‹ De l'esprit des religionsChapitre 19 sur 222 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Des Oblations.

Il n'y a pas de peuple au monde qui n'ait été dans l'usage de faire des offrandes à la divinité , et qui , par un double sentiment de purification , ne les ait ensuite consommées , afin que, prise intérieurement, l'hostie devînt une source nouvelle de bénédictions et de sanctification.

Chaque nation offrant sur ses autels les productions particulières du climat , et ce qui flattait davantage ses goûts, on conçoit que les consécrations durent varier à l'infini. Combien , en effet , ne différèrent pas , dans leurs rites , les peuples du Le-

vant , qui avaient en horreur la chair du porc et du sanglier, des hqrdes du Nord , qui n'offraient point d'autres victimes! et voyez encore quelle différence entre les libations de bière et d'hydromel que faisaient ceux-ci , et les effusions que pratiquaient les Romains, avec l'excellent vin de la Campanie! Les Parsis n'employaient que le lait de leurs troupeaux et le fruit du hom, qui croît dans leur pays.

L'homme seul a été l'offrande universelle , l'hostie de tous les siècles et de tous les cultes; et c'est pour un tel sacrifice que les peuples n'ont pas craint de mettre entre eux une analogie qui, dans d'autres circonstances , semblait les blesser. La cause en est toute simple : partout où se trouvait le sacrificateur r la victime s'y trouvait auçsi; le plus fort faisait l'offrande.

Page 1