‹ De l'esprit d'association dans tous les interêts de la communautéChapitre 36 sur 77 · Ptoxima cl quasi coruanguinea sapientia. (Coluniel · texte numérisé non relu

Ptoxima cl quasi coruanguinea sapientia. (Coluniel

comme usufruitiers, sous le nom de fermiers, soit comme possesseurs du sol. Là il n’est pus un coin de terre qui soit négligé, pas un genre de culture qui soit omis ; la terre rapporte tout ce qu’elle peut produire et tout ce qu'elle aide à créer; elle est la caisse générale du pays qui verse tous les ans ses trésors dans la circulation, et anime toutes les autres industries. Chaque découverte nouvelle se répand rapidement, car elle trouve dans chaque circonscription un ou plusieurs individus occupés à la saisir, à la développer^ la faire servir de modèle, et une administration qui n’en contrarie jamais l’application '.

Que de changetiiens se sont opérés depuis le moment où les hommes cultivaient leurs champs à la bêche, jusqu’au génie des inventions modernes! Il dut, en effet, passer pour un dieu, celui qui imagina d’atteler des bœufs à une charrue et des chevaux à une meule. Femmes, ditle

Cicéron rapproche également les plaisirs de l’agriculture tic ceux de la philosophie.

■ . On croit généralement que l’Angleterre sacrifie tout à l’industrie manufacturière : c’est le contraire, c’est à l’agriculture qu’elle accorde toutes les faveurs, et sur qui elle fait peser le moins d’impûls.

poète 1 , vous qu’on a employées jusqu’à présent à moudre les grains , laissez désormais reposer vos bras; ce n’est plus pour vous que les oiseaux annonceront par leurs chants le lever de l’aurore. Cérès a ordonné aux Naïades d’exécuter vos travaux, de mouvoir rapidement les meules pesantes * , etc.

L’histoire de l’agriculture est facile à apprendre; le tableau de ses progrès, dans tous lessiècles, existe encore sous nos yeux, suivant le degré de civilisation des peuples, et ilest facile de savoir à quel temps on appartient. Les nations les moins avancées en connaissances utiles suivent la vie pastorale ; elles passent de là à l’état agricole, mais les champs sont pour eux comme étaient les pâturages ; ils les abandonnent, lorsqu’ils les ont cultivés quelque temps pour en labourer d’autres. L’usage des jachères est une conséquence naturelle d’une grande étendue de territoire et d’une faible population; mais lorsque l’échange des productions a pu s’opérer facilement, que la population s’est accrue, le si stème de cidture a gagné sur le soin du pâturage.

i . Minerve était adorée sous le nom de Boarmia, pour avoir enseigné aux hommes ce précieux avantage. Diodor. , lib. III , cap. 64.

a. Anthologie epiq. d’Antipater de Thessalonique.

Tous les jours, les terrains vagues ont été envahis , et le domaine des bestiaux a diminué. H a bientôt fallu imaginer pour eux un nouveau moyen de subsistance, et perfectionner la culture, faute de pouvoir l’étendre. De là sont nés ces systèmes féconds d’assoleinens et d’engrais , de prairies artificielles et de cultures potagères. On s’aperçut qu’il existait des substances qui , ayant un principe de sève different des autres, et trouvant dans une terre, en apparence épuisée, les sucs qui leur conviennent, laissent le temps à celte terre de se refaire pour ses premières productions: on parvint ainsi, par le mélange et la variété des engrais, à éterniser la culture sur un même point, et à maintenir la terre dans une érection constante. Lorsqu’on fut arrivé au point de ne pouvoir plus gagner sur l’espace, ni améliorer davantage le sol, on songea à perfectionner les races d’animaux qui vivaient de lun ou de l’autre. Enfin, l’on voulut suppléer, par des machines, à la cherté de lamaiu-d’œuvre

i . Le bœuf est le travail de l’homme perfectionné ; le cheval , celui du bœuf; la machine , celui du cheval : entre ces trois moteurs , le cheval est le moins parfait , car le bœuf a l'avantage qu’on peut le manger , et la machine , qu’elle ne mange pas.

Tous les progrès eu agriculture consistent donc: i" dans la généralité de la culture, pour ne rien laisser d’improductif ; a“ dans la perfection de la culture , pour atteindre tous les accroissemens possibles ; S0 dans la beauté des races pour ne rien nourrir de défectueux ; 4° enfin dans l’emploi des machines, pour diminuer la main-d’œuvre. L’agriculture est perfectionnée en raison de ces quatre degrés d’avancement. •

La F rance n’est parvenue encore qu’au premier, et les trois autres lui manquent entièrement; elle a tout ce que le travail peut procurer, et riep de ce que les lumières ajoutent au travail : cette activité même , elle ne la doit qu’au mouvement opéré par la révolution. Le cri de la liberté sembla être alors l’appel au développement des iacultés et aux moyens de les exercer. La population tout entière se précipite sur le sol , comme s’il eût été amélioré pour elle, ou qu’elle fût régénérée pour lui; les moindres parcelles du terrain suspendues en haut des principes, furent acquises à la culture; les environs des habitations devinrent autant de jardins potagers. La franchise des redevances et la remise, pendant quatre ans, des impôts , se répandirent comme un capital

