‹ De l'esprit chrétienChapitre 12 sur 25 · LE 18 JUIN · texte numérisé non relu

LE 18 JUIN

Vos eitis tempîum Dei vivi (// Cor. 6, 16,) C'est vous qui ôtes le temple du Dieu rivant.

Mes chers Enfants,

n est un âge dans la vie où l'homme semble presque tout entier livré aux choses extérieures ; son esprit est répandu au dehors comme Teau qui coule, pour me servir d'une expression des Livres Saints : Tanqmm aqua decurrens (1). Il circule comme l'eau, qui se fraye un passage en côtoyant les objets qu'elle rencontre, mais sans les pénétrer, à moins qu'ils

(1) Psalm. 57.

n'aient la perméabilité des régions sablonneuses, — n est un âge où l'âme encore jeune semble s'épanouir par un mouvement purement extérieur, semblable au bourgeon de la fleur qui croît par une évolution de ses enveloppes. Alors la vie, le sentiment, l'intelligence, le cœur, tout dans l'homme pousse au dehors, tout se verse au dehors, sans presque soupçonner ce retour de la pensée, qui, après s'être promenée dans le monde sensible, exécute un mouvement sur elle-même pour contempler les mystères invisibles cachés sous une écorce matérielle.

Vous êtes, mes chers enfants, à cette heure du printemps de la vie, oîi le bourgeon de l'homme se montre plein d'espérance et projetant sa sève à l'extérieur. Vous vivez, vous respirez par les sens, et vos pensées elles-mêmes, si vous n'y preniez garde, seraient presque toutes exclusivement imprégnées de l'atmosphère des objets extérieurs, — Quel est le but d'une éducation cultivée ? C'est de donner de l'intelligence, c'est-à-dire, comme l'explique saint Thomas, d'apprendre à lire en dedans : Intus légère ; d'apprendre à la jeunesse à creuser

chacun des objets qui Tenvironnent, à le pénétrer dans son intérieur, et à lui demander tous ses secrets' intellectuels. Lire en dedans : Intùs légère l Cette parole est un magnifique programme. La plupart des hommes, et même parmi ceux qui se croient habiles, ne savent pas lire en dedans ; ils ne voient que l'extérieur des choses, des hoïnmes, des événements ; ils ne voient que les affiches ; la signification intime leur échappe. Le premier but d'une éducation sérieuse, n'est point, même sous le rapport de l'instruction, de vous enseigner des sciences d'ailleurs fort utiles, c'est, avant tout, d'apprendre à votre âme le secret de lire en dedans : c'est de donner à votre esprit une sorte de tarière intellectuelle pour creuser, pour aller chercher la moelle des choses. Heureux l'homme intelligent, et dont l'intelligence est au service d'un noble cœur 1 Heureuses les nations, quand elles possèdent une pléiade d'hommes qui sachent lire le vrai sens de tout ce qui arrive : Intelligere, intus légère.

La rehgion, mes chers enfants, est la première institutrice de l'âme ; c'est elle qui fait la véritable éducation de l'homme. Aussi cherche-t-elle, avant

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tout, à enseigner à Thomme les secrets de la vie intérieure; elle travaille tous les jours à Tarracher aux objets visibles, pour concentrer d'une manière principale ses forces et son énergie dans les régions de l'esprit; elle n'établit point un divorce entre des choses dont le Créateur a voulu l'union, mais elle désire que l'honune et le jeune chrétien, en particulier, fassent tous leurs efforts pour dégager le mystérieux inconnu qui est caché partout; et parmi les dons de l'Esprit-Saint, elle compte au rang des plus élevés, le don d'intelligence, c'est-à-dire, cette puissance de vision intérieure et de divine intuition, cette grâce de lumière qui ouvre les secrets du monde surnaturel, et montre un sens divin souvent dans l'objet le plus vulgaire.

Mes chers enfants, après ce coup-d'œil général sur^ le but de l'éducation et de la formation de l'homme, je dois vous indiquer l'occasion de cette entrée en matière, que vous ne comprenez peutêtre pas encore. Votre bon Supérieur a eu l'excellente idée de faire construire une chapelle intérieure, et d'en confier l'ornementation à des mains aussi intelligentes qu'expérimentées. , Quelle que

puisse être la convenance de ce travail, vous me permettrez de vous dire que, si, après avoir admiré ces décorations extérieures, nous ne remontions pas à une pensée plus haute, nous ne saurions pas lire en dedans : notre idée serait matérielle, et la mission du Christianisme est de spiritualiser toute chose, mais spécialement les objets de son culte.

