‹ De l'esprit des religionsChapitre 158 sur 222 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Des engagemcns que l'on pren^tavers le Ciel.

C'est un vœu nul par lui-même que celui qui est contraire aux lois et à la religion. Un homme peut faire à Dieu le sacrifice de ses plaisirs et de ses richesses , mais non lui offrir celles des autres, ni leur vie, ni la sienne, parce que rien de cela n'est en sa puissance : s'obliger à quelque chose de semblable est une folie , s'en acquitter est un crime. Ceci nous apprend ce que nous devons penser du vœu téméraire de Jephté, qui jura d'offrir en holocauste l le premier de sa maison qui viendrait au-devant de lui. Le hasard voulut' que ce fût sa fille, et Jephté se souilla d'un parricide.

Il est dit dans le Lévi tique 3 que tout ce qui a été consacré au Seigneur, homme ou bête, doit être mis à mort. Mais en ce cas, et lorsqu'elle permet, pour ainsi dire , de tuer un esclave, la loi est

1 Les Juges.

1 Chap. XXVII , v. 28 et 29.

en apposition avec les préceptes dogmatiques. Quand saint Jérôme et saint Ambroise estiment que Jephté ne pouvait se dispenser d'immoler sa Bile, ils jugent d'après la loi civile des Hébreux^ et non sur le droit divin * ; ce qui est une erreur mpardonnable.

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