‹ De l'esprit d'association dans tous les interêts de la communautéChapitre 45 sur 77 · Smidt gesch. der deut., tom. Il , p · texte numérisé non relu

Smidt gesch. der deut., tom. Il , p

3. Fisher gesch. derHand., tom. I, p. a3.0rdvarodz Saga. Barthol. ant. dan., I. II, c. 10.

4- Saxo, Hist. dan., liv. XI, p. 29. Robert, abbé de Sainl-Alban , envoya , en 1 189, au pape Adrien une mitre et des sandales brodées par Christine, princesse de Margate. Anderson, tom. I, p. 348, Hist. oftrad.

cérémonie. La condition des esclaves ‘, employés à ces travaux, était la même que chez les Romains; mais il existait des lois plus favorables à leur sort, et dues à l’esprit de l'Évangile.

Il ne parait pas que ces institutions aient changé en Europe avant le douzième siècle; mais, à dater de cette époque, l'industrie commença à prendre son essor; il se forma dans les villes de véritables collèges, ou corporations de fabricans, des ateliers, des manufactures, où l’on distinguait déjà les entrepreneurs d’industrie, les ouvriers, les commis et teneurs de livres. Châlons, Verdun, Carcassonne, Narbonne, les villes de la Flandre surtout, devancèrent l’Angleterre dans tous les genres de fabrication *; mais elles lui cédèrent bientôt le

I. On les vendait cependant encore en masse, et séparément ; on les troquait contre un cheval, une lance. Du Cange, Glos. in ver. Servus. On en vit une fois jusqu'à sept mille à la foire de Mecklembourg. Chron. slav. , liv. XI, c. ia.

a. On voit qu’à la fin même du douzième siècle, au moment de la rançon de Richard Cœur-de-Lion , toute la laine d’Angleterre s’exportait en Flandre , d'où elle revenait manufacturée. Les fabriques de draps ne furent établies en Angleterre par IcsFIamands qu’en i33i . Parmi

pas, lorsque celle-ci ayant perfectionné ses institutions, eut le moyen de donner un libre cours à son génie. Une ardeur'générale se manifesta alors spontanément dans toutes les classes d’habitans de ce pays : les savans dirigèrent leurs recherches vers les choses utiles; les ouvriers voulurent devenir inventeurs; les gens riches et éclairés mirent leur ambition à créer, et des progrès immenses se manifestèrent de toutes parts.

Essayons d’en tracer brièvement le tableau pour servir de point de comparaison.

Le premier produit de l’industrie et son mobile à la fois qui s’offre aux yeux de l’observateur en Angleterre, est l’emploi perfectionné du fer, dont la puissance agit sur tous les autres objets, qui entre dans la composition de toutes les substances, du fer qui est vraiment l’or des pays industrieux. Plusieurs grandes provinces, long-temps sans valeur, ont ouvert tout à coup leur sein aux bras industrieux qui les ont ex-

les articles de commerce mentionnés dans les archives du consulat de Barcelonne, on voit toujours, avant le quinzième siècle, les toiles de Flandre, Champagne, Bretagne, les draps de Provins, de Chàlons, de Reims, Narbonne et Béziers, et jamais ceux de l’Angleterre. Capman., Corn. Barcel., p. 33a. Balducci, Pratique du Commerce.

ploitées : elles leur ont offert, à côté du minéral précieux qu’ils cherchaient, toutes les substances nécessaires à sa fabrication ; à peu près à la même profondeur, et de l’eau en abondance pour tout voiturer sous terre par les canaux ; circonstance singulière, et qui ôte tout moyen d’entrer en concurrence avec de semblables avantages. L’emploi admirable de la pompe à feu , suite naturelle de cette découverte , a créé des milliers de mains invisibles qui se placent dans toutes les directions , sur tous les points à volonté, pour abréger le temps, la fatigue et la dépense : ce sont elles qui tirent le charbon , le fer, la chaux de leurs demeures souterraines, qui les chargent dans les paniers, les transportent au sommet des fourneaux, les y versent, agitent leurs immenses soufflets; et le métal coule , sans autre préparation , dans les moules de tous genres qu’on lui présente, sans avoir besoin de passer à une seconde fusion 1 . Bientôt ces mêmes pompes font mouvoir d’énormes laminoirs de toutes les formes, à travers lesquels le fer passe et sort en barres, en lingots, en cerceaux, en lames, comme le ferait le papier

i. Le fer coulé devient par là d'une préparation si facile qu'il ne coûte pas plus que la gueuse même.

ou la toile sous la main du fabricant : le marteau a disparu de ces ateliers, comme jadis l’aiguille à l’invention du métier. La campagne entière est éclairée des feux de ces innombrables ateliers: des édifices légers, construits en cerceaux de fer, abritent les travailleurs, et autour de leurs ateliers s’élèvent partout des moissons sur cette lave fertilisée, sur cette terre doublement productive. Il m’est arrivé souvent, au milieu de la nuit , de lire à ma fenêtre à la seule clarté de ces fourneaux ; je m’arrêtais alors pour considérer cette plaine couverte ainsi de feux semblables à ceux des bivouacs d’une armée immense, et je pensais avec plaisir que ce vaste camp n’était composé que de citoyens paisibles, laborieux, utiles, dont le travail enrichit les familles et le pays, sans coûter une larme à l’humanité.

De cette admirable exploitation du fer découle la source de toutes les autres richesses , puisque c’est par son moyen que se multiplient à si bon marché les machines qui abrègent tous les travaux , et redoublent , décuplent les produits : là, ce sont des milliers de bobines qui filent le coton, la laine , le lin ; là, des millions d’aiguilles qui brodent les dessins les plus variés sans la moindre confusion ; plus loin ,

tombe une pluie de clous tout formés ; d’autres machines polissent l’acier , tournent la poterie , taillent le verre. Des cotons en balles , du chanvre grossier, placés au bas d’un édifice, sont, les uns démêlés par des doigts délicats, les autres tournés par des bras robustes , et se roulent en câbles énormes ou se dévident en fils imperceptibles au haut de ce même édifice. « On s’étonne , dit un voyageur moderne 1 , de voir sortir d’entre les dents de roues innombrables, obéissant à une force qui ne se lasse jamais, la laine ou le coton en longues cardes blanches et légères que d’autres rouages saisissent, qui coulent ensuite en fontaines de fil et se perdent parmi des tourbillons de fuseaux. L’œil d’une femme parcourt sans cesse tout ce mécanisme; sa main répare, sans arrêter le mouvement, les accidens auxquels une force aveugle ne saurait pourvoir, et parait commander la manœuvre des bataillons de roues et de fuseaux dans leurs évolutions compliquées; la navette, obéissant également aune impulsion étrangère , s’arrête d’elle-même lorsqu’elle n’a pas frappé au point juste qu’elle doit atteindre ; le tisserand ne la pousse point ;

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