XI. MÉDECINE
J. 107. Après avoir fixé les principes généraux de la connoissance et du traitement des maladies, il faut entrer dans leur détail. En procédant d'une manière philosophique , on remarque entre toutes les maladies une liaison telle quelles forment un seul corps de doctrine , et on y arrive , soit en développant avec sagacité les fondemens de la pathologie générale, soit en suivant la roule inverse, parlant des maladies individuelles, et composant leur système d'après leurs affinités. Cette manière de distrihuer les maladies n'est pas usitée , et on
^n'a pas tort d'admettre celle qui répond aux convenances de la pratique. L'homme le plus instruit ne peut pas se vouer au traitement de toutes les maladies; il est principalement ou médecin, ou
0 chirurgien, ou accoucheur : et, de la même manière, on divise la doctrine sur les maladies en médecine, chirurgie et accouchemens. Chacune de ces sciences est composée de la pathologie et de la thérapeutique, de sorte qu'il y a une pathologie médicale ou interne , une pathologie chirurgicale ou externe; une thérapeutique médicale, et une autre chirurgicale. Mais un traité séparé de pathologie, et un aulre de thérapeutique spéciale, sont moins intéressans, et amènent dos répétitions inutiles, au lieu que la réunion de la pathologie et dè la théra-
peutique spéciale répand toute la clarté nécessaire sur l'histoire d'une maladie : ainsi on enseigne dans un cours la pathologie et la thérapeutique médicales, dans un autre cours la pathologie et la thérapeutique chirurgicales; et les accouchemens sont traités de la même manière.
§. 108. Le cours de médecine interne, qui comprend la pathologie et la diérapeutique spéciales , est destiné à l'explication des dilFérentes maladies , de leurs noms, symptômes, causes, événemens et traitemens. Elles sont distrihuées en espèces, genres, classes, familles, suivant le principe adopté par chaque auteur dans son système , auquel on donne communément le nom de nosologie.
Les systèmes nosologiques sont utiles à l'instruc- * tion, parce que les matières y sont traitées dans un ordre au moyen duquel les maladies, rapprochées par leurs caractères communs , sont expliquées plus facilement Plus un système est bien choisi, plus vite on avance dans la connoissance des objets qu'il renferme. Il faut cependant se garder de donner trop d'importance à un système favori; car il ne conduit qu'à une nomenclature , et il n'y en a aucun de parfait. L'objet vrai du cours de médecine , c'est de donner un traité explicatif de tout ce qui concerne l'histoire d'une maladie.
J. 309. Le médecin ne sait pas quelle est la
maladie qu'il sera appelé' à traiter. Dès qu'il arrive , il est tenu de débrouiller le chaos des symptômes, de faire les questions convenables pour s'éclairer sur la nature du mal, d'établir un pronostic probable , et de procéder au traitement. Quelque grand que soit le nombre des maladies, il ne doit pas en ignorer une seule. Son cours de médecine doit donc être tellement complet, qu'il soit en état d'arriver par l'analyse au vrai diagnostique ; et il ne pourra apprendre les élémens d'objets aussi nombreux qu'en y consacrant une année entière. Il y a peu de cours , dans la carrière me'dicale, où il soit aussi nécessaire de dévorer tout ce qui tient à une connoissance approfondie; il y faut écrire, s'il est possible, le discours entier du professeur, qui sera, pour le jeune me'decin , le fondement auquel il rapportera ce que ses lectures subséquentes lui apprendront sur tout ce qui est relatif aux maladies et à leurs diverses nuances. Ce manuscrit, rédigé par lui-même pendant ses éludes, rectifié et augmenté à mesure qu'il pratiquera , lui servira pendant un grand nombre d'années. Plus tard, il en composera un autre, s'il le juge à propos. Mais, quelle que soit un jour sa manière de voir, quand il sera un homme fait, il aura toujours un système quelconque , dans lequel il classera les observations et les réflexions, fruits de son expérience.