CHAPITRE XII
Des Fêtes.
Tandis que le culte transformait en des jours de deuil ceux-là qui étaient spécialement consacrés à la piété , et faisait une véritable occupation des hommages qu'on rendait à Dieu, il établissait aussi des jours de repos et d'allégresse. Tout travail cessait alors, et le peuple ne songeait qu'à se divertir: les fêtes religieuses étaient , dans l'origine , de véritables réjouissances , des fêtes enfin : ce mot n'a point deux sens. Il y en avait qui ne se renouvelaient qu'à chaque année ; d'autres dont la période était beaucoup moins longue, tel que le Sabbat des Hébreux , qu'on chômait tous les sept jours. Outre cette fête semainière, le peuple Juif avait encore les fêtes plus considérables de la Pâque , et des tabernacles , qui duraient sept jours entiers. En ce temps , dit le Lévitique , vous vous réjouirez devant le Seigneur votre Dieu. Et effectivement le peuple s'abandonnait à une telle licence , qu'Hérodote et Plutarque n'ont pas balancé à comparer la fête des tabernacles avec celle des bacchanales , qui avait lieu en Grèce et à Rome , et même à les rapportera la
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même institution. Mais il n'y avait d'analogie entre elles que par les extravagances que Ton commettait : les Hébreux , comme les Romains , se livraient à une joie effrénée.
Le peuple Romain , lors même qu'il eut embrassé la religion grecque , célébra encore , par des combats , les fêtes magalésies , qui lui avaient été transmises par les Ombriens , les premiers habitons de l'Italie. Ceux-ci , comme tous les Celtes , avaient coutume, dans les jours de solennité , d'entrer en foreur et de se frapper de leurs épées. On conserva de même à Rome les fêtes mi thriaques , qu'on célébrait dans les Gaules , dans la Germanie et en Perse. C'était l'usage , tout le temps qu'elles duraient , de se revêtir de la peau de différens animaux , de porter leurs têtes en triomphe ; les hommes changeaient d'habits avec les femmes; on changeait jusqu'à sa voix, et l'on tâchait de prendre les postures les plus grotesques.
En Egypte , les fêtes étaient abominables : on portait le Phallus par les villes ; les actes de religion devenaient des actes de la plus horrible débauche. Telles sont encore aux Indes les intrus , jours de licence et de folie , où l'on promène aussi te^ le Idngam. Ces réjouissances finissaient toujours par de grands festins', dans le lieu même des célét li| brations; là , on buvait à la gloire de la Divinité et
des Génies.
8s ùv. l'esprit