LIVRE IV, CHAPITRE VI. 3d
de jiistiee, le pkis dur esclavage avec l’extrême kberté, k» sentiments les plus atroces avec la plus grande modération, donna de la stabilité à sa ville. Il sembla lui ôter toutes les ressources, les arts, le commerce, l’argent, les murailles : on y a de l’ambition, sans espérance d’ètre mieux ; on y a les sentiments naturels, et on n’y est ni enfant, ni maii, ni pôre : Ja pudeur même est ôtée à la cliasteté. C’est par ces chemins que Sparte est menée à la grandeur et à la gloire ; mais avec une telle infaillibilité de ses institutions, qu’on n’obtenoit rien conti-c elle en gagnant des batailles, si on ne parvenoit à lui ôter sa police
La Crête et la-Laconie furent gouvernées par ces lois. Laix'démone céda la dernière aux Macédoniens, et la Crète * lut la dernière proie des Romains. Les Samnites eurent ces mêmes institutions, et elles furent pour ces Romains le sujet de vingtquatre triomphes K
Cet extraordinaire que l’on voyoit dans les institutions de la Crèce, nous l’avons vu dans la lie et la corruption de nos temps modernes ‘. l’n législateur honnête homme a formé un peuple ■où la probité paroît aussi naturelle que la bravome chez les Spartiates. M. Penu est un véritable Lycurgue®; et, quoique le premier ait eu la paix pour objet, comme l’autre a eu la guerre, ils se ressembleut dans la voie singulière où ils ont mis leur peuple, dans l’ascendant qu’ils ont eu sur des hommes libres, dans les préjugés qu'ils ont vaincus, dans les passions qu’ils ont soumises.
Le Paraguay peut nous fournir qn autre exemple. On a voulu en faire uu crime à la société, qui regarde le plaisir de coin-
â supporter la hitigue, et à se maintenir longtemps , sans approvisionnements, dans des terres où l’eanemi, aceoutumé d l’abondance, raotirail lie faim dès les premiers jours, et, faute de vivres, ab.mdonsait un pays on les Lacédéraoniens trouvaient sans peine de quoi subsister. (Roilin, Traite de* Eludes , t. MI, troisième partie.) — J’oserai dire qu'il n'y a point de larcin dans une ville oii l'on n'avait nulle propriété, pas mémo celle de sa temme. Le larcin était le châtiment de ce qu’on appelle le personnel, l'êgoîsinc. On voulait qu'un enfant piU dérober ce
Î|u'un Spartiate s'appropriait; mais il allait que cet enfant fét adroit ; s’il prenait grossièrement, il était puni : c'est une éducation de Bohème. Au reste, nous n’avons point les règlements de police de Lacédémone; nous n’en avons
d'idée que par quelques lamliMiix de Plutarque, qui vivait longtemps apres Lycurgue. (\oU.)
I. Thilopiemen contraignit les Lacédémoniens d'abaudomier la manioro do nourrir leurs enfants, sachant bien que, sans cela, ils auraient toujours une finie grande et le cceur haut. (Plut., Via de Philopieinen. Voyer Tito-Live, livre
xx.xyui.)
i. Klie défendit pendant trois ans scs lois et sa liberté. (Voyez les liv. XCVIII, .XCIX et C de Tile-Live, dans l'£/iitome de Florus.) Elle fit plus de résistauue que les plus grands rois.