‹ De l'esprit des religionsChapitre 169 sur 222 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

De l'attention que Ton doit apporter dans le choix des

Missionnaires.

Il est .évident que si les Chrétiens se répandent chez les nations pour les instruire , ils ne peuvent, en aucune manière , s'ingérer dans leurs affaires , sans outre-passer leur mission, et violer le droit des gens. Il y a plus, les missionnaires seront exposés à recevoir de mauvais traitemens auxquels ils n'auront à opposer qu'une foi inébranlable et la résignation apostolique. Cette tâche ne peut donc être remplie que par des hommes d'une vertu singulière, qui joignent à une doctrine éclairée une grande retenue , à un grand courage beaucoup de douceur et de patience, qui n'aient, en un mot, pour objet , que le salut de^peujdes et leur plus grand bonheur.

Si les missionnaires que la Propagande envoya au Nouveau-Monde , dans les Indes et en Chine , et ceux même qui prêchaient la controverse dans les pays catholiques 7 avaient réuni , je ne dirai pas

tqutes ces qualités ensemble , mais du moins les plus essentielles ; Y Amérique n'eût point été si cruellement dévastée; les missions de la Chine, qui l'ont troublée par des querelles scandaleuse^ , n'en eussent point été exclues; et la chrétienté elle-même n'aurait point yu naître , dans son propre sein , tant d'opinions absurdes.

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