Sous Colbert
les fermes , les rescriptions , les loteries , les tontines, les emprunts forcés etc, etc.
De temps en temps, on pend un ministre des finances pour rétablir le crédit, comme on brûle un sorcier pour ranimer la foi : mais c’est un faible palliatif. Deux puissances existent dans l’État, les ordres privilégiés et les industrieux; les premiers sont exempts de toutes charges , les autres privés de tous les emplois, et entravés dans tous leurs efforts : arrive enfin ce règne glorieux où le talent entre en balance avec la faveur, le mérite personnel avec la naissance. Louis XIV fonde le principe de P utilité , en ayant l’air de ne s’occuper que de la gloire ; mais , à sa mort, tout s’arrête de nouveau ; on agite dans le conseil si on fera la banqueroute ; il est décidé qu’elle n’aura pas lieu : mais de fait, elle se fait partiellement ; le crédit public se ranime parle système, et tombe d’autant plus haut par sa chute ; les ministres essaient en vain d’attaquer les privilèges, de généraliser les charges publiques; ils perdent leurs peines ou leurs places * ; la cour refuse de diminuer ses dé-
i . Dans les derniers règnes.
3. Les ministres autrefois ne pouvaient pas arrêter le système des banqueroutes, ou ils cessaient d’être ministres , car l'opinion n’était rien pour les soutenir ; ils étaient
penses, les parlemens d’augmenter les impôts ; enfin une horrible catastrophe vient décider cette lutte, en confondant toutes les prétentions, tous les intérêts dans tous les malheurs.
Qui croirait qu’instruits par l’expérience, il ne sortira au moins de cette révolution des institutions favorables au développement des facultés, au retour du crédit? mais non, de nouveaux rejetons poussent sur la vieille souche de l’arbitraire, et étouffent toutes les semences de richesse. La puissance prend cependant sous sa protection le reste informe, mutilé, de la propriété sociale , le tiers-consolidé ; elle s’intéresse au sort de ce débris, et elle l’élève de 7 pour îoo où il était réduit à 80 ; jusqu’au moment où un véritable gouvernement constitutionnel a succédé à tous les essais que nous avions faits, notre dette alors s’est doublée , triplée, et a cependant toujours tendu à la hausse , parce que les étrangers et les nationaux ont jugé que nos inslitu-
les instrumens du pouvoir , et non les agens de la communauté. Le discrédit n’était pas l’origine des banqueroutes , mais les banqueroutes la conséquence des mauvaises institutions. Dans une monarchie absolue, le gouvernement est un être isolé, séparé de la société, que l'on considère avec curiosité , que l’on aime ou que l'on
tions commençaient à donner des gages de notre bonne foi , nous sommes placés pour cela dans la meilleure situation. Noire dette n’est pas la cinquième partie de notre revenu actuel, et notre revenu n’est pas la moitié de ce qu’il pourrait devenir. Le jour où la dette , cette propriété ou cette charge sociale, sera pleinement garantie par les institutions, par cet esprit complet d’association qui crée, multiplie et assure si bien les produits, elle se répandra dans toutes les classes de la société , dans toutes les provinces du royaume comme toutes les autres propriétés mobilières ; elle deviendra un placement facile, convenable à tous les intérêts , et servira merveilleusement à la force du gouvernement, en intéressant à sa stabilité. Une dette légère dans un pays ne regarde qu’une partie faible de la population, qui pourrait être sacrifiée à une masse d’intérêts plus forts ; mais une dette divisée, comme celle de l’Angleterre, en neuf cent quatre vingt-dix mille familles, ou autrement environ six millions d’individus, faisant le tiers de la population , ne peut jamais être attaquée : elle implique un intérêt aussi actif que les biens-
craiot. Dans un Etat constitutionnel , chacun y voit une partie de soi-même, sa chose, son action et son intérêt.
fonds ; et le gouvernement sur lequel elle repose ne peut être renversé, parce qu’il a intéressé trop de monde à sa conservation.
1V\V»\ VtVWWVV»VV\-.WVY\\W\W\V*\W\W\V\-VVWV, v\%w«vv\V\%