Elevons-nous donc, et sortons des régions de la naatière : il y a des choses plus grandes et plus belles que tout ce que nous admirons dans le monde sensible ; ou plutôt n'en sortons pas, mais servonsnous en comme d'une échelle, qui doit nous porter, mais nous porter pour nous faire monter plus haut. Servons-nous en, comme on se sert d'une belle peinture : on la contemple, on l'admire, puis on ferme les yeux du corps et l'on rêve à des beautés immatérielles. c( Les choses sensibles, dit saint Grégoire de Nazianze, sont une ébauche, une esquisse de ce qui échappe au regard : Qtuisi adumbrationem quamdam et delineaiionem earum rerumqme oculorum smsum fugiunt (1). » — En quelques instants, nous

(l) Orat. 45, c. 11.

aurons sous les yeux un oratoire que je suis venu bénir, afin que vos prières s'y versent en toute confiance et sécurité... Ad hoc facta est, ut respicias orationem, et audias preces quas fudit famulus tuus coram te (2). Mais dans cette cérémonie la foi me découvre quelque chose de plus grand et de plus divin. Vos âmes m'apparaissent comme le vrai temple de Dieu : Vos estis templum Dei vivi. Aussi, c'est de vos âmes, de ces pierres vivantes de la maison de Dieu, que je voudrais vous entretenir. C'est pour elles qu'existent les temples de pierre, mais comme une ébauche, comme une esquisse qui nous engage à pénétrer la vraie signification intérieure : Adumbrationem, delineationem. Puisque nous avons devant nous le divin original, laissons l'ébauche, ou du moins n'en parlons qu'accessoirement. Ce sera mieux comprendre le sens de cette cérémonie, et donner le meilleur commentaire de la pensée de saint Paul, qui semble nous dire en ce moment : Le vrai temple de Dieu, ce ne sont ni les églises, ni les oratoires, ni les sanctuaires matériels, ce sont

(1) 2. Parai. 6.

les âmes des chrétiens : Vos eslis templum Dei vivi. Votre âme, mes chers enfants, est le plus beau temple de Dieu, ou du moins, elle peut devenir le plus beau temple de Dieu. Jamais, ni le temple de Salomon, ni les plus splendides églises n'eurent, aux yeux du Seigneur et de ses anges, la valeur d'une âme juste ; jamais Dieu ne reposera dans un tabernacle orné de marbres et de pierreries, avec autant de délices que dans un cœur pur ; jamais le ciel étoile, quand il développe ses phalanges lumineuses, n'aura, pour le regard de Dieu, la beauté d'une âme purifiée, oii les grandes pensées et les affections divines montent et descendent, et s'ordonnent dans la sphère étemelle du vrai et du bien. Oui, mes chers enfants, votre cœur qui vous semblait si peu de chose ; votre cœur que, peut-être plus d'une fois, vous avez foulé aux pieds, conune cette fleur vulgaire qui brille le matin pour se flétrir le lendemain ; votre cœur est plus précieux, il est plus grand, aux yeux de Dieu, que tout l'univers matériel. Ce pauvre cœur de l'adolescent, il vous semble peut-être bien étroit ! et, cependant, il est assez large pour contenir Celui qui habite l'immensité.

Et quand Dieu, dans cette promenade miséricordieuse qu'il fait à travers le monde pour trouver les âmes dignes d'un rayon de vie : Circuit qucereiis dignos se ; quand Dieu rencontre un jeune cœur plein de piété, il s'y repose avec amour ; il en fait comme un lieu de plaisance, et l'amour y sert de ces repas qui nourrissent sans rassasier jamais : Cœnabo cum illo, et ipse mecum (i). Aucun sanctuaire n'est aussi agréable à Dieu, aucun temple ne lui offre une habitation aussi délicieuse (2). Il quitte la région des cieux, il s'approche de ce tabernacle divin, il y fixe sa demeure : Mansionem apud eum faciemtis (3). Je dirai même qu'une jeune âme, quand elle n'est point flétrie, a, je ne sais quoi, de plus frais, de plus virginal, de plus simple, de plus droit, qui attire davantage le cœur de Dieu. Y a-t-il, dans la jeunesse, quelque chose qui rappelle plus spécialement à Dieu l'immortelle fraîcheur des

(1) Ap. 3.

(2) Pulcherrîme hsec victima est, Deoque in primis grata, mentem piam habere, dmnseque prsesentise sibi speciem fing'ere, atque in animas delubro fixam et stabilem habere. (S. Isid. Pelusiota, l. III, Èp. 163.)

(3) Jean 4.

