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CHAPITRE XIII

Premières Idoles.

Les hommes , après avoir assigné une demeure .à l'Essence divine, dans l'impossibilité où ils étaient de se rapprocher d'elle, imaginèrent de la faire descendre parmi eux, et de concentrer sa puissance dans certains objets , qui dès-lors furent voués à l'adoration. Au commencement, les idoles n'étaient que des pierres informes ; ce sont les premières que l'on ait consacrées. On se récrie d'abord contre la stupidité du temps ; et cependant , que les hommes aient adoré une statue élégamment façonnée, ou le bloc de marbre dont l'art devaitla faire sortir, n'était-ce pas toujours la même matière , aussi vaine, aussi impuissante ? Si l'on admet une correspondance quelconque entre la Divinité et les simulacres , peu importe la figure qu'on leur donne ; ils ne sont jamais que le canal sacré de la Toute-Puissance, et non l'emblème du divin original, inconnu et sans formes. Ces beaux modèles , qu'ensuite on proposa à la dévotion des peuples , étaient bien

plutôt un signe de corruption dans le système religieux.

Ainsi, soit pierres ou arbres , l'antiquité ne connut point d'autres idoles pendant plusieurs siècles. Les Chinois avaient en honneur les métaux et certains cailloux ; les Egyptiens , les Phrygiens , les Arabes , rendaient un culte aux plus grosses pierres ; les Romains , comme les Celtes , consacraient celles qui se trouvaient sur le bord des chemins.

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