SECTION VIII
De ce qui constitue le bonheur des individus; de la base sur laquelle on doit édifier la félicité nationale, nécessairement composée de toutes lesjélicités 'particulières.
—Les hommes ont faim et soif; ils ont besoin de coucher avec leurs femmes, de dormir, etc.. Des vingt-quatre heures de la journée, ils en emploient dix ou douze à pourvoir
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à ces divers besoins. Au moment qu'ils les satisfont, depui le marchand de peaux de lapin jusqu'au prince, tous son également heureux.
En vain dirait-on que la table de la richesse est plu: délicate que celle de l'aisance. L'artisan est-il bien nourri' Il est content. La différente cuisine des différents peuple! prouve, comme je l'ai déjà dit, que la bonne chère est h chère accoutumée.
Jl est donc dix ou douze heures de la journée où touî les hommes assez aisés pour se procurer leur nécessaire peuvent être également heureux. Quant aux dix ou douz< autres heures, c'est-à-dire* à celles qui séparent un besoin renaissant d'un besoin satisfait, qui doute que les hommej n'y jouissent encore de la même félicité, s'ils en font communément le même usage, et si presque tous le consacrenl au travail, c'est-à-dire, à l'acquisition de l'argent nécessaire pour subvenir à leurs besoins? Or, le postillon qui court, le charretier qui voiture, le commis qui enregistre, tous, dans leurs divers états, se proposent ce même objet. Ils font donc en ce sens le même emploi de leur temps.
En est-il ainsi de l'opulent oisif? Ses richesses fournissent sans travail à tous ses besoins, à tous ses amusements : j'en conviens. En est-il plus heureux ? Non : la nature ne multiplie pas en sa faveur les besoins de la faim, de l'amour, etc.. Mais cet opulent remplit d'une manière plus agréable l'intervalle qui sépare un besoin satisfait d'un besoin renaissant? J'en doute.
L'artisan est sans contredit exposé au travail. Mais le riche oisif l'est à l'ennui. Lequel de ces deux maux est le pire? Si le travail est généralement regardé comme un mal, c'est que, dans la plupart des gouvernements, l'on ne se procure le nécessaire que par un travail excessif ; c'est que l'idée du travail rappelle en conséquence toujours l'idée de la peine.
Le travail cependant n'en est pas une en lui-même.
L'habitude nous le rend-elle facile? Nous occupe-t-îl sans trop nous fatiguer? Le travail, au contraire, est un bien. Que d'artisans devenus riches continuent encore leur commerce, et ne le quittent qu'à regret, lorsque la vieillesse les y contraint ! Rien que l'habitude ne rende agréable Dans l'exercice de sa charge, de son métier, de sa profession, de son talent, le magistrat qui juge, le serrurier qui forge, l'huissier qui exploite, le poète et le musicien qui composent, tous goûtent à peu près le même plaisir, et dans leurs travaux divers trouvent également le moyen d'échapper au mal physique de l'ennui. L'homme occupé est l'homme heureux.
— Le malheur presque universel des hommes et des peuples dépend de l'imperfection de leurs lois et du partage trop inégal des richesses. Il n'est, dans la plupart des royaumes, que deux classes de citoyens : l'une qui manque du nécessaire, l'autre qui regorge de superflu. La première ne peut pourvoir à ses besoins que par un travail excessif. Ce travail est un mal physique pour tous : c'est un supplice pour quelques-uns. La seconde classe vit dans l'abondance, mais aussi dans les angoisses de l'ennui. Or, l'ennui est un mal presque aussi redoutable que l'indigence.
La plupart des empires ne doivent donc être peuplés que d'infortunés. Que faire pour y rappeler le bonheur? Diminuer la richesse des uns; augmenter celle des autres ; mettre le pauvre en un tel état d'aisance qu'il puisse, par un travail de sept ou huit heures, abondamment subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille.
— Dans l'état actuel de la plupart des nations, que le gouvernement, frappé de la trop grande disproportion des fortunes, veuille y remettre plus d'égalité, il aura sans doute mille obstacles à surmonter. Un semblable projet conçu avec sagesse ne doit et ne peut s'exécuter que par des changements continus et insensibles ; mais ces changements sont possibles.
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Que les lois assignent quelque propriété à tous les |
citoyens, elles arracheront le pauvre à l'horreur de l'indi- |
gence, et le riche au malheur de l'ennui. Elles rendront i l'un et l'autre plus heureux.
— En France, par exemple, mille devoirs de société, I inconnus aux autres nations, y ont été inventés par l'ennui. Une femme se marie; elle accouche. Un oisif l'apprend : il I s'impose à tant de visites ; va tous les jours à la porte de I l'accouchée, parle au Suisse, remonte dans son carrosse, I et va s'ennuyer ailleurs.
