‹ De l'Esprit des loisChapitre 778 sur 935 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Conlinualion du même sujet.

Ce qui a donné l’idée d’un règlement général fait dans- le temps de la conquête, c’est qu’on a vu en France un prodigieux nombre de servitudes vttrs le commencement de la troisième

race ; et, comme on ne s’est pas aperçu de la progression continuelle qui se fit de ces servitudes, on a imaginé dans un temps obscur une loi générale qui ne fut jamais.

Dans le commencement de la première race, on voit un nombre infini d’hommes libres, soit parmi les Francs, soit parmi les Romains; mais le nombre des serfs augmenta tellement, qu’au commencement de la troisième tous les laboureurs et presque tous les habitants des villes se trouvèrent serfs* : et, au lieu que, dans le commencement de la première, il y avoit dans les villes à peu près la même administration que chez les Romains, des corps de bourgeoisie, un sénat, des cours de judicature, on ne trouve guère vers le commencement de la troisième qu’un seigneur et des serfs.

Lorsque les Francs, les Bourguignons et les Goths, faisoient leurs invasions, ils prenoient l’or, l’argent, les meubles, les vêtements, les hommes, les femmes, les garçons, dont l’armée

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