Anthropomorphi
Au lieu que la reproduction des caractères d’un groupe plus élevé soit pour Fitzenger le fondement des ordres,
PHYSIOPHILOSOPHES. — M’ LEAY.
comme le voulait Oken, ce sont les séries que notre auteur fonde sur ce fait; puis il les subdivise en ordres, comme on vient de le voir. Ces séries ont, d’ailleurs, avec les systèmes d'organes qu’elles sont censées représenter, encore moins de rapport que les classes et les divisions supérieures du Règne. Ces tentatives pour disposer de petits groupes en séries naturelles ne sont, à bien regarder, qu’un effort pour mettre les cadres de nos systèmes en harmonie avec l’impression que produit sur nous un examen trés-approfondi des rapports naturels des êtres organisés. Nous remarquons partout des séries de ce genre; elles ne vont pas plus loin que les groupes d’espèces, en certains cas; dans d’autres, elles embrassent plusieurs genres, même des familles entières; enfin fréquemment elles s’étendent jusqu’à plusieurs familles. 11 n’est pas jusqu’aux classes d’un même embranchement qui ne puissent présenter', plus ou moins distinctement, une gradation sérielle de cette nature. Mais je n’ai pu parvenir, jusqu’ici, à décou-' vrir le principe auquel ces sortes de rapports peuvent être ramenés, à moins que ce ne soit la complication de structure (1), ou le degré de supériorité ou d’infériorité des caractères sur lesquels les différentes sortes de groupes sont eux-mêmes fondés. L’analogie joue aussi un rôle dans la formation des séries, mais tant qu’on n’aura pas étudié les catégories d’analogie aussi profondément que les catégories d’affinité, il sera impossible de dire dans quelle limite l’analogie existe.
Classification de M’ Leay.
Le grand mérite du système de M’ Leay (2) et, dans mon opinion son seul litre à notre examen, c’est d’avoir appelé
(1) Voyez chap. Il, sect. ni.
(2) J'ai placé la classification de M’ Leay dans cette section, non parce qu’elle ressemble à celle des physiophilosophes allemands, mais à cause de son caractère général et parce qu’elle est basée sur une vue idéale des affinités des animaux.
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/ortement l’attention des naturalistes sur la différence qu’il y a entre deux sortes de rapports presque toujours confondus auparavant, X affinité et l 'analogie. Il a montré que l’analogie consiste dans la répétition de traits semblables chez des groupes d’ailleurs éloignés quand on s’en lient à la comparaison des caractères anatomiques, tandis que l’affinité est basée sur la parité des rapports de la structure. Ainsi, les Chauves-Souris, en raison de la similitude de leur mode de locomotion peuvent être dits les analogues des Oiseaux; les Cétacés sont les analogues des Poissons, à cause de leur forme et de leur mode aquatique d’existence ; et, Chauves- Souris et Cétacés sont alliés entre eux et avec les autres Mammifères par une certaine affinité, en raison de l’identité des traits les plus caractéristiques de leur structure. Cette distinction importante devait nécessairement conduire à d’intéressants résultats; jusqu’ici cependant elle n’a produit que des compararaisons fantaisistes émanées de ceux qui l’avaient les premiers indiquée. Par exemple, M’ Leav suppose pour un instant que tous les animaux d’un groupe doivent être analogues à ceux de chaque autre groupe, tout en formant un cercle par eux-mêmes. Pour réaliser cette conception, il dispose tous les animaux en groupes circulaires, de manière à mettre en évidence ces analogies et il écarte les affinités les plus sensibles qui pourraient contrarier cette idée préconçue. Mais, pour qu’on ne puisse pas me soupçonner de rabaisser le mérite de ce système, le voici présenté d’après les propres expressions de son plus zélé admirateur, Térpdit Wm. Swainson qui s’est complu à en faire l’exposé (1) :
z Les Boræ Entomologicœ (2), malheureusement pour les gens studieux, ne peuvent être parfaitement entendues que des adeptes. Les résultats et les observations sont exposés dans des parties différentes ; le style de l’auteur est tant soit
(1) W. Swainson, ATreatise of theGeography and Classification of animais. Londres, 1835, in-!2, p. 201-205.