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longues et immobiles années de son éternité ? Cela doit être, car notre Dieu est le Dieu de la vie, et surtout de la vie à son printemps : ce qui décline n'a de valeur qu'autant qu'il doit se rajeunir dans les flots de la vie étemelle. Puis la jeunesse, quand le souffle du vice n'a point passé sur elle, a un parfum céleste, semblable à celui du matin, parfum que le vent brûlant de la vie a bientôt détruit, quand on n'a pas soin de conserver son cœur et sa pensée toujours jeunes, toujours énergiques, au milieu de la lourde et énervante atmosphère de ce monde. Il est vrai que la piété enseigne à l'homme le secret de conserver toute la fraîcheur et l'agilité d'une âme juvénile, avec la maturité de la sagesse et la prudence que donnent ordinairement les années : Juveni animi alacritale prœdita, nihil adversarum rerum prœsentiens. L'âme des justes, continue saint Chrysostome, devient jeune tous les jours et se remplit d'une vouvelle vigueur : par la verdeur de ses pensées,et de ses sentiments, elle est toujours à la fleur de l'âge : Justorum animœ juvenescunt ac vigent, et in ipso œtatis flore sunt semper (1). (1) Àd Olymp. Epist. XIII. — Tn Ep, ad Rom, hom 10,

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Mais je reviens au vrai temple du Seigneur. « Quelle est la demeure de Dieu, dit saint Augustin, sinon le lieu où il habite. Quel est ce lieu ? c'est son temple. Quel est son vrai temple ? Est-ce un édifice construit de pierres ? A Dieu ne plaise ! Quod est templum ejus ? Parietibus includitur ? Absit (1). » Cet univers est sans doute le temple du Seigneur, car il est grand, vaste et digne de Dieu : Valde magnus est, et digna res qiiœ capiat Deum ; mais il ne suffit pas à l'immensité de Dieu. — Quel sera donc le lieu, le temple de l'Etemel? Ubi capitur ? C'est l'âme pacifique, c'est l'âme juste, car c'est elle qui porte Dieu : In anima quieta, in anima justa; ipsa illum portât.

Voilà , mes chers enfants , un des horizons du Christianisme ; il ne semblait pas possible de glorifier, de diviniser autant la nature humaine ;

c. 5. Appliquons ici deux pensées de M"« Swetchine ; « On peut être revenu de tout et n'être blasé sur rien. » (M™* Swetchine, t. II, p. 52.

a Les enfants de rimmortalité gardent leur jeunesse au milieu même des glaces de Tàge )» (Id. de la Vieillesse^ t. II, p. 209.)

(1) Enarrat. in Ps. 92, n» 6.

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mais l'Eglise catholique n'a jamais été avare de gloire pour rhumanité. Elle sait ce que nous valons, et elle est autorisée à nous dire des choses qui scandalisent quelquefois les âmes étroites, ou qui font trembler les cœurs flétris, parce qu'il leur faudrait quitter les lieux bas, et échanger une habitation, dont l'air est en rapport avec les passions du cœur, pour un palais au ciel pur et élevé ; et il est des âmes qui tiennent avant tout à leur maison de boue, selon l'énergique expression du prophète ; ils ont peur d'une maison dont le fondement ne serait pas sur le sol : Qui habitant domos luteas, qui terrenum habent fundamentum (1).

Votre âme, mes enfants, est donc le temple de Dieu, le temple du Dieu vivant, et c'est là son vrai nom : Templum Dei vivi. D'après cette pensée si grande, si fondamentale et si féconde en résultats, comprenez que votre cœur n'est pas une chose vulgaire, une propriété de vil prix, que vous puissiez donner au premier venu. Votre âme est un temple, c'est-à-dire une chose sainte et sacrée ; le Seigneur

(1) Job 4.

vous permet de laisser une grande partie du temple aux usages et aux devoirs de la vie, mais à la condition que le sanctuaire, c'est-à-dire ce qu'il y a de plus élevé, de plus mystérieux, de plus divin dans l'âme, appartiendra exclusivement à Dieu. Votre âme est un temple ! Cette seule pensée doit vous faire sentir toute l'importance de Féducation chrétienne ; elle doit vous faire comprendre combien sont précieuses ces jeunes années de votre vie, que vous voudriez, peut-être, dépenser d'une manière aussi frivole. C'est dans ces premières années que vous devez jeter les fondements du temple, que vous devez l'agrandir , le perfectionner, ou du moins préparer ces grandes lignes dont la vie n'est que le développement ; c'est dans la jeunesse que vous devez travailler la pierre du sanctuîiire, et commencer à faire de l'édifice quelque chose de divin, de gracieux, de simple et de vaste, où puissent habiter Dieu, ses anges et vos frères, selon les devoirs de votre vocation.

