‹ De l'esprit des religionsChapitre 40 sur 222 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Des Anges ou Génies.

La religion qui enseignait un Dieu plein de justice , et une autre puissance , dont les œuvres étaient obscures et perverses , apprit aussi aux hommes qu'il existait un ordre de créatures intermédiaires entre eux et la Divinité. Les anges, quoique d'une nature plus parfaite que l'homme, étaient, néanmoins , comme lui , soumis à une épreuve ; et ce fat de leur propre sein que sortit le Démon , dont Pautorité est toutefois subordonnée au bon principe. Mais la plupart des peuples corrompirent la tradition , et assignèrent aux anges différentes fonctions. On les prit pour des Dieux du second ordre, adxquels le Dieu créateur avait confié la direction de l'univers» Parmi les Grecs et les Romains , on supposait un Génie pour chacune des passions et r des facultés de l'homme ; ailleurs on leur donna des emplois moins relevés. Les Parses croyaient que la conduite des astres avait été confiée à leurs lieds; ils étaient censés diriger le cours des fleuves «t des rivières , répandre les pluies à propos. Les

Celtes et les Chinois , cTun bout a l'autre de l'univers y professèrent le même système , qui accordait un Ange ou Génie à chaque montagne, à chaque abîme, aux antres, aux marais , aux ruisseaux. Les Grecs avaient aussi les Naïades des fontaines , les Sylvains elles Satyres des forêts.

Page 1