CHAPITRE IX
De la force^des Institutions religieuses.
Les lois civiles peuvent changer d'un instant à l'autre; mais celles que la religion a sanctionnées, bonnes ou mauvaises, conservent toujours la même autorité. Aussi est-ce un grand malheur lorsqu'on applique cette force à une discipline vicieuse ; les erreurs du législateur se ^perpétuent autant que le dogme.
3o8 de l'esprit
Les Juifs et les Parses, quoique depuis longtemps dispersés, se conduisent toujours par leurs anciennes maximes. Ceux-là portent chez les nations étrangères l'horreur qu'on leur avait autrefois inspirée pour elles ; ils les traitent encore en ennemies, pratiquent les mêmes préceptes d'usure, et se servent de toute leur industrie pour les dépouiller; par le commerce, ils sont restés avec les autres peuples en état de guerre. Les Parses , au contraire, qui avaient reçu de Z or o astre une morale très-austère , conservent une probité inaltérable ; on a pu abuser de leur bonne foi , mais on ne leur a jamais fait l'outrage de la soupçonner. La culture de la terre était chez eux une occupation sainte; c'était une œuvre méritoire que de creuser des puits et ouvrir des canaux pour fertiliser les terrains arides : on les distingue encore aujourd'hui des peuples mahométans , parmi lesquels ils habitent, par la fécondité de leurs champs.
Les Chinois, qui ont les mêmes principes de spoliation que les Juifs à l'égard des étrangers, sont à peu près , dans l'Inde et chez les Mahométans, ce que sont les Juifs dans les pays chrétiens.
Don Jean Bermudez parle, dans sa relation, du peuple des Gaffâtes, qui avait anciennement professé le judaïsme, et qui , aujourd'hui , est tombé
dans l'idolâtrie ; il est encore séditieux et méchant. Les Gaffâtes sont répandus par toutes les provinces; on les distingue des autres habitans; on les regarde comme des étrangers; ils ne se mêlent point avec les Abyssins, qui ont pour eux la même horreur que Ton a en Portugal pour les Juifs.