CHAPITRE V
Comment les lois établissent l’égalité dans la démocratie.
Cluelques législateurs anciens, comme Lycurgue et Romuius, partagèrent également les terres. Cela ne pouvoit- avoir lieu que dans la fondation d'une république nouvelle, ou bien lorsque l'ancienne étoit si corrompue, et les esprits dans une
l. Il ne faut point, à mon avis, prodignor ainsi les apniaudissements de l'univers. Alcibiade était un simple citoyen, riche, ambitieux, vain, débauché, insolent, d'un caractère versatile. Je ne vois rien d'admirable à faire qnelqne temps mauvaise chère avec les Lacédémoniens, lorsqu’il est condamné dans Athènes par un peuple pins vain, plus insolent et plus léger que loi, sottement supcrslitienx. jaloux, inconstant, passant chaque jour de la témérité à la consternation, digne enfin de l’opprobre dans le(piel il croupit lAchcment depuis tant de siècles
sur les débris de la gloire de qncignes grands hommes et de quelques arlwles industrieux. Je vois'dans Alcibiade un brave étourdi qui ne mérite certainemeut pas l’admiration de runicers, pour avoir corrompu la femme d'Agis, son' hôte et son protecteur; pour s’étre fait chasser de Sparte; pour s’èire réduit à mendier un nouvel asile rlies on satrape de Perse, et pour y périr entre les bras d'une courtisane. Plutarque et Montesquieu ne m'en imposent point : j’admire trop- Calon et Marc-Aurcle pour admirer Alcibiade. (Volt.)
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telle disposition, que les pauvres se croyoient obligés de chercher, et les riches obligés de soulTrir un pareil remède.
Si, lorsque le législateur fait un pareil partage, il ne donne pas des lois pour le maintenir, il ne fait qu’une constitution passagère : l’inégalité entrera par le côté que les lois n’auroHt pas défendu, et la république sera perdue.
11 faut donc que l'on règle, dans cet objet, les dots des femmes, les donations, les successions, les testaments, enfin toutes les manières de conti'acter. Car, s’d étoit permis de donner son bien à qui on voudroit, et comme on vondroit, chaque volonté particulière tronbleroit la disposition de la liji fondamentale.
Solon, qui permettoit tà Athènes de laisser son bien h qui on vouloit par testament, pourvu qu'on n’eût point d'enfants», contredisoit les lois ancienni'S, qui ordoniioient que les biens restassi'nt dans la famille du testateur*. Il contredisoit les siennes propres; car, en supprimant les dettes, il avoit cherché l’égalité.
C’étoit une bonne loi pour la démocratie que celle qui défendoit d’avoir deux hérédités*. Elle prenoit st>n origine du partage égal des terres et des portions donmk's à chaque citoyen. La loi n’avoit pas voulu qu’un seul hommeeùt plusieurs jjortions.
La loi qui ordonnoit ([ue le plus proche parent épou.sàt l’hé'ritière naissoit d’une source jtareille. Elle est donnée ehez les Juifs après un pareil partage. IMaton», qui fonde ses lois sur ce partage, la donne de même; et c’étoit une loi athénienne.
Il y avoit à Athènes une loi dont je ne sache jmis que personne ait connu l’esprit. Il était permis d’épouser sa snnir consanguine, et non pas sa sieur utérine *. Cet usage tiroit son origine des républiques, dont l’esprit étoit de ne pas mettre sur la même tète deux portions de fonds de terre, et par conséquent deux hénidités. Quand un homme épousoit sa seeur du côté du père, il ne pouvoit avoir qu’une hérédité, qui étoit celle de son père; mais, quand il épousoit sa sœur utérine, il pouvoit arriver que le père de cette so-ur, n’ayant pas d’enfants mâles, lui laissât sa succession, et que par conséquent son frère, qui l’avoit épousée, en eût deux.