Votre âme est un temple, mes amis, vous devez donc la respecter. Un temple est un Ueu sacré, où la décence préside à tous les mouvements, à tous

les regards, et même à l'attitude d'un silence reli-gieux. Puisque votre âme est un temple, et le plus beau et le plus vrai des temples, que le respect de vous-même soit une de ses premières et plus belles décorations. Le respect I c'est le condiment de la vie sociale, mais il s'en va, et si le Christianisme ne le ramène pas parmi nous, nous marchons à la dissolution. Le respect de soi I c'est la vraie dignité de l'homme]! Mais où sont les êtres qui se respectent vraiment ici-bas, qui se considèrent comme quelque chose de divin ? Où sont les âmes qui se regardent et se touchent au moins avec autant de respect qu'un vase d'or pour lequel on redouterait le moin^ dre contact indiscret ? N'est-il pas vrai, et qu'on me pardonne, si je ne dis pas la vérité, je suis prêt à me rétracter; n'est-il pas vrai souvent que l'homme qui n'est pas chrétien respecte tout, excepté lui-même ? n respecte l'argent, il respecte les décorations de sa maison, la richesse de ses parures, la beauté physique de ses traits. Mais l'âme I elle vient après l'argent, après les décorations, après les linéaments du corps. L'âme ! on en fait un je ne sais quoi sans nom, ressemblant à ces objets délaissés qui n'ont plus de

propriétaires, parce que chacun rougirait de les reconnfidtre... Et l'on se plaint que le mépris au lieu du respect soit devenu la loi sociale ! Je le croîs bien, chacun sait ce que vaut son voisin, ce qu'il est devenu, le degré de bassesse où il est quelquefois descendu ; et comme chacun se renvoie le résultat de cette triste science, un cri s'est échappé d'une âme honnête : Nous périrons, disait Royer-Collard, nous périrons faute de respect. — Mes amis, c'est donc dans une pensée toute d'amour pour notre patrie et d'affection pour votre avenir, que je viens vous dire au nom de Dieu, et en vous bénissant comme un temple : respectez votre âme, car elle est grande, elle est noble, elle est plus belle que l'univers ; elle est le vrai sanctuaire de la divinité. Respectez votre corps, car c'est le voile mystérieux et transparent du sanctuaire. Que tout ce qui flétrit la pensée, que tout ce qui abaisse le cœur, que tout ce qui matérialise le sentiment soit énergiquement banni et refoulé dans les voies publiques. Respectez votre âme, et quand les fétides exhalaisons, si communes dans ce monde, se répandent de toutes parts, ayez un voile pour couvrir religieusement

votre âme ; faîtes au moins pour elle ce que Ton fait à certains intervalles pour les décorations des splen-* dides demeures.

Votre âme est uA temple ; Templum Dei vivi. Que fait-on dans un temple ? On prie et Ton immole des victimes. C'est là ce que vous devez faire de votre cœur ; un lieu de prières et de sacrifices, a Quand vous voudrez prier, dit Jésus-Christ, entrez dans la chambre de votre cœur, fermez la porte et priez votre Père dans le secret. » Ah I mes amis , qu il fait bon avoir dans son âme un sanctuaire, s'y retirer à toutes les heures du jour, dans la joie et dans la tristesse, dans la consolation et dans l'angoisse, et là, verser ses pensées, ses désirs, ses affections en présence de Dieu ! Le monde, avec un accent de dédain, appellerait ce langage mx conseil de la vie mystique ; et cependant cette vie est la seule complètement raisonnable ; la seule qui corresponde aux désirs, à la grandeur et à la faiblesse de l'homme. Ce temple du cœur nous accompagne partout : c'est un autel portatif qui ne nous quitte pas un seul instant. Ce tabernacle est toujours ouvert, et Jésus- Christ, en un sens, y réside aussi véritablement que

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soas les espèces eucharistiques. Accoutumez-yous de bonne heure, mes chers enfants, à rintelligence des vérités ; on s'habitue trop souvent à ne voir les églises, les temples, les sanctuaires, les tabernacles que dans des constructions de pierre : on croit qu'il est difficile de prier ailleurs ; on se trompe. Sans doute les temples de pierre ont leur importance en ce monde, et ce n'est point ici le lieu de vous en faire comprendre la mystérieuse et sublime signification. Mais l'âme humaine, voilà le véritable temple dont les autres ne sont qu'une image matérielle ; le cœur du juste, voilà l'autel, voilà le lieu de la prière : Tu ipse, dit saint Chrysostome, et altare^ et sacerdos^ et victima es (i). Prenez donc la sainte habitude de vénérer votre cœur comme le tabernacle où réside le Sauveur priant pour nous, mais auparavant faites que votre cœur soit vénérable , qu'il de^ vienne un sanctuaire digne de Dieu ; car je vous le prédis hautement, c'est à cette seule condition que vous vous respecterez vous-mêmes, et que vous pourrez considérer votre cœur comme un lieu de

(l)peÀma.S. 4.

