haut degré, des animaux de tous les grands types aujourd’hui représentés sur la terre avaient été appelés à la vie. Cela démontre en outre que, à moins que les forces physiques alors en activité n’aient imaginé ces plans, et ne les aient ensuite imprimés sur le monde matériel

ZU DE L’ESPÈCE. • '

comme un moule dans lequel la nature coulerait désormais constamment tous les êtres, des relations générales comme celles qui existent entre les animaux, à tous les âges géologiques et à la période actuelle, n’auraient jamais pu avoir lieu.

Ce n’est pas tout : on sait que, à l’exception des Acalèphes (1) et des Insectes, chacune des classes des Rayonnés, des Mollusques et des Articulés a eu ses représentants dès les temps primitifs. Ce ne sont donc pas seulement les plans de quatre grands types qui ont dù être lixés dès lors, mais aussi les modes d’exécution de chaque plan, le système des formes dont la structure devait être revêtue, et les détails les plus inlimes de cette structure établissant des rapports entre deux genres dilïérents. Pareillement, le mode de différenciation des espèces et la nature de leurs rapports avec le monde ambiant ont dû aussi être déterminés, de sorte que le caractère de la classe a été aussi bien déüui, dès ce premier moment, que le caractère de chaque embranchement ; de même, le caractère de la famille, celui du genre, celui de l’espèce. En outre, entre les premiers représentants de chaque classe et leurs successeurs aux périodes consécutives, il y a des rapports définis; l’ordre de succession correspond à l’échelle des complications de la structure, et forme une série naturelle d’un enchaînement étroit; il faut donc que cette gradation naturelle ait été, elle aussi, préméditée dés l’origine. C’est là un fait incontestable, car l’homme, ce dernier venu, clôt dans le cycle dont il fait partie une série dont la progression indique, dès l’origine, qu’elle aboutira à lui comme terme dernier. L’anatomie pourrait, à mon avis, démontrer

(1) On a trouvé des Acalèphes dans le calcaire jurassique de Solenhoren. Leur absence dans d’aulres formations doit être attribuée à l'extraordinaire mollesse de leur corps. Si le résultat de mes études sur les récifs de la Floride, — à savoir que les Millépores appartiennent à l’ordre des Hydroïdes, de la classe des Acalèphes, — entraîne comme conséquence l’identité de type de tous les Corollaires tabulés, et si, avec eux, ii faut reporter dans la classe des Acalèphes les Corallaires rugueux, l’existence de celte classe des Acalèphes remonte aussi loin dans la série des temps géologiques que celle d’aucune autre du règne animal.

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