(2) Vf. S. M' Leay, ilorœ Entomologicœ ; or Essayson lhe annulose animais. Londres, 1819-1821, 2 vol. in-8.
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peu décousu, et les groupes, pour la plupart, sont plutôt indiqués que définis. L’ouvrage, en somme, est, comme l’auteur le dit de bonne foi, une grossière esquisse des particularités principales des grandes divisions du Règne et du mode probable de leurs connexions, plutôt qu’une détermination rigoureuse de ces groupes eux-mômes ou une démonstration de leurs affinités réelles. On ne pouvait guère espérer davantage dans l’état de la science à cette époque, et avec les difficultés herculéennes que l’auteur a eu à surmonter. Cet ouvrage est devenu excessivement rare et c’est une raison de plus pour que j’en donne, à l’occasion, des extraits au lecteur. On comprendra mieux la théorie de M. M’Leay en consultant le diagramme qui la figure ; car, ainsi que je l’ai déjà remarqué, il n’a défini aucun des groupes des Vertébrés. Mais en condensant le résultat de ses remarques, nous pourrons les résoudre dans les propositions suivantes : — 1° La série naturelle des animaux est continue; elle forme pour ainsi dire un cercle; si bien que, en partant d’un premier point quelconque et en suivant dès lors toutes les modifications de la structure, on est imperceptiblement ramené, en passant par des formes nombreuses, au point d’où l’on est parti. — 2° Les groupes qui ne présentent pas cette série circulaire ne sont pas naturels. — 3° Les divisions primaires de chaque grand groupe sont au nombre de dix, dont cinq sont composées de cercles relativement plus grands, et les cinq autres de cercles plus petits ; ces derniers sont appelés oscillants et sont intermédiaires entre les premiers, qu’ils rattachent les uns aux autres. — 4° Il y a tendance, dans les groupes qui sont placés aux points opposés d’un cercle d’affinités, à se diriger l’un vers l’autre, — 5° Un des cinq groupes majeurs dans lesquels chaque cercle naturel est divisé rappelle par sa physionomie tous les autres groupes ; ou, pour parler plus exactement, il se compose de types qui sont la représentation de chacun des quatre autres groupes, tout en formant par euxmêmes un type particulier. Tels sontle principe fondamental et les lois primordiales qui, dans l’opinion de M. M’ Leay, appartiennent à un système naturel. Je copie maintenant le
diagramme ou tableau du Règne animal et j'essayerai, à l’aide de ce tableau, d’expliquer le système plus en détail. »
« On voit, au premier coup d’œil jeté sur le tableau cidessus, que tous les animaux y sont disposés de manière à former un grand cercle, qui lui-même touche ou se rattache à un autre grand cercle composé des plantes, au moyen des « Êtres les moins organisés du Règne végétal ». Qu’on examine ensuite les grandes parties composantes de ce cercle général : on y découvre, conformément à la 3* proposition, cinq grands cercles formés par les Mollusques, les Acrites ou Polypes, les Rayonnés ou Étoiles de mer, les Annelés ou Insectes, et les Vertébrés. Chacun d'eux passe ou s’enchaîne au suivant au moyen d’un autre groupe, beaucoup plus petit comme étendue, mais qui forme un anneau ou cercle osculant (1).