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prière. Si par malheur votre cœur était un repaire de ce que je ne veux pas nommer, vous n'auriez pas la force de vous respecter vous-mêmes, et il y aurait dans cette impuissance unreste de noblesse et de grandeur. Telle est l'énergie indélébile du sceau qui nous a marqués à l'empreinte deja vérité et de la grandeur infinies, que nous ne pouvons sérieuse^ ment vénérer que ce qui est sérieusement vénérable. — Voulez-vous prier dans un temple, dit saint Augustin, priez dans votre cœur ; mais d'abord devenez le vrai temple de Dieu : In templo vis orare? in te ora, sed^rius esta templum Déi (1). Quelle glorieuse prérogative du chrétien ! Porter Dieu continuellement avec soi : Ipsa illumportat{2). Prier toujours, prier par sa vie tout entière, accomplir à chaque instant l'acte le plus noble de la créa* ture : au lieu d'adorer la chair et le sang, au lieu de forcer son cœur, de le traîner tout meurtri dans les buissons de ce monde et de le retourner dans la fange, au lieu de l'étouffer dans l'ignominie, tenir son âme dans les hautes régions, la nourrir de lu-

(1) In Joan, tr, 15. n^ 25.

(2) Saint Augustin cité plus haut.

miëre et de feu, recevoir le mouvement qui vient d'en haut, partager en quelque sorte la vie de Dieu, de ce Dieu dont la bonté ne demande nos hommages que pour avoir l'occasion de nous faire du bien, n'est-ce point là, la vraie vie, la vie comprise par son point le plus élevé, la vie éminemment raisonnable ? — Mes amis, ayez l'intelligence de ces vérités, et vous serez grands, parce que vous serez chrétiens. Considérez votre cœur comme un autel orné d'un tabernacle divin ; rentrez souvent en vous-mêmes : Intra in cubiculum tuum ; fermez la porte, car il faut être seul pour converser avec un intime ami ; et Dieu, si vous le voulez, sera pour vous l'ami le plus vrai, le plus doux, le plus aimant, le plus familier : Et clauso ostiOy or a Patrem. Vous pouvez à chaque heure du jour faire une visite à Notre-Seigneur ; visite courte, mais délicieuse parce que le cœur en fait les frais : visite prompte comme l'éclair, mais le cœur qui aime procède par bonds plus rapides que la flèche, et il entre quelquefois plus profondément dans le cœur de Dieu. L'âme se retrempe à ces contacts divins, le corps lui-même se fortifie, au témoignage de l'expérience et des Saints, et il en résulte

une activité féconde, qui lit une page d*Homëre on de Bossuet, qui f£iit un thème comme on va en promenade, qui se rend à Téglise comme en récréation, et qui en tout montre un élève toujours grand, toujours noble, toujours chrétien. N'est-ce pas Timage de la vie de Dieu, qui se joue à travers le monde, et qui se manifeste toujours en Dieu dans la majesté de sa gloire extérieure, et dans les moindres détails de son administration ? Maximus in minimis. Que fait-on dans un temple? On y offre des sacrifices : Mactavit hostias, dit le Prophète (1). Le Seigneur ne veut plus de sacrifices sanglants ; le chrétien les remplace parles sacrifices du cœur, l'immolation de soi-même. La vie, mes enfants, vous l'apprendrez successivement, et si vous ne voulez pas l'apprendre aux leçons de ceux qui ont l'expérience des années, vous l'apprendrez à vos dépens ; la vie est un sacrifice continuel. Pour les âmes légères, insoumises à la voix d'une autorité paternelle, le Seigneur a étabU une autre loi qui paraît dure, mais qui au fond est miséricordieuse : c'est ce que

(1) 2 Parai. 7.

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les anciens appelaient la nécessité; parole terrible, chaîne de fer qui ramène au vrai l'âme indocile et endurcie. Oui, la vie pour tous est un sacrifice continuel ; la vie, que dis-je ? le bonheur ne consiste pas à jouir : les païens l'avaient compris, les chrétiens de nos jours sourient de pitié quand nous leur prêchons cette doctrine. Les païens dir saient : Sachez supporter et vous abstenir : Sustine et abstine. H est des chrétiens qui disent : la vie, c'est désirer et jouir. Mais la loi inexorable est là ; la chfidne est toujours prête, et à l'entrée du chemin de la jouissance, il se trouve des figures hideuses et toutes-puissantes, comme celles que Milton a décrites dans son poème ; elles mettent à l'âme la camisole de force ; il faut bien la traîner et ressentir ses effroyables étreintes, alors même que les lèvres convulsîves voudraient murmurer le nom du bonheur* — Vous aurez donc, mes amis, si vous voulez être chrétiens, vous aurez des sacrifices à faire ; vous auriez à faire les mêmes sacrifices, au simple point de vue du bonheur, de ce bonheur vrai et plein dont la source est au ciel et se verse dans les consciences pures. Vous aurez à immoler sur Tautel du

