‹ De l'Esprit des loisChapitre 554 sur 935 · LIVRE XXIII , CHAPITRE X^XI. :]'Jo · texte numérisé non relu

LIVRE XXIII , CHAPITRE X^XI. :]'Jo

dilia ces luis', et que les jiirisconsnitcs les rc^ardcrciil cumme odieuses, et, dans leurs décisions, on ahandonnerent la l igueur.

D'ailleurs, les empereurs énervèrent ces lois par les privilèges qu’ils donnèrent des droits de maris, d’enl'anU, et tl(! trois enfants-. Ils firent plus : ils dis|)ensèrent les particuliers des peines de ces lois *. Mais, des règles étaldies pour l’utilité publique sembloient ne devoir jioint admettre de disiiense.

11 avoit été raisonnable d’accorder le droit d’enfants auv vestales , que la religion retenoit dans une virginité nécessaire * : on donna do même le privilège des maris auv soldats », parce qu’ils ne iMuivoient pas se marier. C’t'doit la coutume d’exempter les empereurs de la gène de certaines lois civiles : ainsi, Auguste fut (‘xempté de la gêne de la loi qui limitoit la faculté' d’alfrancliir •*, et de celle <pii bornoit la faculté de lé-guer Tout cela n’étoit que des cas particuliers; mais, dans la suite, les dispenses furent données sans ménagement, et la règle ne fut plus qu’une exception.

Des sectes de philosophie avoient déjà introduit dans l’empire un esprit d’éloignement pour les alfaires, <pii n’auroit pu gagner à ce point dans le temps de la république, on tout le monde étoit occupé des arts de la guerre et de la paix*. Di; là une idée de perfection attachée à tout ce i[ui mène à une vie spéculative; de là l’éloignement pour les soins et les embarras d'une famille. La religion chrétienne, venant après la philosophie, fixa, pour ainsi dire, des idées ipie celle-ci n’avoit fait (]ue préparer.

Le christianisme donna son caractère à la jurisprudence : (Uir l'empire a toujours du rapport avec le sacerdoce. On peut voirie code Théodosien, qui n'est qu'une compilation des ordonnances des empereurs chrétiens'’.

I n panégyriste de Constantin dit à cet empereur : « Vos lois H n'ont t'té faites que pour corriger les vices et régler les

1. sévère recula jusqu’à vingt-cinq uns pour les mâlas, ut vingt pour les Tilles, le temps des dispositions de la loi Papieniie, comme on lu voit en conférant le fragment d Ulpien, tit. xvi, avec ce que dit Terlullcn, Aiiofogél-, chap. iv.

2. P. Scipion, censeur, dans sa harangue au peuple sur les inouirs, se pl.aint de l'nhns oui déjà s’élait introduit, nue le lils aaoptlf dunnait lu inêiiio privilège que le lils naturel. (Aulu- Gelle, liv. V, chap. .xix.)

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