LIVRE XX, CHAPITRE II
pas. Je voudrois couler sur une rivière tranquille : je suis entraîné par un torrent.
Le coimiuîrce guérit des préjugés destructeurs; et c’est presque une règle- générale que partout où il y a des mœurs douces il y a du commerce, et que partout où il y a du commerce il V a des mœurs douces.
Uu’on ne s’étonne donc point si nos mœurs sont moins féroces qu’elles ne l’étoient autrefois. Le commerce a fait que la connoissance des mœurs do toutes les nations a pénétré partout : on les a comparées entre elles, et il en a résulté de grands biens.
On peut dire' que les lois du commerce perfectionnent les mœurs, par la mémo, raison que ces mêmes lois perdent les mœurs. Lé commerce corrompt les mœurs pures c’étoit le sujet des plaintes de Platon; il polit et adoucit les mœurs barbares, comme nous le voyons tous les jours. ■