cœur, votre légèreté, votre insubordination, vos attaches sensuelles ; quelquefois, même il faudra un glaive trempé comme l'acier pour vaincre un ennemi intérieur, qui s'attache aux veines de la jeunesse, qui flétrit son intelligence, dégrade son cœur, et ne lui laisse plus que la vie rachitique d'un être avili. J'estime le courage du soldat français qui va porter la guerre au sein des tribus errantes, et détruit par un coup vigoureux leur audace toujours rebelle : mais je pense qu'il y a plus de courage encore, plus de noblesse, dans le cœur d'un jeune homme qui résiste à ses passions, à ces explosions souterraines dont la violence et les retours imprévus sont plus terribles que les attaques des Arabes du désert. Si j'avais deux couronnes, je les donnerais au jeune homme et au soldat ; si je n'en avais qu'une, je la réserverais au jeune homme, et quiconque sait les mystères du cœur sera de mon avis. — Ayez donc, mes chers enfants, un courage chrétien pour faire tous les sacrifices que réclame votre conscience. Quand vous apercevrez au fond de votre âme un objet qui fatiguera l'œil de Dieu, vous le conduirez près de l'autel, et avec le glaive d'une sainte gêné-

rosité, vous le sacrifirez au Seigneur. Vous n'aurez de point ces portes dérobées, où l'on cache les victimes chères au cœur et que l'on voudrait arracher au feu du sacrifice. Tous les jours vous ferez le tour de votre âme, vous examinerez les lieux les plus secrets, les VÉiUées les plus profondes, et vous enlèverez toutes les idoles dont le Seigneur réclame l'immolation. — Vous aurez besoin de force et d'énergie pour égorger la victime, mais la paix du temple, le calme du sanctuaire sont à ce prix ; plus vous serez généreux avec Dieu, plus vous goûterez le véritable bonheur, les saintes joies de l'âme libre et pure. En caressant vos passions, vous auriez de ces voluptés qui font tressaillir l'être dans l'ignominie, de ces voluptés qui ensevelissent l'âme sous le froid glacial de la mort intellectuelle et morale : Voluptas frigida (1), comme parle saint Chrysostome. Avec le courage de la vertu et la générosité de l'immolation, il se créera en vous, dans les parties hautes de l'âme, une source intarissable de sereines et austères voluptés, les voluptés d'un être saturé de

(1) InÀcthom:b,n^3,

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choses divines, et qui sent que la majesté de Dieu est entrée et repose dans le sanctuaire intérieur : Majestas Domini ingressa est templum (1).

Je termine par une autre question : que trouve-ton dans un temple? Deux choses, le sanctuaire où réside la divinité, et les ornements que prodigue la piété des fidèles. De même dans le temple du cœur, en ce temple que construit, élèv« et embellit Téducation chrétienne, on doit rencontrer le sanctuaire avec la présence de Dieu, et, dans l'enceinte, les ornements que réclame la destination spéciale du temple. Je veux dire, mes enfants, que tout notre désir serait de placer au milieu de votre âme, conune un tabernacle d'or et de pierreries, la pensée de Dieu, la douce habitude de la présence de Dieu, présidant à tout, dirigeant vos désirs et vos affections ; non point une pensée de Dieu triste, austère, chagrine , mais une pensée douce , libre , confiante, amoureuse, éclairant votre vie comme une lampe d'argent dans les ténèbres ; non point une idée fixe qui absorbe et concentre l'âme d'une manière exclu-

(1) Ezech. 43. 4.

sive, mais un doux soleil qui réchauffe tout et prolonge ses rayons jusqu'aux extrémités du temple, pour donner aux moindres détails plus de vie et de lumière. Votre éducation serait complète et solide, si nous pouvions fixer ainsi la pensée de Dieu au milieu de votre cœur, comme le centre de vos désirs, de vos regards, de vos projets. Dans les éducations que dirige une sagesse trop mondaine, on trouve quelquefois tout, excepté le sanctuaire où réside la divinité. On oublie qu'un temple, quels que soient ses ornements, est froid, vide et désert, quand il n'y a pas d'autel pour le -Dieu qui doit l'habiter. De là, un vide dans l'éducation, vide que rien ne comblera jamais, ni le grec, ni le latin, ni les mathématiques, ni la philosophie humaine. L'âme ne vit pas seulement de cela, elle vit avant tout de son contact avec Dieu : Verbum Dei, dit saint Augustin,

QVO RATIONALES OMNES MENTES SlTie dbfeCtU paSCUH"

tur (1). Dieu a tellement ordonné les choses, que, lorsqu'on veut séparer la terre du ciel, isoler les intérêts humains de ceux de l'éternité, il en résulte tôt

(1) Serm. 142, n^ 7.