De plus, cet oisif se condamne chaque jour à tant de j billets, à tant de lettres de compliments écrites avec dégoût, et lues de même.
L'oisif voudrait éprouver à chaque instant des sensations j fortes. Elles seules peuvent l'arracher à l'ennui. A leur I défaut, il saisit celles qui se trouvent à sa portée . Je suis seul ; j'allume du feu. Le feu fait compagnie. C'est pour I éprouver sans cesse de nouvelles sensations que le Turc et i le Persan mâchentperpétuellement, l'un son opium, l'autre I son bétel.
Le Sauvage s'ennuie-t-il? Il s'assied près d'un ruisseau, et fixe les yeux sur le courant. En France, le riche, pour la même raison, se loge chèrement sur le quai des Théatins. Il voit passer les bateaux ; il éprouve de temps en temps ! quelques sensations. C'est un tribut de trois ou quatre il mille livres que l'oisif paie tous les ans à l'ennui, et dont l'homme occupé eût pu faire présent à l'indigence. Or, si les Grands, les riches, sont si fréquemment et si fortement attaqués de la maladie de l'ennui, nul doute qu'elle n'ait une grande influence sur les mœurs nationales.
— On fait maintenant peu de cas de l'amour platonique: on lui préfère l'amour physique; et celui-ci n'est pas réellement le moins vif. Le cerf est-il enflammé de ce dernier amour? De timide, il devient brave. Le chien fidèle quitte son maître, et court après la lice en chaleur. En est-il
séparé? Il ne mange point: tout son corps frissonne, il pousse de longs hurlements. L'amour platonique fait-il plus? Non : je m'en tiens donc à l'amour physique. C'est pour ce dernier que M. de Buffon se déclare, et je pense, comme lui, que de tous les amours c'est le plus agréable, excepté cependant pour les désœuvrés.
Une coquette est pour ces derniers une maîtresse délicieuse. Entre-t-elle dans une assemblée vêtue de cette manière galante, qui permet à tous d'espérer ce qu'elle n'accordera qu'à très peu? L'oisif s'éveille; sa jalousie s'irrite; il est arraché à l'ennui. Il faut donc des coquettes aux oisifs, et de jolies filles aux occupés.
La chasse des femmes, comme celle du gibier, doit être différente selon le temps qu'on veut y mettre. N'y peut-on donner qu'une heure ou deux? On va au tiré. Ne sait-on que faire de son temps? Veut-on prolonger son mouvement? Il faut des chiens courants, et forcer le gibier. La femme adroite se fait longtemps courir par le désœuvré.
Au Canada, le roman du Sauvage est court. Il n'a pas le temps de faire l'amour. Il faut qu'il pêche et qu'il chasse. Il offre donc l'allumette à la maîtresse ; l'a-t-elle soufflée? Il est heureux. Si l'on avait à peindre les amours de Marius et de César, lorsqu'ils avaient en tête Sylla et Pompée, ou le roman ne serait pas vraisemblable, ou, comme celui du Sauvage, il serait très court. Il faudrait que César y répétât : je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu.
Si l'on décrivait, au contraire, les amours champêtres des bergers oisifs, il faudrait leur donner des maîtresses délicates, cruelles, et surtout fort pudibondes. Sans de telles maîtresses, Céladon périrait d'ennui.
— Chez une nation occupée, on met peu d'importance à l'amour. Il est inconstant, aussi peu durable que la rose. Tant que l'amant en est aux petits soins, aux premières faveurs, c'est la rose en bouton. Aux premiers plaisirs, le bouton s'ouvre, et découvre la rose naissante. De nouveaux
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plaisirs 1 épanouissent entièrement. A-t-elle atteint toute sa beauté? La rose se flétrit, ses feuilles se détachent, elle meurt pour refleurir l'année suivante, et l'amour pour renaître avec une maîtresse nouvelle.
— En Europe, nos femmes atteignent-elles un certain âge ? Quittent-elles le rouge, les amants, les spectacles ? Elles tombent dans un ennui insupportable. Que faire pour s'y soustraire ? Substituer de nouvelles occupations aux anciennes, se faire dévotes, se créer des, devoirs pieux, aller tous les jours à la messe, à vêpres, au sermon, en visite chez un directeur, s'imposer des macérations. On aime mieux encore se macérer que s'ennuyer. Mais à quel âge cette métamorphose s'opère-t-elle ? Communément à quarante-cinq ou cinquante ans. C'est pour les femmes le temps de l'apparition du diable. Les préjugés alors le représentent vivement à leur imagination.
