‹ De l'esprit des religionsChapitre 150 sur 222 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

De l'inconvénient qu'il y a lorsque les Lois et la Religion

ne sont pas d'accord.

Comme les lois civiles ne sont qu'une extension des lois religieuses , il est évident qu'il ne peut y avoir d'opposition entre elles, qu'autant que les unes ou les autres varieraient dans leurs principes. Ou la religion conserve l'avantage dans cette lutte, et engage les peuples à 'la désobéissance , ou elte

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tombe cllc-rmême dans le mépris, ce qui est toujours un très-grand malheur. Il faut donc se hâter d'y remédier, en cherchant par tous les moyens possibles à rétablirl'harnionie entre deux puissances qui doivent tendre aux mêmes fins : d'autant que les difficultés ne faisant que s'accroitre , le législateur perdrait infailliblement un de ses plus grands avantages , la force que la religion donne aux lois.

Il peut arriver que les lois civiles et les lois religieuses s'éloignent également des préceptes dogmatiques. En voici un exemple. Jésus-Christ s 1 est expliqué si clairement à l'égard du. divorce * , que l'Eglise grecque tout entière l'autorise, et que la loi a dû nécessairement en faire autant, sans avoir à craindre de se trouver en contradiction avec le dogme. Cependant, dans l'état actuel des choses, la discipline romaine et la loi civile sont l'une et l'autre dans le cas d'une réforme ; celle-là rejette trop généralement le divorce , celle-ci l'autorise d'une manière trop absolue '. L'Evangile le per-

1 Voici le lexle : « Aussi je vous déclare que quiconque quitte sa femme, si ce n'est en cas d'adultère , et en épouse une autre, commet un adultère. • Ch. 19, Év. selon saint Math.

2 Cet ouvrage a été publié en 18 10, lorsque l'incompatibilité d'humeur était un motif de divorce.

(Note de l'Éditeur.)

DES RELIGIONS. 2i'j5

*nettant pour cause d'adultère seulement , l'Eglise tloit faire cette exception , et la loi s'y restreindre.

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