‹ De l'Esprit des loisChapitre 192 sur 935 · Voyez la Loi des ÏFwi5fO//w,liv. III · texte numérisé non relu

Voyez la Loi des ÏFwi5fO//w,liv. III

tit. V, § I, qui abroge la loi- ancienne, qui avoit plus d’égard, y est-il dit, à la oifTérence des nations, que des conditions.

ü. Voyez la Loi des Lombards, liv.II, tit. VII, § t et 2.

6. Le» rois de Syrie, abandonnant Iç plan des fondateurs de l’empire, vou-

mœurs eussent ces peuples, pourvu qu’ils lui fussent fidèles.

11 ne laissa pas seulement aux peuples vaincus leurs mœurs; il leur laissa encore leurs luis civiles, et souvent même les rois et les gouverneurs qu’il avuit trouvés. 11 mettoit les Macédoniens * à la tète des troupes, et les gens du pays à la tète du gouvernement ; aimant mieux courir le risque de quelque infidélité particulière (ce qui lui arriva quelquefois), que d’une révolte générale. Il respecta les traditions anciennes, et tous les monuments de la gloire ou de la vanité des peuples. Les rois de Perse avoient détruit les temples des Grecs, des Babyloniens et des Egyjdiens; il les rétablit *:peu de nations se s<jumirent à lui, sur les autels desquelles il ne fît des sacrifices. Il sembloit qu’il n’eût conquis que pour èti'e le monarque particulier de chaque nation, et le premier citoyen de chaque ville. Les Romains conquirent tout pour tout détruire; il voulut tout conquérir pour tout consen er; et, quelque pays qu’il parcourût, scs premières idées, ses premiers desseins furent toujours de faire quelque chose qui pût en augmenter la prospérité et la puissance. 11 en trouva les premiers moyens dans la grandeur de son génie; les seconds, dans sa frugalité’ et son économie particulière * ; les troisièmes, dans son immense prodigalité pour les grandes choses. Sa main se fermoit pour les dépenses privées; elle s’ouvroit pour les dépenses publiques. Falloit-il régler sa maison, c’étoit un Macédonien; falloit-il payer les dettes des soldats, faire jîart di.* sa conquête aux Grecs, faire la fortune de chaque homme de son armée, ilétoit Alexandre.

11 lit deux mauvaises actions : il brûla Persépolis, et tua Clitus. 11 les rendit célèbres par son repentir : de sorte qu'on oublia ses actions criminelles, pour se souvenir de son respect poiu* la vertu ; de sorte qu’elles furent considérées plutôt comme des malheurs que comme des choses qui lui fussent propres; de soj'te que la postérité trouve la beauté de son âme presque à coté de .scs emportements et de ses foiblesses; de sorte qu’il fallut le plaindre, et qu’il n’étoit plus possible de le haïr.

Je vais le comparer à Gésar. yuand César voulut imiter les rois d’Asie, il désesj)éra les Romains pour une chose de pure ostentation ; quand Alexandre voulut imiter les rois d’Asie, il fit une chose qui entroit dans le plan de sa conquête.

lurent obliger les Juifs ù prcuilre les {. Vojrcz Arrien , d« Expedilione mœurs des Grecs : ce qui donna à leur Alexand., lib. III et autres.

Etat de terribles secousses. ■ 2. Ibid. 3, Ibid., lib. Vil.'

LIVRK X, CHAPITRE XVII.

Page 1