CHAPITRE PREMIER
Pratiques générales de Purification .
Toutes les purifications , et surtout celle qui suit la naissance , proclament évidemment la tache originelle de Thomme. Que la révolte des sens soit le principe même du mal , ou qu'elle ne provienne que d'une désobéissance antérieure, il est au moins constant que plusieurs nations ont attaqué ces organes , qui semblent être plus particulièrement la source de la concupiscence. Par un sacrifice local on a cru effacer la souillure imprimée à chaque individu qui est appelé à la vie , et le rétablir dans la pureté primitive. La circoncision > chez les Egyptiens et chez les Arabes , était une espèce de pacte que l'homme faisait avec la Divinité , et au moyen
duquel il était délivré des liens du péché. Les Hottentots ont porté plus loin les idées de régénération,, et se sont religieusement privés d'une partie de la puissance virile. Les femmes elles-mêmes n'ont pu se soustraire à une circoncision très-douloureuse. En vain chercherait-on une cause physique à des coutumes si extraordinaires ; il serait extravagant de penser que la Divinité , qui a pourvu d'une manière si invincible à la reproduction de l'espèce., eût souffert qu'il survînt des difformités nationales, qui nécessitassent des opérations aussi dangereuses que la circoncision des Arabes et la demi-castra-?. tion des Hottentots.
Les eaux lustrales, qui forment le système de régénération des peuples non circoncis , et servent à la purification journalière de toutes les nations v ne sont encore qu'un symbole d'alliance. CésVa tort qu'on a voulu ramener les immersions de l'Orient à des principes de santé; elles ne sont pas plus d'institution politique que les aspersions de l'Occident et les mutilations des Hébreux. Par la manière dont les eaux de purification sont administrées , il est facile de se convaincre que l'usage en est purement moral : c'est un système universel dontl'esprit est partout le même, et qui ne varie qu'à raison des climats.
DES RELIGIONS. a3