CHAPITRE XIV
De ce qu'oû appeloit eeitsus.
Lorsque les barbares sortirent de leur pays, ils voulurent rédiger par écrit leurs usages; mais comme on trouva de la difficulté à écrire des mots germains avec des lettres romaines, on donna. ces lois en latin.
Dans la confusion de la conquête et de ses progrès, la plupart des choses changèrent de nature : il fallut pour les exprimer 5e servir des anciens mots latins qui avoient le plus de rapport aux nouveaux usages. Ainsi, ce qui pouvoit réveiller l'idée de l’ancien cens des Romains*, on le nomma census, tribuîum; et, quand les choses n'y eurent aucun rapport quelconque, on exprima comme on put les mots germains avec des lettresromaines: ainsi on forma le mot/^redam, dont je parlerai beaucoup dans les chapitres suivants. . ...
Les mots census et tnbutum ayant été ainsi employés d'une manière arbitraire, cela a jeté quelque obscurité dans la signilication qu’avoient ces mots dans la première et dans la seconde race ; et des auteurs, modernes qui avoient des systèmes par-
ticuliers, ayant trouvé- ce mot dans les écrits de ces temps-rlà, ils ont jugé que ce qu’on appeloit census étoit précisément le cens des Romains et ils en ont tiré cette conséquence que nos rois des deux premières races s'étoient mis à la place des empereurs romains, et n’avoient rien changé à leur administration \ Et, comme de certains droits levés dans la seconde race ont été, ptU’ quelques hasards et par de certaines modifications, convertis en d’autres iis en ont conclu que ces droits étoient le cens des Romains ; et, comme depuis les règlements modernes ils ont vu que le domaine de la couronne étoit absolument inaliénable, ils ont dit que ces droits, qui représentoient le cens des Romains, et qui ne forment pas une partie de ce domaine, étoient de pures usurpations. Je laisse les autres conséquenceîî.