‹ De l'esprit d'association dans tous les interêts de la communautéChapitre 61 sur 77 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Des associations académiques et littéraires.

Disputant .upcr ligni , , a rcdro qu* est in Libano, us.,ue •d hjuopum Sae egreditur e p»riele , et disserunt de jument.. , et volucnbus , et replilibu» , et piscibus.

.... , R'g'. DI. cap. IV, v. 33.

Mult.tudo sapientiuin sanitas est orbis terrarum.

• ,. . . &P*. «P- VI, v. a6.

Et,, diviltæ appetuntur in vit. , quiJ „pienlia locuple-

tius quæ operatur omnia ? Sap., cap. vxu, v. 5.

4 Non , ce n’est point une idée fantastique , un rêve extravagant, que ce projet du célèbre Bacon *, de former une association générale parmi ceux qui se livrent à l’étude des sciences et des lettres dans le monde , de leur fournir tous les moyens, toute l’assistance, pour qu’ils puissent se consacrer uniquement à leurs tra- •

Bacon, de Augm. Scient., lib. II, et ]a nouvelle

vaux , se communiquer leurs recherches , et profiter mutuellement de leurs lumières pour le bonheur des hommes. Ne l’avons-nous pas vue réalisée de nos jours cette idéeh'eureyse au milieu des guerres les plus sanglantes! Les sociétés savantes correspondaient entre elles comme en pleine paix ; des passe-ports , des recortimandations étaient accordés aux expéditions lointaines des sauve-gardes garantissaient les bibliothèques , les établissemens publics, et un étranger recevait à l'unanimité le prix proposé par le premier corps savant de l’Europe

En effet , l’étude des hautes sciences , les charmes de la poésie , les prestiges des arts , élèvent les hommes au-dessus des passions communes : elles les unissent par des liens trop forts , pour céder à des considérations vulgaires; et l’esprit d’association se retrouverait parmi les hommes studieux et éclairés, s’il se perdait dans le monde. Le nom même de savant est synonyme en hébreu de celui d'associé , tant il paraît naturel de supposer que les con-

i. Passe-port9 accordés à Lapeyrousc et aux autres expéditions de ce genre.

a. Sir Humpkrey d’Avy , pour le prix du galvanisme , vu 180g.

naissances profondes ont besoin de se prêter un mutuel appui'. L’élude ne s’accommode pas de l’isolement , dit Cicéron ; elle veut des compagnons de ses travaux , tantôt pour les instruire , tantôt pour apprendre elle-même , tantôt pour écouter, tantôt pour discourir *. De là ces collèges de prêtres égyptiens , de lévites ; ces sectes de philosophes de la Grèce, premiers modèles de l’association des enfans du génie. On voyait , dans les bosquets de l’Académie , ces réunions d’hommes passionnés pour la connaissance de la nature et de la Divinité, ayant abandonné leur famille, le monde, et les affections les plus tendres , pour se livrer uniquement à l’étude : une allée séparait les systèmes, Zenon apprenait à supporter les peines de la vie , Epicure à jouir de ses biens , Socrate annonçait le vrai Dieu, Platon la vraie sagesse. Doctes entretiens! sublimes rêveries! qui , dispersés bientôt par la conquête, ne reparurent plus qu’un moment sous les beaux ombrages de Tusculum.

Après tant de siècles de barbarie, il est doux

i. Vockerodt., Intr. in not. Soc. Lit., p 56, cap. 1, * sec. V.

Page 1