CHAPITRE V
De V instruction générale parmi les hommes.
Q«i ad jusiiliam eradiuat muhoi , fulgebont quaai •picador Grumncnti. Daniel , cap.xn , y. 3.
Vir sapiens érudit plebera suam et fructus scnsus illiaj fidèles sunt. ECOLES., cap. XXXTIt, T. a6.
Si les hommes , en avançant dans la civilisation , étaient restés en arrière dans l’industrie ; si , en perfectionnant leurs idées sur la nature des choses , sur la destinée de l’homme, la connaissance de Dieu, ils n’eussent pas fait des progrès aussi rapides dans tous les arts , qui diminuent le fardeau des besoins , alors ils eussent été à plaindre, en raison même des lumières qu’ils auraient acquises. Plus ils se seraient sentis élevés au-dessus de leur condition par leur intelligence , plus leur condition leur aurait semblé pénible par ses devoirs; l’esclave affranchi aurait dit à son maître : De quel droit
romps-tu les liens qui m'attachent à loi, si tu me livres au joug de la nature? ne me rends-tu donc libre que pour te dispenser de me n&urrir ? faudra-t-il que le prix de ma vie soit les fonctions les plus abjectes , non plus seulement pour toi seul, mais pour la société tout entière? va , qui que tu sois , je te préfère à l’incertitude ; tu es un meilleur maitre que la pauvreté, rends-moi mes chaînes et mon repos. Le maitre aurait répondu : Je te plains , mais je ne puis te secourir ; les lois t’ont soustrait à mon pouvoir; qu’elles te dédommagent de mes soins: si la liberté t’est plus à charge que la servitude, n’en accuse que le sort : la nature est moins une mère tendre qu’une marâtre cruelle ' ; il faut que des êtres souffrent, pour que d’autres soient appelés à jouir.... Doctrine honteuse! langage de l’ignorance ! non, non, il ne faut pas qu’un seul être souffre , pour que d’autres jouissent ; la nature n’est point marâtre , nous sommes tous appelés à partager les biens d’une terre bienfaisante , d’un Dieu juste et bon. Lorsqu’il a permis aux siècles de développer nos idées, il a voulu que nos idées diminuassent nos besoins, ou augmentassent le moyen d’y
j. Pluie , lib. VIT.
satisfaire ; il a créé pour nous cette multitude d’inventions utiles qui délivrent les hommes de tout ce qui répugnerait à la dignité de leur être , à la délicatesse de leurs organes. Les fardeaux s’élèvent aujourd’hui sans efforts, les immondices coulent d’elles-mêmes , vers les fleuves , des mains invisibles fendent le bois , les pierres , tournent les moulins , conduisent les métiers , font mouvoir les plus lourdes masses, suppléent à tons les efforts, et l’homme est moins l’ouvrier que le directeur même de ses travaux ; il n’a plus besoin d’être grossier, sale, abruti pour cultiver un champ, bâtir une maison , construire un navire , exploiter une mine; élevé au-dessus des travaux pénibles qui absorbaient ses facultés, qui affaiblissaient son intelligence, il occupe une place supérieure dans la nature , et un rang indéflni dans la société.