ou tard la ruine de nos vrais intérêts, même en ce monde. Aussi, lorsque dans l'éducation, dans la formation du cœur et de l'intelligence, on a négligé Vêlement divin, l'âme du jeune homme ressemble à un navire qui est peut-être admirable dans les dé-> tails de sa construction, mais qui n'a point de lest et devient bientôt la proie des vagues. Dieu seul peut mettre un lest à l'âme humaine, lui seul peut maintenir en équilibre ces redoutables facultés qui sont d'autant plus dangereuses qu'elles sont plus fortes, plus grandes et plus élevées, et qu'elles peuvent au moindre choc produire une effrayante explosion. Si aujourd'hui les nations sont devenues comme des flottes qui mugissent sur les eaux et, à certaines heures imprévues, brisent toutes les chaînes, même les chaînes de fer, ne nous en étonnons pas. On a voulu bannir l'idée de Dieu dans l'éducation de la jeunesse, ou du moins n'en faire qu'un élément accessoire. Or, Dieu doit être au centre de l'âme pour présider aux mouvements de l'intelligence et du cœur ; là est la vie et le bonheur de là jeunesse ; là est le salut et l'avenir des nations. Mais remarquez qu'en difeant que Dieu doit être

au centre de toute éducation sérieuse, j'entendis parler du Dieu des chrétiens; du Dieu que m'enseigne l'Eglise catholique ; ce Dieu dont le nom est précis et dont les préceptes sont positifs, ce Dieu vivant qui de toute éternité a été la vérité, la beauté et le bien par essence, qui pour condescendre à notre faiblesse a suscité un prophète d'un ordre tout nouveau, qu'il s'est uni par des liens mystérieux jusqu'à ne faire avec lui qu'une personne adorable que nous nommons le Verbe Incamé, et cela sans qu'il y ait eu la moindre diminution et le moindre mélange dans la nature éternellement bienheureuse et immuable de la Divinité. C'est ce Dieu encore meilleur que puissant, c'est ce Dieu qui met toute sa gloire à faire du bien à sa créature, c'est lui dont je veux parler ici, c'est Notre Seigneur Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme. — Le dieu de la raison humaine, je n'en parle pas, j'y ai peu de confiance, et voici quelques-uns de mes motifs : le dieu que fabrique chaque raison humaine est un dieu à toutes les formes variables et changeantes de chaque esprit et de chaque passion ; c'est un dieu qui n'engage à rien, puisque, quand nous le voulons sérieusement,

DE LESPRIT CHRÉTIEN. 275

c'est nous qui le faisons parler ; et nous lui imposons trop souvent le langage qui nous plaît. Le dieu que construit, que fait et refait tous les jours la philosophie rationaliste, ressemble trop au Protée de la fable ; il n'a pas de nom, il n'a pas de formes, parce qu'il prend tous les noms et toutes les formes qui plaisent au caprice de chaque esprit :

Omnia transformât sese in miracula rerum (1).

Ce n'est donc pas de ce dieu que je veux parler : je crois que ceux qui le réclament veulent un maître qui soit avant tout un esclave, et ce dieu Protée n'aura jamais une sérieuse influence dans l'éducation. — D'ailleurs, je ne dois pas l'oublier : Pontife du Seigneur, je n'ai qu'un Dieu à prêcher, celui qui est le seul vrai Dieu, celui auquel j'ai consacré ma vie, celui que je trouve tous les jours plus beau et plus admirable à mesure que je l'étudié davantage ; celui que j'ai pris pour ma lumière, ma force, ma consolation, et auquel je désire adhérer pour toujours par les racines les plus profondes de mon

(1) Georg. IV. 441.

cœur ; c'est ce Dieu que je vous prêche, mes enfants ; nos autem prcedicamus Jesum Christum, Je suis heureux de vous l'annoncer ; car vous le savez, il n'en est pas de meilleur, de plus tendre, de plus miséricordieux, et en même temps de plus grand et de plus élevé. C'estluique je voudrais mettre comme un hymne dans votre cœur et un parfum sur vos lèvres.

Est-ce à dire que nous négligerons les ornements qui peuvent embellir le temple de votre âme ? A Dieu ne plaise I Nous l'avons dit, dans un temple, après avoir construit l'autel, on prodigue sur les murailles et sur les pavés, les marbres, les pierres précieuses, l'or, l'argent et toutes les décorations des arts. De même nous voudrions que le temple de votre âme fût orné des trésors les plus riches et les plus variés : les dons de l'intelligence, la culture de toutes les sciences humaines, les richesses du monde ancien et moderne, tout ce qui peut mettre en relief les belles qualités du cœur et de l'esprit, tout ce qui peut développer les grâces du caractère, les formes aimables de l'âme et de la conversation extérieure ; nous désirons que vous l'aimiez, que vous

le recherchiez, que vous le cultiviez avec une tendre prédilection : Quœcumque bona^ quœcumque amabïlia, hœc œgitate; nous voulons un temple complet et parfaitement beau dans toutes les parties : le sanctuaire et l'autel d'abord, mais ensuite toutes les peintures, toutes les décorations, tous les embellissements que peut rêver l'art humain.

