‹ De l'esprit des religionsChapitre 39 sur 222 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Principes du bien et du mal , généralement reconnus.

Platon et Pythagore, après avoir considère le bon principe comme lumineux , le désignent par le triangle , l'unité et le non pair ; et le mauvais principe, par des caractères opposés , ténébreux, de nombre pair , sans unité. Ils furent distingués , dans le système religieux , par des noms , qui exprimaient les qualités différentes qu'on leur supposait. Cependant le mot Dieu a toujours désigné une puissance unique et suprême; il ne faut point le confondre avec les autres noms qui proviennent des perfections divines. Le Theos des Grecs, XAdad des Assyriens, le Deus des Latins, le Teut des Celtes y et le Phtha des Egyptiens , sont des noms e | généraux ; c'est le Grand Comble des Chinois , la Puissance inconnue des Athéniens.

Le mauvais principe reçut aussi divers noms , qui partout ne représentèrent qu'une même idée. Chez les Egyptiens, c'était l'orgueilleux Typhon ; chez les Hébreux , Satan. Les Indiens regardaient Moisasour comme l'ennemi de Brama ; et les Parses,

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Ariman , comme celui d'Ormusd. Les Scandinaves avaient leur Dieu Loke, dont l'esprit était méchant et trompeur. Il n'est point de religion , en un mot , qui n'ait admis deux principes ennemis , l'un bon , l'autre mauvais. Nul doute que ce dogme ne soit celui des premiers hommes. Plutarque , ce sage interprète de la foi des peuples , le déclare positivement. « C'est •, dit-il 1 , une opinion générale, que ce monde est régi par providence et raison ; mais qu'il existe deux principes opposés , l'un du bien et l'autre du mal. Cette opinion, imprimée à avant dans la foi des hommes , est très- ancienne; elle est descendue des théologiens et législateurs des temps les plus reculés , jusqu'aux poètes et aux philosophes, sans qu'on sache, toutefois, qui en est le premier auteur ; et c'est une suite de cette opinion, dont l'auteur est inconnu , qu'il n'y a rien ici bas que la nature porte et produise , qui soit de soi pur et simple. »

Cette doctrine est celle de tous les peuples ; elle date de la plus haute antiquité, et s'est répandue avec les nations. Elle a vieilli, on l'a rajeunie; mais elle a été, dans tous les temps, la base du système religieux.

1 D'Isis et d'Osiris.

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