Et c’est cet être nouveau , parvenu enfin au loisir ou aux habitudes des créatures pensantes, que l’pn voudrait priver des notions simples de la raison , et rejeter encore une fois dans les ténèbres de l’ignorance et des préjugés! Vains projets !... Faibles dominateurs, ne voyez-vous pas que cette multitude est sortie de votre pouvoir, que vos liens n’étaient forts que tant que vos victimes étaient faibles ! c'est leur raison
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seule aujourd’hui qui les porte à vous obéir , puisque vous n’avez plus la force de les y contraindre; les lumières qui les ont tirés de votrè empire sont les seuls freins qui puissent vous préserver de leurs atteintes; c’est en les instruisant que vous pouvez les contenir , en les rendant heureux que vous pouvez vous les attacher
Et vous qui, d’un autre côté , par des efforts non moins dangereux , appelez sans cesse les classes inférieures à la participation de tous les avantages sociaux, tremblez de les y voir parvenir sans les lumières suffisantes pour les posséder ! La fortune est plus difficile à supporter que le malheur, et nous en avons eu de grands exemples. Dans la transmission héréditaire du pouvoir ou de la supériorité , une sorte de doctrine s’établit, une règle de devoir se forme, dont l’orgueil même empêche de s’écarter ; mais lorsque tout d’un coup la fortune aveugle a pu disposer les rangs , lorsque les chances du hasard peuvent placer aussi haut que la naissance , la faveur, le génie ou le talent, malheur à la société, si ces nouveaux dominateurs ne
i . Ingénia studiaquc faciiius opprcsseris , quam revocatis. Tacit., in Agricola.
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sont point préparés à occuper dignement leurs places, s’ils n’ont point les principes qui doivent les contenir ou les guider dans leur nouvelle situation! le tourment qu’ils éprouvent alors les porte à détester ces progrès de la civilisation auxquels seuls ils ont dù leur élévation ; ne pouvant s’agrandir , ils voudraient rabaisser les autres à leur néant, et , comme le tyran de la fable , retrancher tout ce qui dépasse leur faible niveau. Le despotisme de l’ignorance est le plus funeste de tous , parce qu’étant le moins durable , il est le moins patient , et celui dont * on veut le plus tôt profiter. L’homme, porté aux jouissances de la vie , sans morale et sans religion, est un spectacle hideux, qui corrompt les mœurs, dégrade la dignité du travail, fait voir un abus dans la liberté et une honte sociale dans l’acquisition rapide des richesses. L’ignorance jadis était en harmonie avec les autres maux, et elle aidait même à les supporter ; elle dérobait la vue des jouissances interdites , elle empêchait les regrets , en ôtant les espérances ; la liberté est venue distribuer les fruits de l’arbre de la science , et en faire sentir la douceur et le poison. L’homme, appelé à toutes les fonctions dans un gouvernement libéral, à toutes les richesses dans un pays in-
dustrieux , ne peut se relever que par l’éducation de ces deux faveurs terribles du destiu. Mais qu’on ne croie pas que sans elle il puisse même parvenir si facilement au bonheur; le champ de l’industrie a beau être ouvert, il faut pouvoir vaincre dans la lice ; le bien-être est sans doute offert à plus de çoncurrens , mais la protection s’est retirée des faibles. Ces grandes existences qui couvraient l’infortune de leur manteau , ces rameaux superbes sous lesquels le pauvre trouvait un abri , ont disparu : on évaluait autrefois le travail , on le paie aujourd’hui seulement sa valeur; on accueillait l’homme malheureux comme un protégé, on le juge comme un égal ; il avait sans doute moins de chances pour s’élever , mais il était plus sür de vivre, et la généralité des droits a détruit pour lui l’individualité des bienfaits.
J’ai cherché à prouver, dans un autre ouvrage, combien l’éducation était utile dans toutes les classes de la société, et nécessaire surtout actuellement dans les classes inférieures; je voudrais prouver dans celui-ci qu’elle seule peut les conduire à adopter les inventions utiles en usage chez leurs voisins , à les perfectionner encore, à doubler leurs produits par plus d’intelligence dans leurs travaux , à s’attacher da-
Diqitizc
vantage à leur état , en voyant qu'ils peuvent y trouver plus de bien-être , plus de douceur. L’homme ignorant suit la routine de ses pères, il n’apprend d’eux que l’obéissance et la tradition; la plus utile innovation lui parait un crime ou un danger; l’instruction, au contraire, en donnant à l'homme de nouvelles idées, le dispose à plus de confiance , et par conséquent au perfectionnement et à l’imitation ; s’il découvre quelques meilleures méthodes, il lesemploie ; s’il les remarque dans les autres , il les imite : il faut donc le préparer à comprendre , pour qu’il parvienne à croire. C’est une grande erreur que celle qui consiste à ne donner de l’instruction que parmi les classes qui ont toutes les lumières , et à reléguer les travaux du corps parmi ceux qui en sont déjà surchargés : les lumières seraient utiles au contraire dans les individus que leurs occupations tendent à abrutir ; elles les reposeraient de leurs fatigues, en développant leur raison ; tandis que les exercices du corps , la gymnastique , introduits dans l’éducation des familles riches 1 , relèveraient leur stature, développeraient leurs organes, et leur donneraient cette force physique qu’avaient
i . Gymnastique de Saliman , 1799, in-8'1.
