PREMIÈRE PARTIE
On a divisé cette défense en trois parties. Dans la première, on a répondu aux reproches ‘^^énéraux qui ont été faits à l’auteur de VEspiit des Lois, Dans la seconde, on répond aux reproches particuliers. La troisième contient des réflexions sur la manière dont on l’a critiqué. Le public va connoîtrc l’état des choses; il pourra juger.
Quoique VEsprü des Lois soit un ouvrage de pure politique et de pure jurisprudence, l’auteur a eu souvent occasion d’y parler de la religion chrétienne : il Ta fait de manière à en faire sentir toute la grandeur; et, s’il n’a pas eu pour objet de travailler à la faire croire, il a cherché à la faire aimer.
Cependant, dans deux feuilles périodiques qui ont paru coup sûr coups ^ affreuses imputations. 11 ne
s’agit pas moins que de savoir s’il est spinosistë et déiste; et, quoique ces deux accusations soient par elles-mêmes contradictoires, on le mène sans cesse de l’une à l’autre. Toutes les deux, étant incompatibles, ne peuvent pas le rendre plus coupable qu’une seule; mais toutes les deux peuvent le rendre plus odieux.
H est donc spinosistë, lui qui, dès le premier article de son livre, a distingué le monde matériel d’avec les intelligences spirituelles.
Il est donc spinosistë, lui qui, dans le second article, a attaqué l’athéisme. « Ceux qui ont dit. qu’une fatalité aveugle a produit tous les effets que nous voyons dans le monde, ont dit une grande absurdité ; car, quelle plus grande absurdité qu’une fatalité aveugle qui auroit produit des êtres intelligents? »