‹ De l'Esprit des loisChapitre 215 sur 935 · CHAPITRE .XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE .XVII

De la puiâ«aucc exécutrice dans la même république.

Si le peu|)lc fut jaloux de sa puissance' législative, il le fut moins de sa puissance exécutrice. 11 la laissa presque tout entière au sénat et aux consuls, et il ne se réserva guère que le droit d’élire les magistrats, et de confirmer les actes du sénat et des généraux.

Rome, dont la passion étoit de commander, dont l’ambition étoit de tout soumettre, qui avoit toujours usurpt':, qui usurpoit encore, avoit continueliement de grandes affaires; ses ennemis conjuroieiU contre elle, ou elle conjuroit contre scs ennemis.

Obligée de se conduire d’un côté avec un courage béroïque, et de l’autre avec une sagesse consommée, l’état des choses demandoit que le sénat eût la direction des affaires. Le peuple disputoit au sénat toutes les branches de la puissance législative , parce qu’il étoit jaloux de sa liberté ; il ne lui disputoit point les branches de la puissance exécutrice , [)arce qu’il étoit jaloux de sa gloire.

La part que le sénat prenoit à la puissance exécutrice étoit si grande, que Poljbe dit que les étrangers pensoient tous que Rome étoit une aristocratie. Le sénat disposoit des* deniers publics et donnoit les revenus à ferme ; il étoit l’arbitre des afTaires des alliés; il décidoit de la guerre et de la 'paix, et

t. L’an 313 do Rome, les consuls fai- 2. Comme celles qoi permettoient soient encore le cens, comme il parolt d'appeler au peuple des oraranances de par Denys d’Ilalicarnasse, liv. .XL tous les magistrats.

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