leurs pères , avec les lumières qui leur manquaient. Sans doute , ils ne devaient pas se laisser atteindre dans l’instruction par les classes inférieures ; mais que de temps et de moyens n’ont.-ils pas de plus qu’elles pour les tenir toujours à une longue distance! La science est comme le pouvoir qui s’augmente à mesure qu’il s’élève , ou qui se divise à mesure qu’il s’étend. Quelque multipliées que soient les connaissances utiles , la supériorité appartiendra toujours à ceux qui auront la disposition de plus de temps pour l’acquérir , pourvu qu’ils aient le courage de s’y consacrer ; l’aristocratie des lumières suivra toujours celle de la fortune, et c’est moins par jalousie que par paresse que les gens puissans voudraient laisser le peuple dans l'ignorance. Le monde est une grande franc-maçonnerie , où les grades chapitraux savent seuls les principales choses , mais où les frères servans doivent être initiés , pour qu’ils puissent se plaire à l'institution , et espérer parvenir comme les autres. Dans ce genre d’association, les hommes ne sont point supérieurs; ils sont plus élevés , ils ne sont point diderens; ils sont distincts, ils ne sont point non plus égaux , ils sont semblables ; les distinctions arbitraires seraient honteuses à leur dignité, l’é-
galité injuste à leur talent, la similitude est seule d’accord avec leur raison.
Cet ordre, admirable dans les idées comme dans les rangs, diminue les crimes, les vices mêmes , corrige de l’ivrognerie et de l’oisiveté , honore tous les genres de travaux. Si l’ignorance empêche ailleurs de se plaindre des fonctions serviles , ici la raison les fait exercer avec courage , parce qu’elle ne voit de honte que dans la paresse , d’esclavage que dans la dépendance des autres, de bassesse que dans les inclinations vicieuses : plus on se sent distingué par ses connaissances, ou élevé par ses sentimens , moins on se sent abaissé par ses besoins . On se considère comme doué des mêmes facultés , et destiné à la même vie future que les hommes les plus puissans : tout ce qui élève au-dessus des passions , dispose à être moins humilié de ce qu’elles souffrent; une aine saine donne du goût aux occupations les plus communes, comme la santé fait trouver bon les alimensles plus simples. Celui qui sait le mieux supporter le bien et le mal, dit Rousseau, est le mieux élevé ; et on pourrait dire que le mieux élevé supportera le mieux le bien et le mal.
Sans doute quelques individus, dans les dcr-
niers temps , ont abusé de leur talent pour e*~ citer des troubles ; mais c’est surtout dans l’ignorance qu’ils ont trouvé de l’appui: s’ils n’avaient rencontré que des hommes instruits, peu susceptibles de séduction et d’entrainement, ils n’auraient point réussi , ou plutôt ils n’auraient point cherché à leur en imposer; c’est pour n’avoir plus rien à craindre de l’instruction qu’il faut instruire , c’est pour n’être plus ni brûlé, ni même ébloui par les lumières qu’il est utile de les répandre partout
On ne saurait donc trop encourager l’instruc-
i . Sans doute les progrès de l’industrie et de l’aisance n^tltiplient les candidats au pouvoir , mais ils augmentent aussi le nombre des gens capables de comprendre leurs véritables intérêts dans le maintien des lois existantes ; ils diminuent cette masse du peuple , active , méchante , envieuse , toujours prête à seconder les factions : véritable instrument d’anarchie ou de despotisme. Lorsqu’un homme sent qu’il peut atteindre par lui-même et sans beaucoup d’efforts le bien-être qu’il devrait acheter par le crime et le danger des supplices , il s'attache à son soit, à son pays; il est moins occupé à envahir la position des autres que de défendre la sienne , et toutes ces défenses réciproques produisent une garantie générale ; il peut y avoir dans ce pais quelques guerres civils,. quelques troubles partiels , il n'y aura jamais ni révolution ni tyrannie.
