CHAPITRE III
Troisième effet de l’esprit d’association, nisation des capitaux étrangers.
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Merculorcs Si Jouis Ira ns fréta ni es marc , replcvcrunl le.
Isa ia , cap. XXIII, v. i,
Après l’orgueil de la naissance , le préjugé le plus ridicule, sans doute, est celui de la patrie, lorsqu’il dépasse les bornes que la nature et la raison ont mises à ce sentiment. Comment ! le Belge qui habite à un quart de lieue de mon champ, qui parle ma langue, qui a mes habitudes, mes goûts, sera pour moi un étranger, un ennemi , et j’aurai une tendresse aveugle pour un bourgeois de la ville de Monaco J Quelle est donc cette affection qui dispose ainsi des espaces, qui change à chaque traité de paix, dont on trace les limites sur une carte avec une règle et un compas, qui un jour se restreint au
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district de Bourges, et un autre s’étend de Hambourg à Raguse ? C’est cependant là cette merveille quia fait couler tant de sang, qui enfante la guerre , nourrit les oisifs , divise l’industrie des hommes , paralyse leurs échanges ; encombre celui-ci d’une denrée superflue et prive un autre de celle qui lui serait nécessaire : triste abus des idées et des jnots ! sot héritage des temps barbares, transmis intact des anciens aux modernes !
Les Grecs et les Romains avaient en horreur les étrangers; ils les soumettaient aux noviciats, aux épreuves les plus pénibles 1 * ; ils les tournaient en ridicule sur leurs théâtres; dans quelques lieux ils les dépouillaient et les rendaient esclaves, dans d’autres enfln ils les faisaient périr. Malheureuse que je suis ! s’écrie Electre , je suis confinée dans mon appartement comme un étranger domicilié 3. L’étranger, dit Aristophane, est au citoyen ce que la paille est au grain s. Les Romains, sortant de leurs cabanes de joncs, qualifiaient du nom de barbares les
i . Voyez Sainte-Croix , Mém. sur les Melèquce, Mém. de FAc. des Inscr.,tom. 48.
a. Sopliocle , Electre, v. 190.