CHAPITRE III
Méprise du traducteur du Zend-Avestû.
M. Anquetil assure, dans sa traduction du Zend- Avesta , que le système religieux des Parses était entièrement fondé sur ce que le bon et le mauvais
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principe avaient été produits: par le temps , seul Dieu éternel. Que si Zoroastre, dit-il, n'a point insisté sur cette vérité, <^est qu'il craignait apparemment qu'on n'en abusât , ou que les peuples ne se révoltassent; ne pouvant souffrir qu'on leur dise que le bien et le mal viennent de la même source , et qu'il n'y a point d'autre Dieu que le temps. Nous n'avons qu'une réponse à faire à M. Anquetil , c'est que , plus fidèle traducteur qu'il n'est interprète sincère , nous avons reconnu , par sa propre version , que Zoroastre démentait en plusieurs endroits la fausse opinion qu'on cherche à donner de sa croyance. Comme le traducteur convient luimême que la doctrirte de Zoroastre n'est point conçue par les Destours 1 dans le sens qu'il lui prête , qu'il n'est aucun livre qui donne la clef de cette allégorie , il est évident que c'est l'imagination de M. Anquetil qui a tout fait ; et il y a d'autant plus lieu de le croire , qu'il ne dissimule pas que le prétendu système du législateur de la Perse est le sien propre. Aussi bien , ajoute->t-il dans son commentaire, celui qui se croira sous la main d'un premier agent essentiellement bon , se livrera au fatalisme , qui éteindra en lui et l'amour du bien «t l'horreur du mal.
Comment se fait-il qu'un philosophe parle de
* Les Docteurs de la loi.
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la sorte , qui connaît les ressorts admirables dont la Divinité s'est servie pour établir la liberté de l'homme, tjui sait par quels moyens elle a permis que le mal se mêlât à son ouvrage pour engendrer la vertu? Ce n'est pas sans doute l'opinion de M. Anquetil qui nous fera changer de sentiment sur la foi de l'antiquité.