XVIII. HISTOIRE DE LA MÉDECINE
§. 125. L'histoire d'une science est une partie nécessaire de l'instruction , toutes les fois que celte science est fondée, en totalité ou dans quelquesunes de ses branches, sur la tradition. La médecine n'est pas dans ce cas ; ses principes sont tirés de \ l'observation et de l'expérience ; et on peut , sans inconvénient positif, ignorer un fait admis pendant des siècles comme théorème fondamental , dès que sa fausseté est suffisamment démontrée. Voilà pourquoi l'histoire de la médecine ne fait pas un des cours d'obligation de cette science. Un peu d'attention cependant fera sentir qu'elle a été négligée à tort L'histoire d'une science contient l'histoire des erreurs de l'esprit humain : les connoître c'est posséder les moyens de les éviter, tandis que par leur ignorance chaque homme est exposé à y retomber, comme nous le voyons tous les jours, en nous observant nous-mêmes , ou en regardant
autour de nous. Les opinions de théorie admises depuis long-temps dans les sciences ont très-souvent motive' , dans son exercice , des procèdes qui subsistent encore aujourd'hui , quoique le principe sur lequel cette pratique est fondée soit abandonné uis long -temps. Indépendamment de cela, l'histoire d'une science embellit l'esprit ; elle étend et généralise ses notions; elle le stimule, et lui trace la voie des découvertes.
§. 126. L'histoire de la médecine est générale ou particulière. La première contient l'état de toutes ses parties à des époques successives et déterminées ; elle en fait apercevoir l'ensemble dans un seul tableau, et elle en présente les rapports et l'influence mutuelle : mais elle ne peut pas entrer dans beaucoup de détails. Cet objet est réservé à l'histoire particulière, dans laquelle on peut faire des pas intéressans pendant l'étude de la science elle-même, soit qu'on lise un auteur qui réunit l'histoire à l'exposition de chaque partie de la science qu'il traite , soit que le professeur y porte son attention dans son cours. Mais, quand on veut connoître à fond l'histoire d'une science médicale, il faut s'occuper séparément de l'histoire de l'anatomie, de celle de la physiologie , de la botanique, de la matière médicale, de la médecine proprement dite, de la chirurgie, des accouchemens , etc. §. 127. Une partie bien intéressante de l'histoire
de la médecine est celle de la vie des auteurs : ces biographies sont honorables à nos prédécesseurs ; elles excitent l'émulation des générations présentes et futures, et elles fournissent beaucoup d'indications uliles à ceux qui se proposent de suivre la même carrière.