‹ De l'esprit d'association dans tous les interêts de la communautéChapitre 32 sur 77 · Aristophane , Achar. v · texte numérisé non relu

Aristophane , Achar. v

autres peuples , et cependant tous ces fiers républicains envoyaient leurs législateurs, leurs philosophes , s’instruire chez les étrangers ; Platon, Pythagore, Solon, Numa, leur furent redevables de ce qu’ils apprirent, et les juges de l’Élide ne crurent devoir mettre en vigueur le code de leurs lois qu’après l’avoir soumis au jugement des Égyptiens. En contradiction avec eux-mêmes, c’est dans le temps où ils faisaient les lois les plus sévères contre la naturalisation qu’ils avouaient avoir le plus besoin des étrangers pour relever leur commerce et réparer les maux de la guerre 1 ; ils créaient alors un dieu en leur faveur *, et des magistrats pour les protéger 5.

Il en fut ainsi dans les temps modernes. De quelles honteuses lois n’est pas hérissée la législation des peuples de l’Europe à l’égard des étrangers 4? à combien d’avanies, de confiscations n’étaient-ils point soumis? Le misérable

i. Isocrat. , orat. de pace, t. II, ed. hack., p. 183.

a. Jupiter metcecien. Voyez Sainte-Croix , loc. cit.

3. Metaphylace, gardien des Melèques. Xénophon de Prov., c. a, différent cependant du Practor Peregrinus des Romains.

4- Bodin , de la Rép. , 1. 1, chap. 6 , de la différence du citoyen à F étranger.

droit d’aubaine n’a été aboli en France 1 que deux ans avant la révolution , peu d’années après la suppression de la torture; et cependant c’est également aux étrangers que chaque peuple de l’Europe étaij, Redevable des progrès qu’il avait faits dans le commerce et l’industrie. Les Anglais et les Hollandais les devaient aux Flamands % les Français aux Hollandais et aux

*• 1787 , édit du Roi.

3. Les Flamands manufacturaient la laine qu'ils achetaient des Anglais, dès l’année i3io, et c’est à eux que tous les écrivains attribuent la fondation des principales manufactures en Angleterre. Anderson , Hist du Com. , t. I , p. 166. Les premières furent établies dans le Norfolk, id., p. 5o5. Il en est de même des fabriques de chapeaux, de serges et de damas. Id., p. 573. Les troubles survenus aux Pays-Bas, par les différences de religion , firent émigrer en Angleterre beaucoup de fabricans distingués qui enrichirent le pays. La prise d’Anvers par leduc de Parme, en 157g , rappelle celle de Tyr parNabuchodonosor : même cruauté et même sottise ! les propriétés furent saccagées, et mille maisons de commerce qui les possédaient passèrent dans tous les pays voisins ; Leyde , Amsterdam , Harlem , s’élevèrent sur scs ruines et formèrent cette république étonnante des Sept-Pi ovincea-Uniea qui, bien administrée par des lois muni* cipales , résista aux efforts de toutes les puissances et fit le commerce du monde.

Italiens *, les Allemands aux Français *, les Espagnols, aux Arabes 5 , les Portugais , les

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