immense en faveur de toutes les productions , et préparèrent le moyen de payer plus facilement, peu d’années après, des impôts plus onéreux. A l’exception de quelques grands desséchemensqui demandent des capitaux considérables et des associations, tout est fait en ce qui concerne l’étendue, la généralité de la culture ; mais il n’en est pas de même de sa perfection. La France est arriérée non-seulement de la Flandre et de l’Angleterre , mais de beaucoup de pays qui lui sont inférieurs en civilisation , tels que la Bavière , la Bohême , l’Autriche, le Palalinat, l'Italie. Il n’y a pas en France le quart des terres cultivées comme elles devraient l’être, c’est-à-dire en permanence de production par les assolemens, et pas le quart de bestiaux que le sol pourrait nourrir, et par conséquent de richesses qu’il pourrait rapporter enfin l’usage si important des machines y est à peu près inconnu. *

i . L’acre , en Angleterre , qui équivaut à l’arpent français, rapporte net, terme moyen, 37 fr. 5o c., tandis que l’arpent français n’en rapporte que i5 , et cependant le climat, en France, est plus favorable; le territoire rapporte des productions plus précieuses, telles que les vins , les huiles , les fruits , etc. Il fout donc qu’il y ait g éoéi aleinent un vice de culture, et il n’y a lien d’exagéré

Une ferme. en Angleterre et en Flandre, est un immense potager divisé de même en com-

quand on estime que la France pourrait rapporter aisément le double , le triple de ce qu’elle produit , seulement par l’introduction de meilleures méthodes, sans même opérer des dessécheroens ou des défrichemens coûteux. Elle pourrait alors payer le double de scs impositions sans être à moitié surchai-gée , car il est aisé de se figurer que celui qui paie, par exemple, 5fr. sur une étendue de terre rapportant a5 fr. , n’en a plus pouf lui que 20 ; mais si cette terre rapporte 5o fr., et qu’il en paie 10 , il lui en reste 4°. C’est le même calcul en sens inverse qu’on peut faire pour les dîmes. Le tableau ci-joint donnera une idée du produit comparatif du travail en France et eu Angleterre.

Etat comparatif de T étendue, de la population, du revenu, de la dette publique et des produits agricoles et manufacturés de la France et de t Angleterre , établis par approximation.

France. Angleterre.

Etendue du territoire: 108,000,000 arpens. — 55, 000, 000 arpens.

Population : Population :

Agricole . . . 17,006,000 indiv.l] Agricole. . . . 6,139,14a indiv. Manufacturière 6,aoo,ooo llManuficturièrc 7, 071,989

Indigente • . . 800,000 [{indigente . • . 1,548,^00

Diverse .... 4,5oo,ooo {[Diverse a,3{-,3oo

Total ?8r5no,ono irnliv. Total >7,096,803 indiv.

parti mens; la moitié de cet espace est cultivée en plantes céréales , l’autre en herbages, carottes, navets, et en pâturages divers *. Les

Suite de F état comparatif.

France. Angleterre.

Produits agricoles annuels. . 3, 354, 000,000 fr. — 5,4i9,6n,g76fr. Produits manufacturés annuels 906,666,666 — -2,74 *,5ao, 000

Revenus publics permanens . . 703,199, 55o — i,54i,;63,ooo

Dette publique 100,000,000 — 700,000,000

Ce tableau synoptique a été établi , pour ce qui regarde l’Angleterre, d’après l'ouvrage de Colquhoun , et, pour la France, d’après les rapports du ministère de l’intérieur, en i8i3. Il demanderait à être développé et discuté dans chacune de ses parties , ce qui serait hors des bornes et du sujet de cet ouvrage ; mais , tel qu’il est, il fait naître bien des réflexions, et prouve surtout que le génie peut ajouter au travail , puisqu’une population d’un tiers moins considérable qu’une autre , habitant un sol de près de moitié moins étendu , sous un climat contraire aux productions précieuses , trouve le moyen de créer trois fois plus de valeurs , de supporter une dette six fois plus forte et de nourrir une classe indigente du double.

1 . Le pain ne mérite pas vraiment sa réputation ; il doit beaucoup de la faveur dont il jouit à l’absence des autres productions et à l’ignorance des moyens de se les procurer ; les peuples qui en mangent beaucoup sont toujours tourmentés de la crainte de n’en avoir pas assez ; il est la cause des émeutes , des réglemens maladroits ; on ne s’est

terrains consacrés aux premiers produits ont été améliorés par la culture des autres pendant plusieurs années , et par l'abondance du fumier provenant de l’abondance des bestiaux 1 . On y récolte alors plus de blé que si la totalité avait été cultivée en grains sans cette espèce de rotation ’ , et on a de plus toute la valeur des autres productions qui excède de beaucoup celle-ci. Les différentes espèces de navets forment à eux seuls une richesse incomparable, soit qu’on les laisse sur le sol pour la nourriture des bestiaux , soit qu’on les récolte pour s’en servir l’hiver Le talent consiste à alterner ces

jamais battu pour de la viande; on n’a jamais renvoyé un minisü'e pour des navets , ni fait une révolution pour des pommes de terre. Quand il y aura partout plus d’abondance et de variété daus la production, l’importance du pain diminuera en proportion.

». Tout est employé en engrais, jusqu’aux os d’animaux que l’on broie avec des machines pour cet usage.

3. La rotation ordinaire , dans la plus grande partie de l’Angleterre , est à peu près comme en Flandre , c’est-àdire en navels ou pommes de terre, orge, fèves ou sainfoin , blé, avoine; ou bien orge, colza, blé, luzerne, avoine , chanvre , et chaque fois la terre est nettoyée et parée : c’est dans ce soin principalement que consiste la bonté d’une récolte.

Page 1