IV. PHYSIOLOGIE
J. 93. Ce n'est qu'après avoir acquis les connois- $ances anatomiques, physiques et chimiques , qu'on
est propre à l'élude de la physiologie, science dans laquelle les fonctions de l'homme en état de santé sont expliquées.
Il est évident qu'on ne peut se former une idée juste des fonctions qu'autant que Ton connoit déjà la structure humaine, et qu'il est irrégulier de commencer les études médicales en suivant en même temps l'anatomie et la physiologie. Le corps humain est subordonné aux lois générales, les propriétés enseignées parla physique et l'analyse opérée, parla chimie lui sont applicables, et c'est par cette, raison que la physique et la chimie, tant générales que médicales, fournissent des connoissances inlroductoires à la physiologie. Voilà pourquoi les sys- , tèmes physiologiques ont changé avec les opinions qu'on s'étoit formées en divers temps des puissances agissant sur l'homme vivant. De là une physiologie galénique, paracelsique, cartésienne, ne wtonienne; et les chimistes modernes préparoient une physiologie pneumatique. Mais indépendamment des lois générales de la nature qu'on étudie dans la physique et dans la chimie, il y a une cause particulière qui agit sur les corps organisés ét qu'on nomme la vie. Toujours connue et désignée sous diverses dénominations, on n'en a étudié les propriétés et les effets sur l'économie animale que dans les derniers temps, et on a vu les lois de la physique et de la chimie subordonnées à son influence $ de
sorte qu'au lieu d'expliquer les phe'nomènes du corps vivant par les fermentations, la philosophie corpusculaire ou les lois mécaniques , on a eu égard aux propriétés vitales, comme cause première des effets physiques ou chimiques de l'économie animale.
J. 93. Il re'sulte de ces considérations, qu'il faut apporter dans le cours de physiologie des connoissances anatomiques , physiques et chimiques , pour être apte à saisir tout ce qui doit y être enseigne'; que la physiologie est cependant une science particulière, fondée sur des principes qui lui sont propres, et qui sont le résultat de 1'ohservation du corps vivant en état de santé ; que les détails anatomiques y sont aussi déplacés que les expériences physiques ou chimiques; et que, d'un autre côté, la physiologie médicale est incomplète quand on néglige d'étudier lés systèmes qui, quoique abandonnés avec raison, ont eu une grande influence lur la médecine proprement dite, c'est-à-dire, sur le traitement des maladies.