‹ De l'esprit de l'instruction publiqueChapitre 29 sur 34 · XIX. BIBLIOGRAPHIE · texte numérisé non relu

XIX. BIBLIOGRAPHIE

§. 128. Que Ton sépare la bibliographie de l'histoire de la médecine, ou qu'on les enseigne dans un même tableau, c'est ce qui dépend du bon plaisir de celui qui s'en occupe. On entend par bibliographie la description des ouvrages écrits sur les sciences médicales , en en indiquant les matières, les éditions, et leur mérite descriptif er typographique. C'est par elle que le jeune médecin est introduit à l'érudition, le caractère et l'ornement du vrai savant Considérée dans toute son étendue , l'érudition ressemble à l'océan , dont tout navigateur ne parvient pas à traverser les directions multipliées ; et, si l'on veut être juste, on conviendra qu'il se trouve dans la bibliodièque universelle de la médecine beaucoup d'ouvrages auxquels on peut accorder à peine quelque mérite historique. D'ailleurs , comme la bibliographie sert d'introduction à la science , il ne faut pas prétendre la traiter complètement. De même que dans tous les cours on expose les principes des sciences qu'on

y développe , au point que l'élève les parcourt plus tard, et sans guide, dans toute leur étendue; de même il reçoit dans ses études bibliographiques l'indication des avantages à retirer de la lecture des bons auteurs.

§. 139. Il n'existe pas pour toutes les autres sciences des ouvrages de bibliographie aussi parfaits que ceux que nous possédons sous le rapport des sciences médicales, et qui sont tels que le jeune savant peut, en se transportant dans une grande bibliothèque , acquérir de lui-même l'érudition anatomique, botanique, chirurgicale, médico-pratique, etc. , s'il parcourt avec attention les ouvrages publiés sous le titre de Bibliotheca anatomica, B. botanica, B. chirurgica, B. medico-practica, etc., et s'il prend en même temps connoissance des auteurs qui se trouvent dans les salles de la bibliothèque.

Ces grands et précieux travaux embrassent l'ensemble de l'érudition relative à la science dont ils traitent et dont ils forment le répertoire , et par làmême ils sont trop étendus pour la majorité des médecins. Il est donc à désirer qu'un savant qui donne le cours d'érudition , ne s'y occupe que des ouvrages utiles , dans tous les temps , pour perfectionner l'instruction des personnes qui se livrent à la culture des sciences médicales.

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