0 Notre-Dame de Recouvrance ! pourraîs-je terminer ce discours sans dire un mot de Vous, de votre tendresse maternelle et de notre affection filiale pour vous I Que nous sommes heureux de remettre encore, et de nouveau, cette maison sous votre puissante protection ! Puisse-t-elle toujours grandir à l'ombre de vos ailes ! Vous vous élevez sur votre piédestal d'honneur, à l'entrée même de ce pieux asile, conmie pour dire à tous que vous êtes la mère de cette nombreuse famille ! Oui ! soyez la mère de ces chers enfants ! soyez pour eux la Bonne Dame de Recouvrance! Ailleurs, vous vous appelez Notre-Dame de Bon-Secours, Notre-Dame de la Délivrande, Notre- Dame de Bonne-Encontre. Ici, nous voulons que vous

soyez la bonne Notre-Dame de Recouvrance, et voici le sens que nous désirons attacher à ce doux nom. La jeunesse a de belles et admirables qualités, elle a de précieux trésors dans l'intelligence et dans le cœur, et quand une jeune âme se livre tout entière à l'action de la grâce, elle marche bientôt à pleines voiles dans la mer de la perfection. Mais la jeunesse est la saison de la mobilité ; tout est variable à cet âge si intéressant et si dangereux, tout est sujet à se perdre, à s'égarer. Soyez donc alors la bonne mère, la Bonne Dame de Recouvrance I Rendez aux âmes qui conunenceraient à se flétrir, rendez leur innocence et leur fraîcheur, rendez au cœur découragé les saintes espérances du ciel; que tout le monde recouvre ici ce qu'il aurait perdu : la force, la vertu, la sérénité, l'amour de Dieu et les saintes joies des âmes pures. 0 Vierge sainte, autorisez-nous à dire en votre nom, à ces chers enfants, cette parole de consolation que j'emprunte à nos Livres Saints, en y changeant un seul mot ; qu'il nous soit permis de leur dire : Heureux enfants, croyez à la Vierge, ayez confiance en votre Mère, et elle sera pour vous la Mère de la Recouvrance ; Crede Deo et récupéra-

bit te (1). Si jamais vous aviez le malheur de perdre les dons du ciel, venez vous jeter aux pieds de Notre-Dame de Recouvrance ; elle possède toutes les richesses de la grâce, et ses mains bénies, s'étendant sur vous, vous rendront au centuple ce que vous auriez perdu : Mecum sunt diviliœ etgloria (1). Espérez en elle, et quelle que soit la situation de votre âme, sa bonté et sa miséricorde feront la joie de votre vie : Sperale in illum et in oblectattonem véniel vobis misericordia (2).

0 Mère de salut et de miséricorde, nous partirons heureux et tranquille sur le sort de cette maison; et quand nous apprendrons qu'elle va bien, qu'elle fait la consolation de votre divin Fils, nous en remercierons votre bonté ; mais, en un sens, nous n'en serons pas étonné, et nous dirons à tous, ce que nous nous sommes dit mille fois, en apprenant Texcellent esprit de cette chère famille : C'est la Vierge qui conserve ces enfants, qui veille sur eux, qui cultive leurs cœurs, et éloigne d'eux toute sorte de

(1) Eccli. 2.

(2) Prov. 8.

(3) Eccli. 2. •

dangers: UtpfierituicustodirenturilloMi{3). Quil en soit toujours ainsi, et qu'un jour, Mère bien aimée, votre nombreuse famille, le premier Pasteur en tête, et près de lui ce saint Religieux (1), dont la parole apostolique a fait tant de bien à l'âme de ces pieux enfants ; que votre famille soit réunie dans le ciel autour de vous, comme nous le sommes tous en ce moment. Vous ne serez plus alors la Vierge de la Recouvrance, puisqu'il n'y aura plus rien à perdre, mais vous serez la mère du pur amour ; on vous appellera la grâce de la vérité ; vous serez la vigne qui environnera le ciel de ses rameaux parfumés : Ego materpulchrœdilecHonis..,.inmegratia omnis viœ et verilaiis, ego quasi vitis fructificavi suavitatem odoris (2).

(1) Sap. 19.

(2) Le R. P. Sécail, jésuite de la province de Toulouse, qui venait de prêcher la retraite delà première Communion et de la Confirmation.

(3j Eccli. 24.

DISCOURS

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