(1) Dans le diagramme original, comme dans le nôtre, les cinq cercles plus
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Le nombre total des groupes n’est donc pas de cinq, comme beaucoup de personnes l’ont supposé à tort, mais de dix. Cela est tout à fait évident, et mon opinion sur ce point est d’ailleurs confirmée par l’auteur lui-même qui, faisant allusion à ses remarques sur l’ensemble, dit textuellement : « Les » observations précédentes sont, je le sais, loin d’être assez » approfondies ; mais elles suffisent à prouver qu’il y a dans » le Règne animal cinq grands groupes circulaires dont cha- » cun possède une structure spéciale, et que ces premiers » groupes sont reliés par d’autres groupes 'osculants plus » petits, l’ensemble formant toute la province de la Zoolo- » gîe. » Or, ces plus petits groupes osculants doivent être considérés comme des cercles, l’auteur ayant établi ailleurs que « chaque groupe naturel est un cercle plus ou Moins complet ». De fait, c’est là le 3 e principe du système de M. M' Leay; il a d’ailleurs éclairci le sens de ces Mots groupe naturel par le diagramme ci-dessus, oü tous les animaux sont renfermés dans cinq grands groupes ou cercles et dans cinq autres plus petit?. Prenons un de ces groupes, les Vertébrés. Forme-t-il un cercle en lui-même? Oui, car l’aüteur fait entendre que les Reptiles mènent aux Oiseaux, les Oiseaux aux Quadrupèdes (Mammifères); les Quadrupèdes se réunissent aux Poissons, ceux ci aux Reptiles amphibies, et, par les Grenouilles, nous revenons aux Reptiles notre point de départ. Ainsi la série du groupe Vertébré est décrite et l’on voit qu’elle est circulaire ; donc, c’est un groupe naturel. Voilà un cas où la série circulaire peut être tracée. Cherchons maintenant un groupe où la série soit imparfaite, mais où il y ait tendance décidée au cercle ; ce sera le cas des Mollusques. L’auteur s’exprime ainsi sur ce groupe : « Je n’ai pas » du tout prouvé que la disposition circulaire se maintienne » chez les Mollusques; mais il est également certain que ce ® groupe d’animaux est encore un des moins connus, et rien » n’autorise pour le moment à conclure qu’il fait exception
petits ne sont pas représentés graphiquement, mais simplement indiqués par des flèches placées entre les cinq grands cercles.
» à la règle. Il semblerait incontestable que les Gastéropodes » de Cuvier reviennent sur eux-mêmes de façon à former un » groupe circulaire; mais les Acéphales en forment-ils un » seul ou bien deux, c’est ce qui n’est pas exactement déter- » miné. Tout ce qu’on sait des Mollusques me porte toute- » fois à soupçonner qu’ils ne sont pas moins soumis à la loi 5 du cercle que les quatre autres grands groupes. » Ainsi, notre auteur considère les Mollusques comme un de ces groupes qui, sans former effectivement un cercle, montrent néanmoins une tendance à prendre cette figure, et par conséquent sont présumés devoir être naturels. Mais pour mieux éclaircir ce principe, revenons au cercle des Vertébrés. Comme on le voit par le diagramme, ce cercle contient cinq groupes ou cercles moindres, dont chacun peut à son tour se résoudre en cinq autres plus petits décrits suivant le même procédé. La classe des Oiseaux, par exemple, se divisera en Rapaces, Percheurs, Gallinacés, Echassiers et Nageurs, et la preuve que cette classe est un groupe naturel, c’est que toutes ces divisions se louchent les unes les autres à leurs limites, de manière à former un cercle. Nous procéderons de la même manière, en commençant par les groupes supérieurs et en descendant jusqu’aux inférieurs, tant qu’à la lin nous arriverons à ce qu’on appelle les genres, puis ensuite à ce qu’on nomme espèces, chaque groupe, grand ou petit, formant de par lui-même un cercle. Ainsi il y a des cercles dans des cercles « des roues dans des roues » — un nombre infini de relations complexes, mais toutes réglées par un principe uniforme : la circularité de chaque groupe » .
L’écrivain qui peut découvrir que les Quadrupèdes s’unissent aux Poissons, etc., et dire que Cuvier « ignorait totalement les vrais principes du système naturel » ne mérite guère qu’on l’étudie aujourd’hui.
Celle tentative de représenter graphiquement les rapports compliqués qui existent entre les animaux a eu toutefois un bon résultat. Elle a ébranlé de plus en plus la croyance en un arrangement unisériel des animaux et elle a conduit à la construction de beaucoup de tableaux fort précieux en ce
EMBRYOLOGISTES.