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CHAPITRE XL

Institution de l'Offrande perpétuelle^

Les autels ne pouvant être continuellement abreuvés de sang , il fallut employer d'autres moyens pour perpétuer les hommages qu'on adressait à la Divinité. Les peuples jugèrent qu'il ne devait y avoir aucune interruption dans l'adora-

tion d'un Etre dont on recevait chaque jour de nouveaux bienfaits ; et , en conséquence , ils créèrent parmi eux une classe d'hommes dont le service divin fut Tunique occupation. L'un et l'autre sexe y concourut, et si les hommes ne furent pas généralement astreints au célibat , du moins on exigea toujours des femmes qu'elles gardassent leur virginité.

Mais les vœux et les prières n'ont pas été le seul 4 emploi des premiers pontifes : chargés d'entretenir une offrande perpétuelle dans le lieu des sacrifices, ils y rassemblèrent des bois de toute espèce, et les embrasèrent d'un feu qui désormais ne devait plus s'éteindre. Tous les autels brillèrent à la fois de la flamme sacrée, qui transmettait au Seigneur les of- \ frandes vouées à la destruction. Quand ces brasiers j n'auraient point été destinés à consommer les dons de la piété , à être eux-mêmes un holocauste non interrompu , rien, dans le culte, ne pouvait fournir un emblème plus énergique de l'essence divine. Vive image de sa pureté, le feu ne reçoit les hosties et les parfums que pour répandre ensuite , dans les airs, cette douce et agréable odeur qui s'élève au ciel avec les hymnes des mortels.

Il n'y a point de peuple qui n'ait dressé de ces bûchers oblatoires. Dans la Celtique , de jeunes , vierges étaient occupées jour et nuit à les alirnen- I 1er ; les Gaulois allumaient .eux-mêmes une torche I

■ au pied des arbres consacrés : chez les Rpmains , ! les Vestales remplissaient les mêmes fonctions que >■- les vierges des Celtes. Le feu était la base du culte | des Parses ; et parmi les Hébreux il ne fut pas en 1 moindre vénération. Le Lévitique * , qui enseigne i qu'il doit constamment brûler sur Fa u tel, ordonne 4 en outre de répandre dessus les parfums les plus I précieux , comme un monument d'une odeur très- 1 agréable au Seigneur.

f Lorsqu'on fit la conquête du Nouveau-Monde , i on y retrouva Tordre des Vestales , dont l'emploi { était aussi d'entretenir un feu qui brûlait de temps I immémorial , et que les Espagnols éteignirent dans ï le sang des malheureux Indieus. Partout c'était la t même célébration ; il n'y a pas de doute que tous | les peuples l'auront admise comme symbole. Et • pourquoi non ? Ils ont bieu découvert isolément ) . ces caractères qui transmettent la pensée ; était-il =„. donc si difficile d'imaginer un hiéroglyphe vivant, : : . qui exprimât des sentimens à la fois si profonds et ; si sublimes ? Le feu , ame de l'univers , est en luimême l'image du Créateur; il est, dans la nature , Cette force pénétrante qui anime et vivifie tout ; et la main des hommes , sans cesse occupée à l'entretenir , rend un éloquent témoignage à l'éternité du principe générateur.

" Chapitre 6.

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