‹ De l'Esprit des loisChapitre 604 sur 935 · LIVRE XXV, CHAPITRE X · texte numérisé non relu

LIVRE XXV, CHAPITRE X

des clfets de sa volonté. Pour prévenir cet inconvénient, il faut qu’il y ait des monuments de la religion; par evemplc, des livres sacrés (pii la fixent et ipii l’établissent. Le roi de Perse est le chef de la religion : mais l’Alcoran rèplc»la religion; l'empereur de la Chine est le souverain pontife : mais il y a des livres cpii sont entre les mains de tout le monde, auxipiels il doit lui-méme se conformer. Eu vain un empereur voulut-il les abolir, ils triomphèrent de la tyrannie.

CHAPITUE l.\

De la toléraoce en fait de reli^jiun.

Nous sommes ici politiques, et non jias tbéoloj'iens; et, pour les théolofîiens mêmes, il y a bien de la diirérence entre tolérer une religion et l’approuver.

Lorsque les lois d’un Etat ont cru devoir souffrir plusieurs religions, il faut qu’elles les obligent aussi à se tolérer entre elles. C’est un principe , que toute religion qui est réprimée devient elle-même réprimante; car sibH que, jiar quelque hasard, elle peut sortir de l’oppression, elle attaque la religion tpii l’a réprimée, non pas comme une religion, mais comme une tyrannie.

H est donc utile (pie les lois exigent de ces divers(’s religions, non-seulement qu’elles ne troublent pas l’Etat, mais aussi qu’elles ne sc troublent pas entre elles. Un citoyen ne satisfait point aux lois en sc contentant de ne pas agiter le corps de l’Etat : il faut encore qu’il ne trouble pas quelque citoyen (juc ce soit.

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