Il en est des préjugés comme des fleurs de lys : l'empreinte en est quelque temps invisible ; mais le directeur et le bourreau la font à leur gré reparaître. Or, si l'on cherche jusque dans une dévotion puérile le moyen d'échapper à l'ennui, il faut donc que cette maladie soit bien commune et bien cruelle. Quel remède y apporter? Aucun qui soit efficace. On n'use, en ce genre, que de palliatifs : les plus puissants sont les arts d'agrément et c'est en faveur des ennuyés que, sans doute, on les perfectionna.
— A-t-on des idées claires et vraies? Ce n'est point assez. Il faut, pour les communiquer aux autres, pouvoir encore les exprimer nettement. Les mots sont les signes représentatifs de nos idées. Elles sont obscures, lorsque les signes le sont, c'est-à-dire, lorsque la signification des mots n'a pas été très exactement déterminée. En général, tout ce qu'on appelle tours et expressions heureuses ne sont que les tours et les expressions les plus propres à rendre nettement nos pensées. C'est donc à la clarté que se réduisent presque toutes les règles du style.
Pourquoi le louche de l'expression est-il, en tout écrit, réputé le premier des vices ? C'est que le louche du mot s'étend sur l'idée, l'obscurcit, et s'oppose à l'impression vive qu'elle ferait.
Pourquoi veut-on qu'un auteur soit varié dans son style et le tour de ses phrases? C'est que les tours monotones engourdissent l'attention, c'est que l'attention, une fois engourdie, les idées et les images s'offrent moins nettement à notre esprit, et ne font plus sur nous qu'une impression faible.
Pourquoi exige-t-on précision dans le style? C'est que l'expression la plus courte, lorsqu'elle est propre, est toujours la plus claire, c'est qu'on peut toujours appliquer au stvle ces vers de Despréaux :
Tout ce qaon dit de trop est fade et rebutant : Desprit rassasié le rejette à l'instant.
Pourquoi désire-t-on pureté et correction dans tout ouvrage? C'est que l'un et l'autre y portent la clarté.
Pourquoi lit-on enfin avec tant de plaisir les écrivains qui rendent leurs idées par des images brillantes ? C'est que leurs idées en deviennent plus frappantes, plus distinctes, plus claires, et plus propres enfin à faire sur nous une impression vive. C'est donc à la seule clarté que se rapportent toutes les règles du style.
Mais les hommes attachent-ils la même idée au mot style? On peut prendre ce mot en deux sens différents. Ou l'on regarde uniquement le style comme une manière plus ou moins heureuse d'exprimer ses idées, et c'est sous ce point de vue que je le considère. Ou l'on donne à ce mot une signification plus étendue, et l'on confond ensemble et l'idée et l'expression de l'idée. C'est en ce dernier sens que M. Beccaria, dans une dissertation pleine d'esprit et de sagacité, dit que, pour bien écrire, il faut meubler sa mémoire d'une infinité d'idées accessoires au sujet qu'on
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traite. En ce sens, l'art d'écrire, est l'art d'éveiller dans l! lecteur un grand nombre de sensations, et l'on ne manqu de style que parce qu'on manque d'idées.
— Racine, Corneille ou Voltaire mettent-ils un héroj en scène? Ils lui font dire de la manière la plus courte) la plus élégante et la plus harmonieuse, précisément c| qu'il doit dire. Nul héros cependant n'a tenu de tels disl cours. Il est impossible que Mahomet, Zopire, Pompéel Sertorius, etc., quelque esprit qu'on leur suppose, aient i° toujours parlé en vers ; 20 qu'ils se soient toujours ser vis dans leurs entretiens, des expressions les plus courtes e les plus précises; 3° qu'ils aient sur-le-champ prononce les discours que deux autres grands hommes, tels qu< Corneille et Voltaire, ont été quelquefois quinze jours 01 un mois à composer.
En quoi les grands poètes imitent-ils donc la nature ! En faisant toujours parler leurs personnages conformément à la passion dont ils les animent.
— Je suppose qu'un poète ait à décrire les jardins d( l'Amour. Jamais le sifflement mortel et glacial de Borét ne s'y fait entendre, c'est le zéphyr qui, sur des ailes d( roses, le parcourt pour en épanouir les fleurs, et se chargei de leurs odeurs. Le ciel en ce séjour est toujours pur ei serein. Jamais l'orage ne l'obscurcit. Jamais de fange dans les champs, d'insectes dans les airs et de vipères dans les bois. Les montagnes y sont couronnées d'orangers et de grenadiers en fleurs, les plaines couvertes d'épis ondoyants, les vallons toujours coupés de mille ruisseaux, ou traversés par un fleuve majestueux dont les vapeurs, pompées par le soleil et reçues dans le récipient des cieux, ne s'y condensent jamais assez pour retomber en pluie sur ial terre.
