La même, ainsi que celle de la baie d’Hudson et
•es anciennes compagnies américaines.
4- Toutes ces entreprises sont fuites, en Angleterre , aux frais de compagnies particulières, et le nombre qui s’en forme chaque anuée par souscription est prodigieux ; on en voit la liste dans les débats des Chambres, parce que la plupart demandent l'autorisation de s'établir en commandites.
5. Fondée en 1600, et réunie à une autre eu 1708, mais n’ayant pris un grand essor qu’en 1755.
gination comprend à peine les merveilles , et qui présente le phénomène de ce que peut produire l’esprit d’association dans sa marche hardie et persévérante?
Quelques marchands se réunissent, sous le règne d’Elisabeth, pour commercer dans les pays nouvellement découverts : plusieurs compagnies se forment à cet effet ; mais voyant le tort qu’elles se font par la concurrence, elles se réunissent en une seule association, et acquièrent alors , par le droit de monopole , une action directe et une sûreté qui leur tient heu de crédit.
Un simple acte du parlement , semblable à celui qui est nécessaire pour construire un pont, pour éclairer une rue , adonné à une société de marchands le droit et , par cela même, le moyen d’élever une puissance plus riche et plus formidable qu’aucun Etal de l’Europe. Il faut bien distinguer la différence qui existe entre un semblable monopole, qui n’est autre chose qu’une simple garantie , en quelque sorte un brevet d’invention, et des privilèges abusifs portant entrave à l’industrie ; il n’y a pas de monopole dans une compagnie qui ouvre, qui crée une branche d’industrie, et émet des actions de manière à ce que tout le monde soit appelé à prendre part
à sa spéculation ; mais il y aune très forte puissance d’action dans l’absence de concurrence , qui seule peut, dans les commencernens , garantir la sûreté des profits. En effet, du moment où la compagnie des Indes n’eut plus de rivaux, ses bénéfices furent considérables , tandis que les deux ou trois associations qui l’avaient précédée n’avaient éprouvé que des pertes. Elle n’était cependant composée encore que de marchands bornés aux différentes stations ou comptoirs qu’ils avaient obtenus des princes du pays, n’ayant guère en propre que 5 ou 6 vaisseaux : mais bientôt les profils du commerce leur permirent d’acquérir des terres dans les environs de leurs comptoirs ; ils passèrent alors de l’état de marchands à celui de propriétaires : les querelles survenues parmi les différons princes des environs leur ayant donné l’occasion d’employer leur influence sur les uns et les autres , ils acquirent les droits régaliens dans des étendues de pays considérables qui leur furent concédés, et de propriétaires ils devinrent souverains : de concessions en concessions , cette compagnie d'hommes industrieux parvint à l’étonnante existence qu’elle a aujourd’hui, c’est-à-dire à la souveraineté sur 5o millions de sujets, défendue par une armée régulière de 160,000 hom-
mes et une marine semblable à celle de l’État le plus puissant 1 .
Ce sont bien là ces marchands de l’Écriture , élevés au rang des princes , ces négocions , la splendeur de la terre *. Un comité de leurs actionnaires, siégeant à Calcutta, distribue à son gré les sceptres et les couronnes. Les peuples recherchent leur domination douce , et les souverains trafiquent avec eux d’une obéissance utile; de nouveaux Cicérons , sortis de Cambridge et d’Oxfort, y viennent plaider pour des roisDéjolarus et Juba; mais malheur aux petits Mithridates du pays qui voudraient secouer le joug de ce despotisme libéral ! ils succomberaient sous le poids de cet habile gouvernement. Elevés sur le pavois par l’industrie, couronnés par la main du travail, placés au-dessus des prérogatives du pouvoir par des jouissances plus réelles , ces nouveaux dominateurs n’ontdù cependant leurs richesses , leur puissance, leur bonheur, qu’aux institutions qui les ont garanties, qui n’ont jamais contrarié leur marche, quelque gigantesque qu’elle ait paru.