tton dans toutes les classes , autant pour le bon* heur des peuples que pour la tranquillité des rois , et les hommes riches et bienfaisans qui s’occupent de ce soin font l’aumône la plus utile et la plus méritante de toutes ; ils font plus que de subvenir aux besoins, ils les préviennent, ils procurent aux malheureux les meilleures armes contre l'adversité, soit pour la surmonter par des talens, soit pour la braver par des vertus.
Les avantages d’une instruction générale une fois reconnus , on n’a encore rien fait si tous les efforts ne se portent pas à les réaliser, et c’est encore au système d’association 1 que ces merveilleux avantages seront dus et à l’excellente méthode de Y enseignement mutuel que le prin-* cipe d’association a propagé.
1 . La société fondée à Paris, en i8i5 , pour introduire et propager le système d’enseignement mutuel , est parvenue, en moins de deux ans, de quinze ou vingt souscripteurs , à près de mille. De tous côtés , des sociétés se forment dans les départemens à peu près sur les mêmes bases , et correspondent avec elle ; le zèle des membres qui la composent, leur union, leurs succès, suffisent pour prouver combien ce que nous avons dit des avantages du principe d’association est encore au-dessous de la vérité.
Jamais une institution n'a produit , dans un espace de temps aussi court , de plus étonnans résultats et fait espérer de plus grands succès j en moins de deux ans , trois cents écoles environ ont été fondées; quinze sociétés se sont formées dans les départemens sur les mêmes bases que celle de Paris ; les deux tiers des départemens ont adopté la méthode, et on a pu déjà entrevoir l’époque où il n’y aura pas un individu en France qui ne saura lire , écrire et compter, qui ne connaîtra la morale et la religion , et enfin qui sera inférieur à un autre en sentimens élevés et en connaissances utiles.
Le principe d’association a agi , pour parvenir à ce but si désiré , de la même manière que nous l’avons vu opérer en faveur de l’agriculture et de l’industrie. Ainsi des sociétés d’éducation se sont formées pour établir la théorie , et ont fondé des écoles pour en faire l’application , de même que les sociétés d’agriculture inventent ou transmettent les nouveaux procédés et dirigent des fermes expérimentales pour les mettre en pratique. Les sociétés d’éducation de province correspondent avec la société centrale de Paris , et les écoles de province se forment également par l’envoi de moniteurs pris des écoles centrales ; les unes et les autres
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s’adressèrent partout aux autorités pour réclamer leur appui, obtenir des locaux, régler leur discipline, mais elles ne dépendent point d’elles, et les améliorations de tous genres sont dues à la faveur , au zèle de chacun de leurs membres , zèle qui ne peut se manifester que dans l’indépendance et avec l’admirable moyen de l’association.
