CHAPITRE III
Variation dans les Idoles.
Lies pierres 9 les arbres , ne furent jamais pris pour des symboles exacts ni fidèles ; on ne les conlidérait que comme des points attractifs de la suprême puissance , comme la voie intermédiaire par où elle répandait ses grâces : une entreprise était pour ainsi dire assurée , lorsqu'on avait été assez heureux pour toucher l'idole. Certains animaux •▼aient aussi part à ce culte , et on les croyait d'une entremise très- favorable. L'Arche sainte des Hébreux n'avait point d'autre privilège ; si cette machine grossière était tant vénérée , si tout Israël dansait à l'entour avec une pieuse allégresse, c'est qu'elle était censée le signe d'alliance entre Dieu et les hommes.
L'homme , lorsqu'il conçut des idées plus grandes et plus * nobles , ou peut-être encore par un sentiment d'orgueil , se persuada qu'il devait être le véritable simulacre du Créateur; que sa figure était la seule image digne d'exprimer la majesté étemelle. Ce n'est point le système d'incarnation ,
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si commun dans la suite , qui fit représenter la Divinité sous la forme humaine ; ce fut , au contraire , après qu'on eut substitué ce simulacre aux anciennes idoles, qu'on le crut essentiellement ressemblant. De toutes parts les hommes façonnèrent des Dieux , des Génies , et en décorèrent les temples : on les représenta sous les traits du bel âge , on leur prêta les rides de la vieillesse , tons exprimèrent des caractères differens ; et soit que Ton considérât la Divinité dans toutes ses facultés, ou qu'on lui supposât des ministres , chaque vertu distinctive reçut un emblème. Les Gaulois , qui d'abord n'avaient point voulu introduire de statues dans leurs temples , en décernèrent à la fin à Esus ainsi qu'à ses Génies : les Grecs en érigèrent à tous leurs demi-Dieux ; depuis long - temps les Assyriens brûlaient de l'encens aux pieds de Baal. Les pagodes de la Chine étaient remplies de ridicules Magots, dont le nombre s'élevait , quelquefois dans une seule , jusqu'à quinze et dix-huit cents.
Mais les peuples de l'Inde et de l'Egypte surpassèrent en allégories tous les autres. Si leur doctrine n'admettait point de divinités subalternes, ils s'en dédommageaient par la représentation symbolique des innombrables facultés de la Providence ; ils figurèrent sa force productive par la puissance généra tive de l'homme, ou par des êtres I fantastiques , qui réunissaient les deux sexes , et
montraient par là que la Divinité n'a besoin que 4e sa propre volonté dans le grand acte de la génération. Toutes {es basiliques de l'Egypte abondaient eo sphinx, et pn autres figures allégoriques; et maintenant encore il n'est point- de temples qui renferment un plus grand nombre de ces idoles que ceux de l'Inde , et principalement les fameuses excavations 4e Keneri et d'Eléphante \