‹ De l'Esprit des loisChapitre 548 sur 935 · LIVRE XXIII, CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

LIVRE XXIII, CHAPITRE XXI

« ne le suive. Mon uriicfue objet est la perpétuité de la républi- « que. J’ai augrmenté les peines de ceux qui n’ont point obéi; « et, à l’égard de récompenses, elles sont telles que je ne « sache pas que la vertu' en ait encore ou de plus grandes : il « y en a de moindres qui portent mille gens à exposer leur (Cvie; et celles-ci ne vous engageroient pas à prendre une « femme et à nourrir des enfants! »

H donnà la loi qu’on nomma de son nom J«Ha et Papia Poppmt du nom des consuls* d’une partie de cette ànnee-là. La grandeur du mal paroissoit dans leur élection même : Dion* nous dit qu’il n’étoient point mariés, et] qu’ils n’avoient point d'enfants. •

Cette' loi d’Auguste fut proprement un code de lois et un corps systématique de tous les ^ègleinenls qu’on pou voit faire sur se sujet. On y refendit les lois Juliennes^, et on leur donna plus de force : elles ont tant de vues; elles influent sur tant de choses, qu’elles forment la plus belle partie des lois civiles des Romains. ; '

On en trouve les morceaux dispersés dans les précieux fragments d’ülpien*, dans les lois du Digeste, tirées des auteurs qui ont écrit sur les lois Papiennes; dans les historiens et les autres auteurs qui les ont citées; dans le code Théodosien, qui les a abrogées; dans les Pères, qui les ont censurées, sans doute avec un zèle louable pour les choses de l’autre vie, mais avec très-peu de connoissancc des affaires de celle-ci.

Ces lois avoient plusieurs chefs, et l’on en connoît trentecinq®. Mais, allant à mon* .sujet le plus directement qu’il me sera possible, je commencerai par le chef qu’Aulu-Gelle ® nous dit être le septième, et qui regarde les honneurs et les récompenses accordés par cette loi.

. Les Romains, sortis pour la plupart des villes latines qui étoient des colonies lacédémonienncs'^, et qui avoient même â tiré de ces villes une partie de leurs lois®, curent, comme les Lacédémoniens, pour la vieillesse, ce respect qui donne tous les honneurs et toutes les préséances. Lorsque la république >^'manqua de citoyens, on accorda au mariage et au nombre des

1. Marctis Papius Mutilus. et Q. Poppæns Sabinas. (Dion, llVi Lvl.)

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