‹ De l'Esprit des loisChapitre 216 sur 935 · LIVRE XI, CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XI, CHAPITRE XVIII

dirigeoit à cet égard les consuls; il fixoit le nombre des troupesromaines et des troupes alliées, distribuoit les provinces et lea armées aux consuls ou aux préteurs; et, l’an du commandement expiré, il pouvoit leur donner un successeur; il décernoit les triomphes; il recevoit des ambassades, et en envoyoit; il nommoit les rois, les récompensoit, les punissoit, les jugeoit, leur donnoit ou leur faisoit perdre le titre d’alliés du peuple romain.

Les consuls faisoient la levée des troupes qu’ils dévoient mènera la guerre; ilscommandoient les armées de terre ou de mer, disposoient des alliés; ils avoicnt dans les provinces toute la puissance de la république; ils donnoient la paix aux peuples vaincus, leur en imposoient les conditions , ou les renvoyoient au sénat.

Dans les premiers temps, lorsque le peuple prenoit quelque part aux alTaircs de la guerre et de la jvaix, il excrcoit plutôt sa puissance législative que sa puissance exécutrice : il ne faisoit guère que confirmer ce que les rois, et apres eux les consuls ou le sénat, avoient fait. Bien loin que le peuple fût l’arbitre de la guerre , nous voyons que les consuls ou le sénat la faisoient souvent malgré l’opposition de ses tribuns. Mais, dans l’ivresse des prospérités, il augmenta sa puissance exécutrice. Ainsi il créa lui-méme > les tribuns des légions, (]ue les généraux avoicnt nommés jusqu’alors; et, quelque temps avant la première guerre punique, il régla qu’il auroil seul le droit de déclarer la guerre *.

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