CHAPITRE VIII
2 Que les rapports des dogmes entre eux ne s'étendent pas seulement sur le passé , mais encore sur l'avenir.
A peine ce monde sortait-il des mains de son auteur, que ses habitans savaient qu'il serait détruit; et, chose plus étonnante encore, partout on a prédit de quelle manière cet événement arriverait. Les peuples de PInde , qui supposaient que ce globe avait été déjà trois fois abimé , par d'horribles tremblemens, par un vent impétueux, puis enfin par le déluge , croyaient qu'il serait définitivement consumé. Les Parses et les Hébreux pensaient que , dans les derniers temps, toute matière serait livrée aux flammes, et la nature entièrement anéantie. Les Celtes avaient une opinion semblable. Et la Voluspa des Scandinaves , qui annonce qu'un jour tous les crimes souilleront la terre , prédit qu'on éprouvera alors un hiver épouvantable ; que quand la neige aura tombé des quatre coins du monde , que les vents auront soufflé avec furie , la flamme s'élèvera jusqu'au ciel , et dévorera tout ce qui existe.
Lorsqu'on a découvert F Amérique , on y a re- | trouvé cette appréhension de la fin du monde t qui tourmentait les peuples de Pancien continent \ mêmes inquiétudes au renouvellement des époques , même frayeur à chaque phénomène qu'on venait à observer; le genre de destruction était aussi pareil.