La poésie fait-elle dans ce jardin jaillir des fontaines d'ambroisie, grossir des pommes d'or ? Y a-t-elle aligné des bosquets? Conduit-elle l'Amour et Psyché sous leurs!
ombrages ? Y sont-ils nus, amoureux et dans les bras du plaisir ? Jamais par sa piqûre une abeille importune ne les distrait de leur ivresse. C'est ainsi que la poésie embellit la nature, et que de la décomposition des objets déjà connus elle recompose des êtres et des tableaux dont la nouveauté excite la surprise, et produit souvent en nous les impressions les plus vives et les plus fortes.
— Par quelle raison, en effet, attend-on toujours de la possession d'un objet plus de plaisir que cette possession ne vous en procure? Pourquoi tant de déchet entre le plaisir espéré et le plaisir senti? c'est que, dans le fait, on prend le temps et le plaisir comme il vient, et que, dans l'espérance, on jouit de ce même plaisir sans le mélange des peines qui presque toujours l'accompagnent.
Le bonheur parfait et tel qu'on le désire ne se rencontre que dans les palais de l'espérance et de l'imagination. C'est là que la poésie nous peint comme éternels ces rapides moments d'ivresse que l'amour sème de loin en loin dans la carrière de nos jours. C'est là qu'on croit toujours jouir de cette force, de cette chaleur de sentiments éprouvée une fois ou deux dans la vie, et due sans doute à la nouveauté des sensations qu'excitent en nous les premiers objets de notre tendresse. C'est là qu'enfin, s'exagérant la vivacité d'un plaisir rarement goûté et souvent désiré, on se surfait le bonheur de l'opulent.
Que le hasard ouvre à la pauvreté le salon de la richesse, lorsqu'éclairé de cent bougies ce salon retentit des sons d'une musique vive; alors, frappé de l'éclat des dorures et de l'harmonie des instruments : que le riche est heureux ! s'écrie l'indigent. Sa félicité l'emporte autant sur la mienne que la magnificence de ce salon l'emporte sur la pauvreté de ma chaumière. Cependant il se trompe, et, dupe de l'impression vive qu'il reçoit, il ne sait point qu'elle est en partie l'effet de la nouveauté des sensations qu'il éprouve, que l'habitude de ces sensations émoussant leur vivacité lui
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rendrait ce salon et ce concert insipides, et qu'enfin ces I plaisirs des riches sont achetés par mille soucis et mille I inquiétudes. L'indigent a, par des abstractions, écarté des I richesses tous les soins et les ennuis qui les suivent.
— Rien de plus difficile à amuser que la passive oisi- I veté. Tout la dégoûte. C'est ce dégoût universel qui la rend I juge si sévère des beautés des arts et qui lui fait exiger I tant de perfection dans leurs ouvrages. Plus sensible et I moins ennuyée, elle serait moins difficile.
— Le désir est le mouvement de Tarne ; privée de désirs, I elle est stagnante. 11 faut désirer pour agir, et agir pour I être heureux.
— On ne jouit vivement qu'en espérance. Le bonheur I réside moins dans la possession que dans l'acquisition des I objets de nos désirs.
Pour être heureux, il faut qu'il manque toujours quelque 1 chose à notre félicité. Ce n'est point après avoir acquis I vingt millions, mais en les acquérant, qu'on est vraiment I fortuné. Ce n'est point après avoir prospéré, c'est en pros- I pérant qu'on est heureux. L'âme, alors toujours en action, I toujours agréablement remuée, ne connaît point l'ennui. I
— Si le premier j'ai prouvé la possibilité d'une égale I répartition de bonheur entre les citoyens, et géométrique- I ment démontré cette importante vérité, je suis heureux ; je I puis me regarder comme le bienfaiteur des hommes, et me i dire : Tout ce que les moralistes ont publié sur l'égalité I des conditions; tout ce que les romanciers ont débité dui) talisman d'Orosmane n'était que l'apercevance , encore | obscure, de ce que j'ai prouvé.
Si l'on me reprochait d'avoir trop longtemps insisté sur j cette question, je répondrais que la félicité publique, sel composant de toutes les félicités particulières pour savoir \\ ce qui constitue le bonheur de tous, il fallait savoir ce qui j constitue le bonheur de chacun; et montrer que, s'il n'est J point de gouvernement où tous les hommes puissent être i
également puissants et riches, il n'en est aucun où ils ne puissent être également heureux; qu'enfin il est telle législation où (sauf des malheurs particuliers) ils n'y auraient d'autres infortunés que des fous.
Mais une égale répartition de bonheurs entre les citoyens suppose une moins inégale répartition des richesses nationales. Or, dans quel gouvernement de l'Europe établir maintenant cette répartition ? L'on n'en aperçoit point sans doute la possibilité prochaine. Cependant l'altération qui se fait journellement dans la constitution de tous les empires prouve qu'au moins cette possibilité n'est point une chimère platonicienne.