CHAPITRE XX
Des traitants.
X ouT est perdu lorsque la profession lucrative des traitants parvient encore par ses ri-
Tacite nous dit que la Macédoine et l'Acliaïe, provinces qu'Auguste avoit laissées au peuple romain , et qui, par conséquent , étoient gouvernées sur l'ancien plan, obtinrent d'être du nombre de celles que l'en-.pereur gouvcrnoit par ses officiers. — (i) Voyez Chardin , Voyage de Perse , tome VI, — (2) Tacite , Annales, liv. XIII.
chesses à être une profession honorée. Cela peut être bon dans les états despotiques, où souvent leur emjjloi est ui>e partie des fonctions des gouverneurs eux-mêmes. Cela n'est pas bon dans la république; et une chose pareille détruisit la république romaine. Cela n'est pas meilleur dans la monai'chie ; rien n'est plus contraire à l'esprit de ce gouvernement. Un dégoût saisit tous les autres états, l'honneur y perd toute sa considération , les movens lents et naturels de se distinguer ne touchent plus , et le gouvernement est frappé dans son. principe.
On vit bien , dans les temps passés, des fortunes scandaleuses ; c'étoit une des calamités des guerres de cinquante ans : mais pour lors ces richesses furent regardées comme ridicules , et nous les admirons.
Il y a un lot pour chaque profession. Le lot de ceux qui lèvent les tributs est les richesses; et les récompenses de ces richesses sont les richesses mêmes. La gloire et l'honneur sont pour cette noblesse qui ne connoît , qui ne voit , qui ne sent de vrai bien , que l'honneur et la gloire. Le respect et la considération sont pour ces ministres et ces magistrats qui, ne trouvant que le travail après le travail , veillent nuit et jour pour le bonheur de l'empire.