‹ De l'Esprit des loisChapitre 829 sur 935 · LIVRE XXX, CHAPITRE XXV. Ü · texte numérisé non relu

LIVRE XXX, CHAPITRE XXV. Ü

les anciens monuments, l’autre, que tous les hommes libres étoienf jugés directement et immédiatement par le roi ce qui est contredit par une infinité de passages et d’autorités qui nous font connoitre l’ordre judiciaire de ces teinps-là*.

Il est dit dans ce décret, l'ait dans une assemblée de la nation, que si le juge trouve un voleur fameux, il le fera lier pour être envoyé devant le roi, si c’est un Franc (Franms); tflais si c’est une personne plus foible [dcbilior persona), il sera pendu sur le lieu*. Selon M. l’abbé Dubos, Francus est un homme libre, debilior persona est un serf. J'ignorerai, pour un moment, ce que peut signifier ici le mot Francus; et je commencerai par • examiner ce qu’on peut entendre par ces mots , une personne plus foible. Je dis que, dans quelque langue que ce soit, tout comparatif suppose nécessairement trois termes : le plus grand, le moindre, et le plus petit. S’il n’étoit ici question que des ’ hommes libres et des serfs, on auroit dit un serf, et non pas un homme d'une moindre puissance. Ainsi, debilior perso?ia ne signifie point là un serf, mais une personne au-dessous de laquelle doit être le serf. Cela supposé, Francus ne signifiera pas un boinme libre, mais un homme puissant; et Francus est pris ici dans cette acception, parce que parmi les Francs étoient toujours ceux qui avoient dans FFtat une plus grande puissance ; et qu’il étoit plus difficile au juge ou au comte de corriger.

Cette explication s’accorde avec un grand nombre de capitulaires qui donnent les cas dans lesquels les criminels pouvoient êti’e renvoyés devant le roi, et ceux où ils ne le pouvoient pas*.

On trouve dans la vie de Louis le Débonnaire, écrite par Tégan“, que les évêques furent les principaux auteurs de l'humiliation de cet empereur, surtout ceux qui avoient été serfs, et ceux qui étoient nés parmi les barbares. Tégan apostrophe ainsi Hébon, que ce prince avoit tiré de la servitude, etavoitfait archevêque de Reims : « Quelle récompense l’empereur a-t-il « reçue de tant de bienfaits ® ? Il t’a fait libre, et non pas noble ; tt il ne pouvoit pas te faire noble, après t’avoir donné la liberté. »

1. Etablissement de la monarchie nostram prœsentiam dirigatur : et,

française, tome III, liv. VI, chap. iv, si debilior persona fueril, in Inro penpag. 309; et au chap. suiTant, pag. 319 datur. (Capitulaire de l'édit, de Baluze, et 320. tome I, page 19.)

2. Voyez le liv. X. XVIII de cet ou- 4. Voyez le Ht. XXVIII de cet ou-

vrage, chap. ixviii; et Ht. XX.XI, cha- vrage, chap. xxvni; et le liv. XXXI, pitre vjir. chap. viii.

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