Ce principe fécond , qui porte avec lui sa récompense , établit sur-le-champ une notoriété, une circonscription d’utilité et de considération nécessaires à l’homme le plus modeste , sinon pour le faire valoir, du moins pour le faire écouter , pour rendre efficaces son zèle et ses travaux. La formation des sociétaires en conseils d’administration établit sur-le-champ une division de travail que ne pourrait remplacer l’individu le plus actif; les différens comités, en se partageant la besogne, l’accélèrent, et, en un moment , tous les moyens d’application, toutes les difficultés , toutes les ressourcés , sont connus '. Une association est un individu composé de toutes les volontés, de tous les moyens,
i . Voye* , pour les détails de cette association , le Journal cniducation publié par la société, et contenant ses règlemens et les comptes rendus de scs travaux.
et qui a, dans une province, l’influence de toutes les situations. Un des avantages même de la nouvelle méthode d’éducation, est de participer à la puissance de ce principe d’association , qui ne laisse aucun effort inutile , aucun moment perdu. L’école est divisée en autant de classes ou petites sociétés , occupées , chacune dans son degré de capacité, à former des lettres , des mots , des phrases, à les écrire, à les répéter ; leurs régens ou moniteurs sont désignés par elles ; toute leur administration , leur discipline , leur action leur appartient , et l’instituteur , semblable au chef d’une monarchie raisonnable, n’est que le surveillant du mouvement général ; ce degré d’autorité et d’indépendance dans les enfans comme dans les hommes , cette même intervention dans leurs affaires , excite au plus haut point leurs sentimens , leur attention , et accélère beaucoup les progrès de leurs études.
Les enfans sont partout un petit peuple particulier , ayant ses inclinations; ses moeurs , ses vices , qu’il faut étudier pour les vaincre ou les adoucir; ce sont de jeunes plantes, dont la greffe seule peut améliorer la nature grossière. On en compte en France trois millions, de l’àge de six à douze ans , dont le quart à peine
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reçoit aujourd’hui de l’éducation. Rien n’arrête , n’interrompt dans les autres la transmission des principes vicieux ou de l’ignorance de leurs pères. C’est dans le moment où les inventions utiles augmentent si fort les produits, qu’ils sont hors d’état d’en apprécier les avantages, et lorsque la nature du gouvernement leur permettrait plus d’intervention, qu’ils sont moins capables d’y participer; l’instruction est le seid moyen de fonder dans les campagnes le bien-être et le repos, d’élever une muraille entre le passé et l’avenir, entre les idées révolutionnaires et l’ordre constitutionnel. Platon avait raison de dire que , pour jeter les fondemens d’une bonne politique, il fallait commencer par l’éducation des enfans destinés à la maintenir '. Aristote observait également que rien ne contribuait autant à la permanence d’un établissement civil , ou autrement d’un gouvernement, qu’une éducation propre à cet établissement *; il se plaint de la négligence qu’on apporte à cet égard. Cicéron va plus loin , il veut que les enfans sachent par cœur la loi des Douze Tables comme un cantique
i. Euthyphron , p. a; idem, de Legibus, VI, p. 76a.
a. Polit., lib. V, cap’. IX, p. i5o, cd. Francfort; idem, lib. I, cap. II. Senec., ep. III. Plut, in Cic., p. 884.
nécessaire, ut carmen necessarium ' ; et il serait à désirer également parmi nous que tous les enfans sussent la charte, afin de la suivre et de la protéger, afin d’être en état de bien connaître leurs devoirs et leurs droits , pour se conformer aux uns et ne pas abuser des autres.
Ces efforts de tous les hommes attachés à leur pays, pour un but si important, si utile, ne pouvaient manquer d’entraîner le gouvernement qui doit toujours se conformer à l’esprit delà majorité, et la chose eut lieu, en effet, après la révolution de i83o, la loi instamment sollicitée en faveur de l'instruction primaire a été rendue et on est d’accord qu’elle satisfait à tous les vœux ; mais pour qu’elle reçoive son exécution , pour qu’elle produise les heureux effets qu’on doit en attendre , il ne faut pas se ralentir et cesser de seconder l’action de l’autorité ; ce n’est point un échange de fonction, mais leur accord, leur union qui peut seule parvenir au but le plus élevé auquel la nation puisse prétendre, celle de faire participer tous ses membres aux mêmes lumières, aux mêmes seutimens et bientôt après à la même aisance.
i . De Lcg. , lib. II , se et . a3.